Le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) a réagi avec rapidité suivant une demande de l’Association mauricienne de Boxe. Les deux qualifiés olympiques, nommément Richarno Colin (-64 kg) et Merven Clair (-69 kg), ont repris leurs préparations depuis trois semaines en dépit du fait que le pays est toujours en confinement. Rien que quelques jours ont suffi aux officiers du ministère des Sports pour traiter cette demande. Cela, en prenant en considération que les Jeux olympiques se dérouleront dans moins de quatre mois à Tokyo (23 juillet au 8 août) au Japon.
C’est donc un bon point de marqué par ce ministère que dirige Stephan Toussaint. Faut-il cependant le préciser, selon des sources, qu’il aura fallu aussi avoir l’aval du National Communication Committee on Covid-19. Un comité qui, soulignons-le, essuie jour après jour un nombre conséquent de critiques et avec raison.

Ainsi, les boxeurs Colin et Clair peuvent s’estimer privilégiés, voire chanceux, d’avoir pu retrouver très vite les bonnes sensations de la salle d’entraînement. D’autres, en revanche, attendent toujours. Quant aux handisportifs préparant les Jeux paralympiques, prévus du 24 août au 5 septembre, dans la capitale nippone toujours, ils n’ont pu reprendre que jeudi, après un mois de mise au vert !

C’est justement cette logique qu’on peine à comprendre. Comment peut-on priver des athlètes de haut niveau de leur liberté aussi longtemps alors que, économiquement, le pays tourne pratiquement à plein régime ? Il n’y a qu’à voir le nombre de Work Access Permits (WAP) délivrés par la police pour s’en rendre compte ! Pourquoi n’avoir donc pas réagi avec la même rapidité quand on sait pertinemment que le temps presse et que le lockdown laissera des traces indélébiles sur l’organisme de nos athlètes après une si longue coupure ?

L’on se demande aussi, pourquoi les autorités ont mis autant de temps pour permettre à certains athlètes de retrouver leurs sites d’entraînement ? N’est-ce pas là de la discrimination quand on considère le nombre incroyable de WAPs émis en si peu de temps, alors que le pays est supposément en confinement ?

Forcément, dans ces conditions, la position adoptée par le gouvernement interpelle. D’un côté, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy estime allègrement dans la presse qu’« un deuxième confinement stricte aurait pu altérer nos fondements économiques », alors que de l’autre, ce même gouvernement pénalise ses porte-drapeaux ! Décidément donc, cette situation confirme que, plus le temps passe, plus on s’ancre dans un système à deux vitesses à Maurice, pour ne pas dire sombrer dans l’incompétence.

Aussi, certaines fédérations ne savent toujours pas si leurs demandes pour participer à des compétitions internationales seront acceptées ou pas. Contrairement à la grosse majorité des athlètes étrangers qui entament, eux, la dernière phase qualificative des JO et des JP avec une confiance retrouvée, notamment dopée par des participations aux compétitions.
Malheureusement chez nous, la communauté des athlètes de haut niveau semble toujours souffrir de ce manque de considération à un moment si important, voire si crucial. Et c’est vraiment dommage par rapport aux efforts consentis pour être de dignes ambassadeurs du pays !

Au ministère des Sports, voire au gouvernement, de réagir en conséquence et promptement cette fois. Cela, en lançant les bons signaux, notamment en prenant en compte que ces athlètes ont déjà reçu une première dose de Covaxin et que la seconde suivra cette semaine.

Le gouvernement permettra-t-il donc à ces athlètes de quitter le pays bientôt en jugeant de sa position quant à l’efficacité des vaccins ? On attendra le mois prochain pour en avoir le cœur net. Au cas contraire, à quoi bon se faire vacciner si rien de positif ne découle de cette étape qui était pourtant qualifiée de décisive ? L’entraîneur national de kick-boxing, Judex Jeannot, a eu parfaitement raison de soulever la question.

Il y a donc matière à réflexion. Il y a même urgence, dirions-nous. Car, le temps n’attend pas. Et Stephan Toussaint gagnerait à bien le comprendre. Certes, il est toujours bon de témoigner de sa solidarité envers les deux qualifiés olympiques en se déplaçant, à titre d’exemple, au centre national de boxe pour les voir à l’entraînement. Sauf qu’il est aussi bon, M. le ministre, d’avoir un regard beaucoup plus élargi sur la situation actuelle.
Le handisport se retrouve aujourd’hui aux portes d’un exploit, avec deux potentielles qualifiées aux Jeux paralympiques soit Noemi Alphonse et Anaïs Angéline. Toutefois, sans une participation au Grand Prix de Suisse, le mois prochain, réunissant les meilleurs mondiaux, leurs chances s’amenuiseront. Aux autorités concernées d’agir courageusement et intelligemment, afin de ne laisser aucun regret à nos athlètes ! D’autant qu’on a bien mis à contribution leur image pour faire la promotion du Covaxin…