Gérard Taddebois

GÉRARD TADDEBOIS

Et là vous l’avez peut-être deviné mes amis, c’est à la célébration des droits de l’homme en cette date historique du 10 décembre que je veux associer cette pensée. Je parle bien de cette grandeur transcendante, cette noblesse d’âme qui ne fait pas de moi un utopiste ou un rêveur, mais quelqu’un qui croit en une société digne de ce nom. En tant que croyant, je suis convaincu que c’est aussi le but pour lequel l’homme a été créé. Cette altitude ou cette grandeur, à mon sens, n’a rien à voir avec notre nombril, notre besoin perpétuel d’écraser l’autre, d’usurper de ses droits ou de se mettre en avant, de vouloir critiquer l’autre afin de prouver qu’on est meilleur et qu’on peut mieux faire alors que, dans le concret, on aboie plus qu’on agit, on écrase plus qu’on élève.

Il est trop facile de s’encenser ou de se proclamer une nation et de se cantonner dans de belles paroles pour faire joli joli ou pour attirer des sympathies avec des intentions cachées. Ou alors on fait une ou deux actions comme un trompe-l’œil. Je suis chagriné par cette hypocrisie qui engrène notre monde et j’ai vraiment peur des mauvaises influences qu’on laisse à la postérité. N’oublions pas que celle-ci demeure les constructeurs de notre société de demain. Je suis loin d’être un défaitiste, mais cela fait mal de constater la proportion sur laquelle se reposent et se mesurent les paramètres de notre réussite dans notre monde contemporain.

L’altruisme, la mansuétude, le volontariat, la spiritualité, la vraie camaraderie, l’éthique, le respect, les valeurs et l’exemple, entre autres, font de plus en plus pâle figure devant la manipulation, le succès professionnel et financier, l’ego démesuré (mwa ki mari, mwa ki kone, mwa ki for), l’anti-empathie, le protectionnisme, la grossièreté, la provocation, l’usurpation et l’image flatteuse et dominante de soi, entre autres. Fort heureusement, j’ai eu la grâce de rencontrer et de découvrir, ces dernières années, plein de personnes de bonnes volontés, œuvrant pour le bien et les droits des plus faibles au sens large du mot. Humaniste, altruiste, patriotes et personnes ordinaires, comme vous, comme moi. Elles le font sans intention cachée sinon que de vivre un bonheur contagieux dans l’amour désintéressé du prochain.

Tout n’est pas que noir… Il existe encore des personnes, des leaders, des décideurs et des politiciens bien intentionnés. Je rejoins Théodore Monod, qui nous dit que l’utopie est simplement ce qui n’a pas encore été essayé, et c’est pourquoi je crois qu’il faut s’attacher à l’infinité de notre potentiel, et non aux limites d’un passé sombre. Et je rajoute à cela la pensée de feu John F. Kennedy : « Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé. »

Et mon souhait le plus sincère pour notre société au niveau planétaire, c’est que chacun d’entre nous apporte de manière désintéressée sa brique dans l’édifice d’un monde meilleur, plus humain, harmonieux, solidaire, convivial, développé et fier de ses VALEURS RETROUVÉES. Ce n’est guère de l’utopie, mais juste une concrétisation qui n’a pas encore été essayée.

Que Dieu nous guide et nous bénisse !