© JAN WOITAS / DPA / AFP (Photo d'illustration)

De : Sadec Jangeerkhan

Tandis que le gouvernement fédéral américain diabolisait le cannabis, un chimiste Israélien décida, malgré la violente stigmatisation que subissait le cannabis depuis des années, de l’étudier. Après quelques années de dures labeurs il arriva à isoler le tetrahydrocannabinol (THC) le composant responsable des effets psychoactifs, c’est-à-dire celui qui fait planer. Puis une trentaine d’année plus tard, il parvint à isoler le second cannabinoïde le plus abondant de la plante—le cannabidiol (CBD) —dont il découvrit très vite les propriétés médicinales et en tant qu’anti psychotique, son aptitude à traiter les douleurs et les crises chroniques.

Malheureusement, empêtré dans sa campagne contre le cannabis, le gouvernement fédéral américain rejeta cette nouvelle découverte d’un revers de main, contrairement à la société civile qui l’accueillit à bras ouverts, malgré la mise en garde de la Food and Drug Administration (FDA).

Abandonnée pour le gouvernement, la société civile n’avait d’autre choix que de se tourner vers le cannabis médical qui se développait lentement, mais sûrement. Certes ce n’était pas sans risque, car les médicaments ainsi préparés, avec des moyens du bord étaient illicites et sans protocoles adéquats quant à leurs modes d’utilisations. Mais quand on n’arrive pas à trouver la guérison ou même le soulagement avec les médicaments conventionnels on est presque prêt à tout.

Fort heureusement, l’équipe du docteur Mechoulam ne s’était pas arrêtée en si bon chemin après la découverte de la tetrahydrocannabinol (THC). En 1992 elle découvrit que le corps de tous les mammifères possédait une particularité qu’elle finit par appeler le système endo-cannabinoïde (SEC). En d’autres mots, un système de régulation du corps qui affecte de nombreux processus biologiques, tels que le système nerveux, cardio-vasculaire, gastro-intestinal, reproductif, immunitaire etc.

A voir sur l’internet, impérativement, une vidéo de 21 minutes, ou le Dr Asher Milgrom(PhD) d’une façon limpide nous explique ce qu’est le système endo-cannabinoïde et vous convaincra de l’importance de la légalisation du cannabis médical, si ce n’est pas du cannabis tout court.

‘ The Inside Story of cannabidiol by Asher Milgrom ’

Refuser de reconnaître son importance serait d’une stupidité inconcevable.

Bien sûr, il n’est pas question d’oublier que le cannabis contient plus d’une centaine de composants, la plupart demandant encore à être découvert-ce qui risque de prendre beaucoup de temps. C’est peut-être une des raisons pour laquelle le gouvernement fédéral américain y imposa son véto une fois de plus, tandis que la société civile comprit tout de suite que cette découverte représentait une fabuleuse ouverture pour l’avancement de la médicine, malgré tous les risques. Ni ne doit-on oublier qu’un des composants est une drogue qui fait planer mais qui ne tue pas comme la cigarette, l’héroïne, la cocaïne et bien d’autres drogues qu’on trouve sur le marché.

Survient le
Dr. Sanjay Gupta

Après la découverte de l’endo-cannabinoïde et, inexplicablement ,son rejet par les autorités médicales américaines, il fallait attendre plus d’une quinzaine d’années pour qu’un neurologue du nom de Sanjay Gupta, un fervent anti-cannabis, qui écrivait régulièrement contre le cannabis dans les revues spécialisées de médecine, soit attiré par la nouvelle découverte, par l’entremise d’une petite fille de cinq ans.

Atteinte du syndrome de Dravet, une forme d’épilepsie jusqu’alors inguérissable, la petite Charlotte Figi avait, semble-t-il, retrouvé la santé après un traitement au cannabis médical. C’était tellement invraisemblable pour lui qu’il décida d’aller s’en rendre compte personnellement au Colorado où il rencontra la fille et sa famille.

Ayant visionné les vidéos que les parents de la fille avaient filmées depuis le début de sa maladie, il ne put que se rendre à l’évidence – même si la fille n’était pas complètement guérie, elle menait une vie normale comme toutes les filles de son âge, avec rien qu’une crise par semaine au lieu de trois cents, ce qui était presque miraculeux.

Mais ce n’était qu’un cas, pas assez pour le convaincre de son efficacité dans tous les cas, ce qui l’incita à rechercher plus de données scientifiques. C’est alors qu’il se rendit compte que 94% des études scientifiques faites sur le cannabis par les institutions fédérales ne l’étaient que pour le dénigrer et nullement pour ses bienfaits.

Devant un tel était de choses, il décida de poursuivre son enquête à travers tous les états, tout en prenant le soin de réaliser une vidéo afin de partager avec le peuple américain le résultat de son enquête. Ce qui le mena à rencontrer d’innombrables patients souffrant de diverses maladies qui se soignaient au cannabis médical.

Il donna aussi la parole à plusieurs hauts officiels des institutions gouvernementales, telles le National Institute of Health (NIH) ou le National Institute of Drug Abuse (NIDA). L’Attorney General, Jeff Session, qu’il sollicita à plusieurs reprises déclina ses requêtes.

Son enquête le mena aussi en Angleterre, où des recherches sur le cannabis avaient déjà démarré, et en Israël, seul pays où des patients souffrant de Cancer, d’Alzheimer ou de Parkinson étaient traités dans les hôpitaux avec des résultats surprenants.

Totalement convaincu que le cannabis médical ouvrait une ère nouvelle qui viendra révolutionner le monde de la médecine, il décida de démentir ouvertement les autorités fédérales américaines, elles qui n’avaient de cesse que de diaboliser le cannabis pendant plusieurs décennies en finançant à coup de millions de dollars pour démontrer la soi-disant nocivité du cannabis. Il déclara sans ambages : ‘’On nous a menti, on nous a trompé, et je voudrais présenter mes excuses d’avoir participé à cette tromperie’’. En d’autres mots le cannabis est avant tout un médicament. Il faut le dire à haute voix à tous nos parents, nos proches, nos amis, à tout le monde le cannabis est avant tout un médicament.

A suivre :
‘’Weed’’ Le Rapport
du Dr Sanjay Gupta