L’ancien maire des villes sœurs, Ken Fong, part avec « le sentiment du devoir accompli. » Dans un entretien qu’il a accordé à Week-End quelques heures après sa démission vendredi, Ken Fong soutient que son départ n’est pas motivé par la motion de blâme déposée par le conseiller du PMSD Olivier Barbe mais par le fait qu’il avait déjà convenu avec Ivan Collendavelloo de partir après la fin des travaux du Metro Express. Il souligne également que son successeur doit, selon les règles établies, venir des rangs du ML.

Quelles sont  les raisons qui vous ont poussé à démissionner comme maire de Beau-Bassin/Rose-Hill ?
Cette décision ne date pas d’hier. Après que j’ai été élu pour un troisième mandat en juin 2019, Ivan Collendavelloo et moi avions convenu que la meilleure option serait que je cède ma place après la fin des travaux du Metro Express en décembre 2019. Le but derrière ce troisième mandat était justement que je puisse continuer à piloter le steering committee du projet aux villes sœurs, car il ne restait que quelques mois avant que le chantier ne soit livré. On n’avait pas droit à l’erreur. Il était donc prévu que je démissionne en février  2020, mais la covid-19 est venue tout chambouler. Ceux qui pensent que mon départ est lié à la motion de blâme frivole déposée par le conseiller de l’opposition Olivier Barbe se trompent lourdement. Il était donc hors de question que je leur fasse cet honneur de démissionner à ce moment-là. Je pars aujourd’hui avec le sentiment du devoir accompli. Certes, il y a eu le problème de l’état lamentable des rues que j’impute au retard des travaux de la CWA, mais dans l’ensemble je ne peux qu’être satisfait de mon bilan qui s’est construit à partir de la rénovation du Plaza, du jardin Balfour, de la construction de plusieurs complexes sportifs et j’en passe. Je remercie chaleureusement mon leader Ivan Collendavelloo pour son soutien indéfectible.

Des rumeurs circulent à l’effet que votre départ serait lié à la pression exercée au plus haut sommet de l’État afin qu’un conseiller MSM puisse enfin accéder au fauteuil mairal ?
Je suis effectivement en présence d’informations selon lesquelles des conseillers du MSM ont remué ciel et terre pour qu’un des leurs puissent accéder au trône. J’ai également appris que ce sont des conseillers orange qui ont tiré les ficelles dans l’ombre pour orchestrer la motion de blâme présentée par le PMSD contre moi. Or, lorsque l’alliance Lepep avait accédé au pouvoir en 2015, il était convenu qu’en tant que locomotive, le MSM se verrait confier trois mairies, une pour le PMSD à Curepipe et une bien évidemment pour le ML à Beau-Bassin/Rose-Hill. Quand le PMSD a quitté le gouvernement en 2016, le MSM a automatiquement pris les rênes de Curepipe. Qu’on ne vienne pas dire aujourd’hui que le ML s’est accaparé d’une ville, alors que les conditions ont été établies dès le départ.

Il n’empêche que la révocation d’Ivan Collendavelloo comme Deputy Prime minister a, semble-t-il, créé un malaise entre les deux partenaires d’alliance et rebattu les cartes sur l’échiquier politique
Cela n’a rien à voir avec ce qui se passe au sein du gouvernement. Si certains conseillers veulent semer la zizanie entre les deux partis, c’est leur problème, mais la place du ML est au gouvernement jusqu’à preuve du contraire.

Un pronostic sur celui ou celle qui devrait vous succéder aux prochaines élections mairales ?
Je ne suis pas très bon en pronostics (rires). Je souhaite juste que le meilleur l’emporte.

Le meilleur au sein du ML, bien sûr…
La mairie des villes sœurs doit demeurer au ML !