“Even if the world does not happen the way you want to, at least your thoughts and emotions should.” (Sadhguru)

VEENA MATABUDUL-PULTON

Dans notre monde en ébullition, où notre rythme de vie est souvent comparé à une course effrénée contre la montre, où le déferlement des nouvelles est parfois si sombre qu’elles assombrissent notre horizon, où la chaleur et la sécheresse nous incommodent et nous importunent, on serait tenté de broyer du noir et de se laisser envahir par des idées noires. Mais est-ce un comportement raisonné et raisonnable de notre part ?

VEENA MATABUDUL-PULTON

Il est vrai que l’effarante nouvelle du “lockdown” en Grande-Bretagne et ailleurs, a fait frissonner plus d’un parmi nous. Alors, comment supprimer ces souvenirs traumatisants vécus pendant le confinement et l’isolement ? Certes, ces mesures restrictives étaient indispensables pour nous protéger de la pandémie de Covid-19, mais elles nous ont fait voir de toutes les couleurs. C’était comme si le ciel nous est tombé sur la tête, surtout lorsque le “panic buying” s’est emparé de nous et nos économies ont fondu comme neige au soleil. Pauvre de nous ! On se regardait en chiens de faïence de peur que l’autre empièterait sur notre territoire car il fallait à tout prix respecter la “social distancing”. Nos désagréments ont bien sûr perduré avec le port obligatoire du masque, ce qui a fait grimper notre tension artérielle d’un cran et notre température en flèche. Notre situation déjà précaire se serait sans nul doute enflammée si, confondant notre tempérament fébrile avec la fièvre liée à la Covid-19, des soignants ‘encagoulés’ nous auraient emmenés dare-dare et de force en quarantaine, dans un habitacle hermétiquement clos. Cependant, restons zen et envisageons l’avenir de notre petite île et, par ricochet, le nôtre, avec sérénité et optimisme.

Vous me direz que la réalité est tout autre et nous devons hélas subir les aléas et les appréhensions de la vie. Alors, dans ce cas, trouvons une voie d’évasion qui nous permettrait de respirer un bol d’air frais et de nous ressourcer. Nombreux sont ceux parmi nous qui choisissent de s’immerger dans la spiritualité et la félicité, en se perdant dans l’univers mystique et fascinant des auteurs tels que Rhonda Byrne, Robin Sharma ou encore Deepak Chopra, pour ne citer que ceux-là. 

C’est dans cette même veine que je voudrais partager avec vous un recueil que vous avez probablement lu, ou vu sur l’étagère d’une librairie dont le titre est « Inner Engineering. A Yogi’s guide to Joy ».  L’auteur de cet ouvrage n’est nul autre que le vénérable Sadhguru, le Sage à la barbe blanche et à l’intonation tantôt emphatique tantôt cinglante, n’en déplaise à certains. Lors d’une émission télévisée, l’acteur Amitabh Bachchan, lui-même un monument du cinéma de Bollywood, éberlué et subjugué par l’immense notoriété de ce guru mythique, ne peut s’empêcher de lui demander comment il a fait pour devenir un guide spirituel si influent au point de faire des millions d’adeptes en Inde et à travers le monde.

Sadhguru est-il un visionnaire contemporain? Il va sans dire que le guru a l’art et la faculté de capter l’attention des jeunes et des moins jeunes en véhiculant ses enseignements éclairants et empreints de sagesse. En effet, le Yogi inculque à ses lecteurs et à ses auditeurs l’essence et la quintessence de la vie.

“You are the greatest piece of technology…” Cette métaphore émanant du guide spirituel nous décrit tels que nous sommes. Selon ses dires, le corps humain est en fait une “machinerie” vivante qui est la plus sophistiquée et la plus complexe de la planète. Son approche scientifique et holistique du Hãtha yoga, qui est une des six branches du yoga, est captivante. Que nous apporte donc le Hãtha yoga? Les postures physiques (ãsanas), le contrôle et la maîtrise du souffle (prãyãnãma) ainsi que la méditation (dyãna), nous orientent, si nous nous y appliquons, vers notre équilibre intérieur.  Le yoga est en fait une discipline originaire de l’Inde dont la signification en Sanskrit, est « union, mise au repos ». Saviez-vous que c’est au XXème siècle que le yoga se popularise en Occident?

Dans son ouvrage, le Yogi nous interpelle aussi sur notre quête perpétuelle du Bonheur.  « Sommes-nous plus heureux que nos ancêtres? » s’interroge-t-il. Si les nouvelles technologies nous procurent et nous assurent un confort sans pareil, qu’en est-il de notre Bien-être? Le guide spirituel stipule que l’être humain étant insatiable, il est souvent piégé, malgré lui, par son avidité, que ce soit pour le plaisir, l’argent ou encore le pouvoir. Il est indéniable que, dépité, plongé dans le désarroi, il ne saurait à quel saint se vouer lorsque ses désirs ne sont pas comblés. Alors, comment sortir de ce dilemme?

La célèbre locution du philosophe français Descartes, “Je pense, donc je suis”, devrait nous donner matière à réflexion.  En effet, prendre conscience de soi, “j’existe”, et de l’instant présent, “je suis”, est-ce possible ? Savourer avec joie la vie qui s’offre à nous, est-ce réalisable ? Se mettre en colère face à une situation d’injustice, ça nous arrive à tous. Mais une colère récurrente, est-ce justifiable? Ressentir le stress, ça fait partie intégrante de la vie. En revanche, un stress qui devient chronique, est-ce gérable?

“When you are in a pleasant state, you are naturally pleasant to everyone and everything around you…If you work against yourself, if you sabotage your well-being, you are obviously choosing unintelligence as a way of life.”

Comment donc stimuler notre “ingénierie intérieure”? Comment boucler la boucle et tourner une autre page de notre vie? Comment prendre notre destin en main?

Si ces questions vous turlupinent et si la philosophie du maître spirituel Sadhguru a titillé votre curiosité, je vous invite à (re)lire « Inner Engineering. A Yogi’s Guide to Joy ».

“The wealth of life lies only on how you have allowed its experiences to enrich you. Filth can blossom to fragrance.”(Sadhguru).

Bonne lecture !