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Irrespectueux !

Il n’y a donc eu point de miracle. Les sportifs de haut niveau auront à avaler une pilule très amère à compter de fin juillet. Leurs bourses mensuelles accuseront, en effet, une baisse conséquente de 25% ! Tout simplement révoltant.

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Le gouvernement, par le truchement du ministère des Sports, n’a donc pas hésité à appliquer la « guillotine ». Exactement deux ans après la tenue des 10es Jeux des Iles de l’océan Indien. Des Jeux au cours desquels ces mêmes athlètes avaient été exemplaires. Non seulement Maurice avait remporté la compétition pour la première fois en 40 ans d’histoire, mais elle avait aussi passé la barre jamais atteinte des 92 médailles d’or.

Aussi, que n’a-t-on pas dit pour vanter les mérites de ces mêmes athlètes à l’époque ? Ou encore, qui ne se souvient pas de l’accueil réservé à ces derniers par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, à la Clarisse House ? Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et deux ans plus tard, on se retrouve englouti dans une spirale de crise économique, engendrée par deux confinements liés à la pandémie. Et ça, tout le monde le comprend et s’adapte comme il le peut.

Mais là où nous arrivons difficilement à suivre la logique du gouvernement, c’est par rapport aux mesures drastiques, pour ne pas dire unilatérales, rendant la vie des Mauriciens compliquée. D’un côté, on décide de dévaluer une pauvre roupie déjà fragilisée, occasionnant une flambée généralisée des produits de première nécessité. De l’autre, on injecte ensuite Rs 500 millions en termes de subventions…en vue de  soulager le peuple !

Le sport ne fait pas exception à cette règle et on vous explique le pourquoi et le comment de ces mesures qui font déjà très mal à nos athlètes. En juin dernier, le ministre de Finances prévoyait un ajout de Rs 1.3M aux Rs 12M destinés aux bourses de haut niveau. Sauf que les athlètes, ceux qui sont dans le secret des Dieux, savaient déjà que leurs allocations allaient faire les frais d’une réduction. De là toutefois à imaginer une sanction aussi sévère de 25% relevait du rocambolesques jusqu’à la semaine dernière.

Désormais, et en se basant sur le dernier rapport du High Level Sports Unit d’avril à juin, on relève une somme de Rs 1 134 000 allouée mensuellement à 127 athlètes. Avec une baisse de 25%, on se retrouve, sur le plan des chiffres, avec un manque à gagner de Rs 283 500, économisé à la sueur de nos athlètes. Ce qui équivaut, sur une année, à un total de Rs 3 402 000. Ce qui est énorme comparativement aux miettes de Rs 1.3M annoncés en juin en ajout à cet item. « Donn enn dizef pou pran enn bef », dites-vous ?

La démarche, elle, est insultante. Est-ce donc une somme aussi modique qu’insignifiante — comparativement aux gaspillages des fonds publics — qui permettra à Pravind Jugnauth et à son gouvernement de sauver l’économie ? C’est la question qu’il fallait impérativement se poser avant de venir de l’avant avec cette baisse qu’on pourrait qualifier de rétrograde.

De même, on reprendra cette citation de Pravind Jugnauth qui disait, pendant le week-end dernier « Nou bizin ek oblize resi » en référence à la relance du secteur touristique. Or, comment réussir sportivement, autre secteur très important de notre économie si, au départ même, on coupe l’herbe sous les pieds de nos athlètes ?

Est-ce donc ainsi qu’on traite ceux qui se démènent comme des forcenés pour faire briller le quadricolore ? Même si le gouvernement a pris la peine d’annoncer une somme de Rs 10 000 à chacun pour l’achat des équipements. Soit un total de Rs 1 270 000 sur une année financière au cas où tous les 127 athlètes sont concernés par la mesure.

En somme, et il est très malheureux de le dire, le sportif de haut niveau perd encore en estime et en considération. Le gouvernement devra désormais assumer face au mécontentement et déception grandissants, somme toute légitime, de tous ceux concernés.

Aussi, est-ce dans ces conditions qu’on parviendra à viser l’excellence ?Un plan incompréhensible symbolisé par un Athlete Assistance Scheme que le Conseil des ministres disait pourtant effectif au 1er juillet 2020, mais depuis en veilleuse !

Est-ce vraiment sérieux de la part d’un gouvernement qui se respecte ? Est-de cette façon qu’on compte permettre au pays d’entrer dans une nouvelle ère sportif ? N’est-on pas tout simplement en train de créer un fonctionnement à deux vitesses pour deux catégories d’athlètes comme c’est déjà le cas au niveau économique ?

C’est triste de le dire, mais à voir ce qui se passe autour de nous, il est un fait que certaines fédérations doivent aujourd’hui mendier, afin de faire vivre leurs disciplines et leurs athlètes. Et ça, c’est inadmissible, à l’heure même où on ose parler d’excellence. Révoltant aussi de noter que l’administration ou encore la gestion ne soient pas à niveau au ministère des Sports.

Il faudra d’ailleurs qu’on nous explique, à titre d’exemple, comment et pourquoi certains athlètes avaient vu leurs bourses être réduites en début d’année, contrairement à d’autres, alors que le contexte a été le même pour tout le monde au cours de ces derniers mois ? Comment la Fédération mauricienne de Lutte, pourtant pas visible sur la place publique, peut-elle bénéficier d’un budget de Rs 451 300 ? Pourquoi la Fédération mauricienne de Boxe française, bien plus active qu’elle en terme de compétitions, n’a-t-elle obtenu que la moitié de cette somme ?

N’y avait-il donc pas beaucoup mieux à faire au lieu de venir sanctionner injustement les athlètes ? Forcément. Sauf qu’il suffisait pour cela d’une bonne dose de sérieux et respect surtout.

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