Un fait inhabituel, voire intolérable au nom de l’information, s’est produit, mercredi. Une athlète de haut niveau, nommément Christiane Legentil, qui plus est, rétribuée par l’Etat à travers les caisses publiques, mais qui refuse catégoriquement de commenter sa préparation avant de participer aux Championnats d’Afrique au Sénégal ! Du jamais vu dans un contexte aussi particulier qu’élémentaire. La raison, selon elle : il faut au préalable obtenir une autorisation du président de la Fédération mauricienne0 de Judo (FMJ), Josian Valère !

En somme, c’est Josian Valère qui déciderait si Christiane Legentil devra ou non parler à certains titres de presse si l’on s’en tient aux propos de la judokate ! Une démarche dénuée de sens en considérant le nombre incalculable d’athlètes ayant toujours bienveillamment accepté de répondre à nos questions sans passer par leur président. Et c’est aussi simple que cela.

Autant que nous le sachions, Josian Valère n’est pas propriétaire du judo mauricien et ne possède encore moins le monopole de la parole au sein de cette discipline. Donc, tout le monde devrait pouvoir s’exprimer librement notamment lorsqu’il est question de préparation technique. Malheureusement, tel ne semblerait pas être vraiment le cas actuellement au sein de la FMJ. Et ça, c’est très grave.

Christiane Legentil aura donc à assumer l’entière responsabilité de ses propos. Un peu comme nous le faisons, semaine après semaine, pour défendre des causes justes, dont celle des athlètes. Pas plus tard que dimanche dernier d’ailleurs, nous avons pris position contre la réduction annoncée par le ministère des Sports concernant les allocations financières destinées aux athlètes de haut niveau, dont fait partie…Christiane Legentil !
Forcément, la position de la judokate interpelle. D’autant qu’elle avait bien accepté de répondre à nos questions au lendemain de son élection en tant que présidente de la Commission des athlètes au sein du Comité olympique mauricien (COM), en février dernier.

Que s’est-il donc passé entre-temps pour qu’elle se montre aussi réticente à notre égard ? Quel mal y a-t-il à partager ses sentiments avant de participer à une compétition de cette envergure ? Est-ce de cette façon que Christiane Legentil compte défendre les intérêts des athlètes à l’avenir ? Sincèrement, on n’y est guère convaincu.

Il n’empêche qu’on ne lui tiendra pas rigueur. Bien au contraire, nous serons de tout coeur derrière la judokate, elle qui participera aux Championnats d’Afrique seniors, cette semaine au Sénégal, et qui rêve d’une troisième participation aux Jeux olympiques après ceux de Londres (2012) et ceux de Rio (2016).

En revanche, la démarche de la FMJ, si elle se confirme, est fortement à déplorer. Car on ne peut faire la pluie et le beau temps, surtout pas lorsqu’on est soutenu par des fonds publics ! Et ça, Josian Valère gagnerait à bien le comprendre. Lui qui, visiblement, n’apprécie guère les critiques. On se souviendra d’ailleurs de son arrogance et son manque de respect à l’égard de l’Ombudsperson for Sports, en début d’année, lorsqu’il était appelé à défendre la FMJ suite à une plainte de Fraternel de Cassis Judo Club.

Pas plus tard que le mois dernier, le président de la FMJ a encore récidivé, pour ne pas dire dérapé, suite à une question du Mauricien, cette fois. C’était dans le cadre de la participation mauricienne aux Championnats d’Afrique. Il n’avait pas trouvé mieux à dire: « Pourquoi ne pas demander à Joseph Mounawah ? », alors que ce dernier ne fait plus partie de la fédération !

Ce genre de réaction, inacceptable, venant d’un président de fédération, ne trouve pas sa place dans le sport, n’en déplaise à certains. Aussi, il est bon de rappeler que le judo est un art prônant les valeurs, les principes et la discipline, enseignés à ses adeptes et malheureusement ignorés de ceux qui n’ont jamais mis les pieds sur un tatami !

En somme, cela ne nous étonnera guère si des consignes ont bien été données aux dirigeants et judokas pour éviter Week-End. En revanche, qu’on se le dise : cela ne nous empêchera pas d’accomplir notre travail en toute sincérité, avec discernement et honnêteté. Contrairement à ceux dont on s’interroge de la présence et contribution à l’avancement de leurs disciplines.

Aussi, est-il bon de le rappeler que ce comité de la FMJ souffre d’un manque de crédibilité et de légitimité, et ce, pour des raisons bien précises. Que Josian Valère n’aurait même pas dû être candidat aux élections de janvier 2019 en prenant en compte les recommandations d’un Forensic Audit. Que Prem Dookhee, l’actuel vice-président, avait été radié en 2015 pour avoir, selon un rapport de la FMJ, craché au visage de…Josian Valère. Deux dirigeants qui se sont ensuite retrouvés à la même table avant que la situation ne se dégrade, une fois encore, entre les deux hommes.

Est-ce donc de cette façon qu’on voit les choses du côté du dojo de Grande-Rivière-Nord-Ouest ? Est-ce vraiment l’exemple qu’on veut donner à la génération future ? Ou encore, est-ce ainsi qu’on redynamisera le judo pour le rendre performant au niveau continental comme au temps de…Joseph Mounawah ?

Une chose est sûre, le fonctionnement de la FMJ, tout comme celui d’un certain nombre de fédérations, est à revoir. Car, ce n’est pas en adoptant ce genre de comportement que les dirigeants aideront le sport à avancer dans la bonne direction. Alors, rendez-nous un fier service :  allez jouer ailleurs !