M comme mafia. Comme ce qui se passe au No8. Et pas que ces jours-ci. C’est une méthode qui a été introduite depuis quelques années déjà. Ici même, nous dénoncions, il y a quelques semaines, les pratiques fascistes de ce régime. Ceux qui avaient crié à l’exagération ont dû, depuis, se rendre à l’évidence parce que ce fascisme-là est aussi accompagné de dérives mafieuses
L’affaire Kistnen, aussi grave qu’elle soit, n’est qu’une des symboliques de ce monstre à deux têtes, l’une, le fascisme et, l’autre, la mafia. Dans cette affaire, il n’a pas été assez souligné qu’il est absolument inacceptable que ce soit le ministre Yogida Sawmynaden qui écrive personnellement à son agent politique du N°8, Soopramanien Kistnen, pour lui demander des détails sur la fourniture de test kits. Une démarche contraire à un appel d’offres transparent et indépendant du politique, comme l’exige la pratique la plus élémentaire de la bonne gouvernance. Le contrat a finalement été alloué à AV Techno-World, une compagnie dirigée par le beau-frère du directeur de la STC, Jonathan Ramasamy. Invité à participer à un autre exercice, celui du nettoyage de la STC, Soopramanien Kistnen découvrira ultérieurement que c’est toujours une compagnie du beau-frère du directeur de la compagnie d’état qui avait remporté le marché.
Le système mafieux mis en place consistait en fait à inviter des agents à participer aux appels d’offres, à faire le nombre, pour faire croire que l’exercice était ouvert, puis octroyer le contrat aux protégés déjà identifiés et, à la fin, partager quelques sous aux participants de pacotille. Pour acheter leur silence. Et si d’aventure ils osaient parler, ils peuvent courir le risque de se retrouver carbonisés dans un champ de cannes.
Avant cette affaire, il y avait eu, en 2016, celle d’un agent du MSM ayant à sa grande surprise décroché un petit contrat de réalisation de clip pour le compte du ministère de la Jeunesse et des Sports qui avait à sa tête Yogida Sawmynaden. Au moment où il devait recevoir son chèque, il s’est vu réclamer une commission par un autre agent travaillant pour le compte du même ministre. La demande de commission avait même été enregistrée et les bandes sonores remises à l’ICAC, mais aucune suite connue à cette affaire.
C’est aussi entre fascisme et mafia ce qui est arrivé au pétitionnaire qui contestait l’élection de Pravind Jugnauth, de Leela Devi Dookun-Luchoomun et de Yogida Sawmynaden. Cet agent du PTr au N°8 était très déterminé et, employé du privé, il était persuadé d’être à l’abri des intimidations et des menaces. Sauf qu’il avait oublié qu’il bossait pour un proche de Pravind Jugnauth, la compagnie Nundun Gopee que dirige Avinash Gopee, celui qui agissait comme président de Mauritius Multisports Infrastructure Ltd, organisme qui a réalisé le “bijou” ou le “joujou fantôme” de Rs 4,7 milliards de Côte d’Or et qui est devenu ensuite le président de la Tourism Authority. La compagnie que dirige Avinash Gopee a aussi obtenu une belle portion de terrain à Réduit, pas loin de l’ICAC et de la clinique Apollo, pour un projet de résidences senior. Tout ça au N°8, la circonscription de Jésus, où “ensam tou posib”.  Craignant pour son emploi, le pétitionnaire a finalement dû abandonner sa démarche en cour.
Encore une manifestation de la culture mafieuse et fasciste de ceux qui nous gouvernent ? La MBC. Le poulain de Lakwizinn est in et le dénonciateur est out. Une semaine après la réintégration du directeur général adjoint, Anooj Ramsurrun, Shyam Persand a, lui, été licencié par la MBC. Après 33 ans de service.
S… comme soudoiement. Comme ce qui vient de se passer pour les élections aux conseils de district du pays. Un aste/vande honteux qui a détourné le vœu des électeurs. Et c’est finalement conforme à la campagne qui a consisté à promettre monts et merveilles, patentes et emplois aux électeurs. Ceux qui pensent que l’on peut acheter des électeurs n’ont eu aucun mal à soudoyer certains de leurs représentants. À cette infamie s’ajoute aussi la monopolisation masculine des postes de président et de vice-président. Aucune femme parmi les quatorze dirigeants des 7 conseils de district, pas même celui revendiqué un temps, très court d’ailleurs, par l’opposition travailliste et ils oseront tous venir claironner le 8 mars prochain.
M… comme mesquinerie. Ceux qui s’étonnent de la persécution des opposants, des interpellations abusives dès qu’il y a une petite blague sur Facebook qui ne plaît pas aux maîtres du jour, devraient aussi s’attarder sur ce qui se passe à l’Assemblée nationale. Où l’on a touché le fond. Le frontbench du PTr est vide parce que le leader de l’opposition, Arvin Boolell, et le Whip Shakeel Mohamed ont été suspendus. Pour priver des élus de leur droit de représenter leurs mandants, il suffit que le nominé politique Sooroojdev Phokeer dise “I name your” et que le Premier ministre vienne arbitrairement proposer qu’un parlementaire de l’opposition soit exclu de l’hémicycle pendant plusieurs semaines pour qu’i soit privé de ses droits.  Et on ose encore parler de démocratie !
La mesquinerie, c’est dans l’agencement des séances, dans les petites méchancetés qui traduisent par ailleurs une mentalité dictatoriale. On a connu de longs mardis successifs sans Question Time parce que les séances étaient délibérément organisées tous les autres jours de la semaine. Lorsque l’opposition a déposé des motions de blâme contre le Speaker ou d’annulation de la contribution sociale généralisée, elles ont toujours été prises aux petites heures du matin.
Lorsqu’il y a des projets de loi importants, le gouvernement aligne tous ses députés qui n’ont rien à dire si ce n’est flatter Pravind/Jésus juste pour qu’un des principaux porte-parole de l’opposition n’intervienne qu’après une heure du matin. Comme petitesse, on peut difficilement faire mieux. Fasciste, mafieux et ti-lespri en plus. La totale…