Lavage

— Tu as entendu cette interview exclusive sur la radio, toi ?

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— Quelle interview exclusive encore ? Je ne peux plus entendre ces politiciens qui ne font qu’une affaire : jeter de la boue sur leurs adversaires, qui étaient leurs alliés hier.

— Je ne parle pas d’une interview de politicien moi, mais de celle de l’ex-présidente.

— Pourquoi, elle a fait une interview ? La commission d’enquête sur elle a fini de rendre son rapport ?

— Non. Mais elle a voulu donner une interview pour mettre les points sur les i.

— Quels I encore ?

— Mais sur toute l’affaire de la carte de crédit, sa démission tout sala, toi.

— Mais tout le monde sait ce qui s’est passé. On a lu et entendu tout ce qui s’est passé, tout ce qui a été dit devant la commission d’enquête est venu confirmer tout ce qu’on savait déjà.

— Elle a dit qu’elle voulait dévoiler toute la vérité sur cette affaire et laver son nom.

— Si je comprends bien, elle n’avait pas dévoilé toute la vérité devant la commission d’enquête alors ?

— Non tu comprends mal…

—… je comprends mal ou bien c’est elle qui n’arrive pas à convaincre ? Encore une fois !

— Ayo, ça même que je ne peux pas avec toi. Depuis le commencement même tu étais contre elle.

— Pas du tout. Au commencement, quand on l’a nommée, j’étais pour elle, comme une majorité de Mauriciens jusqu’à ce que l’affaire de la carte de crédit éclate. Avant j’étais fière de voir une femme au Réduit, mais après ce qui s’est passé…

— Elle a dit qu’on l’avait piégée, qu’elle était la victime d’un complot

— Elle a un mari toupet de venir dire ça aujourd’hui. Et tous ces voyages qu’elle a faits : on l’a forcé a partir a l’étranger cette quantité de fois la ! ?

— Elle a dit qu’a chaque fois qu’elle partait le Premier ministre et le ministre de Finances devait donner leur accord avant.

— Sur ça, j’admets qu’elle a un point. Ils ont autorisé ces nombreux voyages, c’est vrai. Mais pour les lettres qu’elle a envoyées pour demander de donner rapidement une licence a ce Sobrinho-là ? C’est pas elle-même qui a signé les lettres ? Et les nombreuses demandes pour le VIP à l’aéroport ?

— Elle a dit qu’elle ne savait rien du tout, qu’elle signait les lettres qu’on lui donnait à signer.

— Si elle se contentait de signer ce qu’on mettait devant elle, elle était une présidente vase à fleurs, alors, pour ne pas dire, comme ma bonne, enn poupette dookia ?

— Qu’est-ce que c’est qu’une poupette… comment tu as dit dookia ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

— Une poupée avec une grande robe avec beaucoup de volants que l’on mettait autrefois sur les radios et les télévisions, comme une décoration. Allons admettre qu’elle a été victime d’un complot, comme elle le prétend. Qui a fait le complot contre elle ?

— Elle a dit que toutes les affaires étaient préparées par son Secrétaire. C’est lui qui l’a mise dans le trou.

— Ayo ! Voilà qu’elle se met à causer pareil comme le bonhomme maintenant.

— Le bonhomme ? De quel bonhomme tu es en train de parler là ?

— Mais du bonhomme Jugnauth toi. Avant, à chaque quoi fois qu’on le critiquait pour une erreur ou une mauvaise décision, il répondait : pas moi ça, li ça. C’est fou c’est que les gens qui sont payés pour occuper des postes de responsabilités ne sont responsables quand il y a des problèmes. Et ne plus, ils ne sont jamais au courant. C’est à se demander pourquoi on les a mis la !

— En tout cas elle a dit qu’on l’avait piégé et qu’elle est une victime. Il faut reconnaître qu’elle était une femme seule dans un monde d’hommes, de machos, toi.

— Et la fameuse carte de crédit : c’est un homme qui l’a forcée a l’utiliser autant de fois ?

— Elle a dit que c’était pas l’argent du gouvernement mauricien, donc pas celui des contribuables, mais l’argent de la fondation Bill Gates à travers le Planet Earth Institute de Sobrinho.

— D’accord, mais même si c’était l’argent de la fondation Bill Gate c’était pour promouvoir la science, pas pour acheter des milliers de roupies de bijoux dans les boutiques duty free !

— Elle a dit qu’elle s’est trompée de carte de crédit, la sienne étant presque pareille.

— Hé toi là ! Tu connais deux cartes de crédit sur deux comptes différents qui sont presque pareilles toi ? Et puis admettons qu’elle s’est trompée une fois. Mais cinquante-deux ! Tu as déjà vu une scientifique se tromper autant de fois toi. Comment tu peux croire dans la parole d’une personne qui a reconnu avoir fait la même erreur cinquante-deux fois !

— C’est vrai que cette affaire d’erreur sur les cartes c’est un peu drôle…

—… c’est mari drôle tu veux dire. Et puis il y a dans cette interview une affaire que je trouve plutôt bizarre : pourquoi est-ce que c’est maintenant que l’ex-présidente vient mettre les points sur les i.

— Elle a dit qu’elle voulait laver son nom.

— Et comme par hasard, elle a choisi la campagne électorale pour faire son soi-disant grand lavage ! Son nom était moins sale avant ? Finalement est aussi opportuniste que les politiciens qu’elle dénonce. Comme dirait mon grand-père : topette ne vaut pas morette !

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