On dirait que le coronavirus a réveillé une espèce particulière : les petits sous-chefs. C’est-à-dire ceux qui profitent d’une situation pour essayer de démontrer en hurlant, en maltraitant et en menaçant leur petit pouvoir de chef, alors qu’ils ne sont que des petits sous-chefs. Les circonstances particulières du confinement ont servi à ces complexés qui se servent du peu de pouvoir dont ils disposent pour montrer qu’ils sont des « maris». Dans les équipes sanitaires chargées de s’occuper des Mauriciens revenus de l’étranger et soumis à la quatorzaine, certains se sont comportés plus comme des garde-chiourmes surveillant des prisonniers dangereux que comme des infirmiers. Le ton, le langage et les menaces utilisés par certains d’entre eux à l’aéroport étaient tellement excessifs que des policiers, outrés, ont préféré quitter les lieux en signe de protestation. à chaque fois qu’un passager posait une question ou faisait une demande la réponse fuse : « Si ou napa respecté la loi Covid-19 ena lamane ek prison la-dans ». La menace de l’amende et de la prison a été aussi utilisée par certains policiers. Alors que de manière générale, les policiers et les soldats qui contrôlent les automobilistes sont polis et efficaces, il est arrivé que des petits sous-chefs se laissent aller à des crises d’autorité. à un détenteur d’un WAP habitant Curepipe et travaillant à Port-Louis et qui se trouvait dans le Nord, un petit sous-chef a hurlé qu’il allait avoir droit à une contravention. Alors que l’automobiliste essayait de donner des explications, le petit sous-chef a haussé le ton en demandant à un de ses subordonnés: « Bez sa enn contravention tout de suite. » Quand le subordonné a lu que le WAP donnait droit à l’automobiliste d’aller « around the island » et qu’il en a averti le petit sous-chef, ce dernier a disparu derrière la voiture de patrouille.

Mais il n’y a pas que sur les routes que sévissent les petits chefs en quête d’autorité, ils sont aussi dans certains postes de police. Un vieux monsieur qui avait oublié son permis de circuler a été invité à venir le produire au poste de police pour ne pas être pris en contravention. Mais pour le petit sous-chef qui était de service, l’occasion était trop belle pour montrer son autorité. Il a hurlé au vieux monsieur terrorisé qu’il aurait à payer la contravention, puisqu’il avait déjà commis l’infraction. Le vieux monsieur a essayé de dire qu’il était vieux et qu’il avait oublié son permis, mais le petit sous-chef a continué à le maltraiter jusqu’à le faire pleurer. C’est en faisant pleurer les faibles que les sous-chefs pensent pouvoir démontrer qu’ils sont des « maris ». Mais l’abus d’autorité ne se manifeste pas seulement chez certains flics, ce virus touche aussi certains receveurs d’autobus qui s’acharnent, eux aussi, sur des personnes du troisième âge, des faibles. Sur certaines lignes, non seulement on maltraite des vieux qui n’entrent pas assez vite ou ne se déplacent pas assez rapidement dans les autobus, mais dans certains cas, les autobus ne s’arrêtent même pas pour prendre les passagers du troisième âge. Mais heureusement que, parfois, quelques passagers protestent fermement contre la maltraitance des vieux dans les autobus. Ainsi, sur la ligne Bambous-Port-Louis, un passager a obligé un autobus à prendre une vieille personne. Le contrôleur a tout d’abord dit que selon la loi – ils se cachent tous derrière la loi -, les personnes du troisième âge ne doivent voyager qu’à partir de 10 heures. Or, l’autobus était pratiquement vide. C’est après que le passager a menacé de s’arrêter à la prochaine station de police pour y donner une déclaration que le receveur a accepté de prendre la vieille passagère. Elle devait expliquer qu’elle prenait le bus plus tôt parce qu’elle avait rendez-vous à l’hôpital. 

C’est vrai que le confinement a réveillé chez la majorité des Mauriciens un sens de la solidarité et de l’entreaide réconfortant. Mais malheureusement, il y a toujours des exceptions qui confirment la règle.

Jean-Claude Antoine

PS : Qui diable a conseillé à Pravind Jugnauth de se présenter à la télévision avec une carte du monde datant de deux mois, avec des fautes et qui est loin de faire autorité ? Qui a donc monté cet exercice de Com qui a fait prendre le Premier ministre pour un nouveau présentateur de la météo à la télé ? Décidément, on peut se demander si ses conseillers qui ont, une fois de plus, ridiculisé Pravind Jugnauth, travaillent pour ou contre lui ?