Voilà enfin le début de la saison 2020 ! Certes dans des conditions mitigées, mais dans les circonstances exceptionnelles causées par la Covid-19, il faillait bien commencer quelque part, même si le huis clos à ce stade du confinement nous paraît hors de propos. Cette saison avait d’abord été déjà perturbée par la pluie qui avait contraint le renvoi de la première journée avant que la vague mondiale du coronavirus ne vienne me􏰀re un arrêt quasi total aux activités économiques dans notre pays au même titre que la plupart des entreprises à l’étranger. Le préjudice financier sur le secteur hippique est à la hauteur de toutes les autres activités économiques du pays, c’est-à-dire catastrophique. Des emplois ont déjà été sacrifiés et l’avenir reste incertain, même si l’on peut raisonnablement penser que les courses mauriciennes vont survivre à la donne.

Ainsi, c’est donc avec un ouf de soulagement que les turfistes ont appris, vendredi dernier, que le gouvernement autorisait enfin la tenue de journées hippiques. Mais son enthousiasme a néanmoins été rafraîchi avec la mise de la première journée sous l’ombrelle du huis clos, c’est-à-dire l’absence du public au Champ de Mars et plus important encore, celle de ceux qui fournissent la matière première à ce􏰀e activité, les propriétaires des chevaux, qui sont pour- tant autorisés ailleurs.

Le huis clos, un temps obligatoire et incontournable, pendant la période de confinement n’a plus de sens aujourd’hui et démontre combien sont dépassés ceux qui ont conseillé cela au gouvernement. Alors que les discothèques et les maisons de jeux peuvent accueillir du public dans des espaces confinés et où il y a peu de circulation d’air, alors que les parieurs sont eux appelés à aller s’agglutiner dans les divers be!ing shops entre quatre murs à travers l’île pour ouvrir un compte ou parier, le Champ de Mars est banni alors qu’il est le lieu déconfiné par excellence vu que ses activités ont lieu en plein air. Nous pensons que du fait que les Mauriciens ont dans leur grande majorité montré une discipline à toute épreuve pour le respect des gestes barrières, en particulier le port du masque, qui connaît une application massive et rassurante, on doit le plus rapidement possible faire confiance aux turfistes mauriciens. Espérons que cette journée inaugurale finira par convaincre les autorités qu’avec un minimum de précautions, le public peut retrouver au plus vite droit de cité pour redonner une âme au Champ de Mars. Pourquoi pas dès la deuxième journée ?
Le Mauritius Turf Club et son président Kamal Taposeea pourraient vite convaincre la « très accomodating » Gambling Regulatory Authority (GRA) du bien-fondé d’un retour rapide à la normale, à moins que les dispositions actuelles ont été maintenues pour des motifs moins avouables. Cela dit, ces mamours GRA/MTC qu’on veut nous faire avaler ne sont finalement que des images de façade qui cachent une réalité criante, où le maître à bord, invisible, est aujourd’hui celui qui dicte à la GRA et au MTC la marche à suivre, au point où même le ministère des Finances lui taille sur mesure des amendements à la GRA Act. Plus que jamais, l’État et ses amis ont la mainmise sur les courses hippiques. On voit déjà dans d’autres secteurs com- ment cela a généré la corruption généralisée quel que soit le régime en place. Nous verrons bien quelle forme cela prendra au Champ de Mars, où la GRA s’est départie de son rôle d’autorité des compagnies de jeux et du gambling pour se transformer en spécialiste sanitaire et en censeur patenté.
d’autre.

Mais le plus grave dans cette affaire, c’est que des journaux et des sites web, considérés comme petits, sont tout bonnement écartés, et cela est inadmissible. Il n’y a pas de petit et de gros journaux, la presse est un tout. Et chacun doit trouver sa place, car chaque lecteur doit avoir des informations de son journal. Dans tous les cas, toute tentative de la GRA de s’arroger des droits dans ce domaine sera adressée dans les instances appropriées, car si la GRA peut imposer au MTC, il n’a aucun droit sur la presse. Nous veillerons à ce qu’il en soit ainsi.
Grâce à une planification et des compétences au sein des organismes organisateurs de course, certains pays avant-gardistes de l’hippisme mondial ont pu continuer à exercer à huis clos comme l’Australie et Hong Kong. Maurice n’a pu suivre le trend vu que l’appareil d’Etat à travers la GRA, étêtée de sa dynamique CEO, Divya Ringadoo, n’a aujourd’hui à sa tête que des soldats rugueux dignes d’une Kommandatur au service des intérêts politiciens et de sombres financiers qui continuent à étendre leurs tentacules jusqu’au fin fond des arcanes de l’organisation des courses où seule aujourd’hui la chambre des commissaires de courses est encore épargnée. Pour combien de temps ? Tout le reste n’est qu’une bouillie sans sel qui ne voit pas plus loin que son porte-monnaie.
Enfin, le départ annoncé d’une des rares personnes compétentes et efficaces à la Newton House, Paul Beeby, est aussi une véritable catastrophe dans le cadre de l’intégrité des courses mauriciennes. Cet ancien cadre de Scotland Yard a démontré un professionnalisme hors pair en intégrant une méthode de travail inédite dans le milieu hippique mauricien depuis qu’il arpente sans relâche les coins et recoins du Champ de Mars. Il a décidé de son propre chef de regagner son pays à la fin de son contrat en septembre prochain, au vu du harcèlement moral qu’il subit au sein de la GRA et qui se traduisent, comme en a été informé le HR de cet organisme, par de la discrimination raciale, du bullying et du sexisme qui met même en cause des membres influents du board. Y a-t-il dans ce pays qui veut regagner la confiance de l’Union européenne une instance qui puisse venir à la rescousse d’un travailleur étranger qui n’a fait que du bien dans son travail depuis qu’il est chez nous avec, entre autres, sa totale maîtrise de l’affaire du Zil-patérol et une enquête de
haute volée dans l’affaire du dopage à l’écurie Jones comme le démontrent les résultats probants de son enquête ?

Qui a permis pour la première fois depuis longtemps, preuve à l’appui, la condamnation d’un palefrenier et d’un entraîneur qui devraient être suivis d’autres inculpations, dont un commanditaire proche du pouvoir. Ce se- rait sans doute la raison de sa disgrâce… Mais quelle honte pour notre pays de ne pas tout faire pour retenir une per- sonne de sa trempe et de son intégrité ! Le syndrome Bert Cunningham, un ex- directeur de la MRA, est décidément toujours bien présent à Maurice et cela n’augure rien de bon dans la lu􏰀e contre la corruption.