ALAIN JEANNOT

L’horreur du crime à l’arme blanche ayant fait trois malheureuses victimes à la Basilique Notre Dame de l’Assomption à Nice mobilise, avec raison, la planète entière.
C’est l’identité culturelle occidentale qui est menacée sur son territoire le plus sacré et il est tout à fait compréhensible que les médias relayent l’information pour favoriser la conscientisation.

Après avoir touché l’éducation de manière macabre et effrayante, le terrorisme s’en prend à un autre pilier social : la religion.

Vous me diriez que l’émoi s’articule, avant tout, autour de la perte brutale de vies humaines, je n’en disconviendrais pas. Cependant, il est clair que ce sentiment d’indignation et de compassion est instrumentalisé par les adeptes de la terreur pour mieux installer leurs idées. Les terroristes savent que leur ignominie fera le tour de la planète, c’est pour cela qu’ils nous font la fête ! L’information, c’est leur carburant.

Les nouvelles instantanées et globalisées se trouvent entre le marteau d’une information qui capte l’attention et l’enclume de l’espace médiatique qui répond aux aspirations des semeurs de terreur.

La pensée rationnelle n’a plus de recul devant l’instantanéité d’une information qui paralyse la conscience provoquant l’absence d’analyses objectives et productrices de solutions durables.

Faut-il, pour autant, passer sous silence des actes odieux qui se perpétuent régulièrement sous les cieux ? Bien sûr que non, mais l’équilibre entre l’information, sa portée et la recherche de solutions doit être respecté, faute de quoi nous risquons de nous retrouver dans un cercle vicieux.

Car, voyez-vous, sans verser dans l’impudence, une personne tuée dans une Église en France devrait mobiliser autant d’attention et de compassion qu’un être humain fatalement roué à coups de barre de fer dans l’ancienne Isle de France parce qu’il voulait rendre service à son prochain.

Toute vie est sacrée et inestimable. C’est pour cela que nous devons la protéger où que nous soyons en étant des artisans de paix qui se laissent guider par la recherche de solutions.

Cette attitude constructive nécessite une consolidation permanente de la fondation de nos valeurs. Cela passe, inévitablement, par l’identification de la racine des maux qui la fragilisent pour pouvoir les arracher.

Nous détacher de la surexposition à la polarisation d’une information qui semble surfer sur la puissance des émotions, plutôt que d’analyser les faits à la recherche de solutions, pourrait y être d’une inestimable contribution.