— Alors, qu’est-ce que tu vas bien pouvoir me dire maintenant?
— A propos de quoi?
— Comment ça, à propos de quoi ? Mais à propos de ton Pravind, toi!
— Mais laissez-le tranquille? Qu’est-ce qu’on l’accuse encore d’avoir fait?
— Non, cette fois-ci, on ne l’accuse pas d’avoir fait, mais de ne pas avoir fait quelque chose?
— Tu peux m’expliquer en mots simples ce que tu viens de me dire là? Franchement te dire, je n’ai rien compris.
— Rends-moi un service de ne pas prendre ce ton foutan-là avec moi!
— Je ne prends aucun ton, je te dis simplement que je ne comprends pas ce que tu dis.
— Tu sais très bien de quoi je suis en train de parler. Tu es en train de zoué bourré pour ne pas avoir à répondre.
— Mais répondre de quoi, foutour va!
— De ce que ton Pravind n’a pas fait.
— Mais qu’est ce qu’il est supposé ne pas avoir fait comme ça?
— Je sais bien que tu dois le défendre, puisque c’est ton leader, mais arrêtes de causer n’importe, toi!
— Sorry toi, je ne suis pas en train de causer n’importe. Selon toi, tout ce qui arrive dans ce pays c’est la faute de Pravind. Si la pluie ne tombe pas, c’est à cause de lui, s’il y a des inondations, il est en tort!
— Si le Premier ministre n’est pas responsable de ce qui se passe dans le pays, à qui il faut demander des comptes alors, à l’opposition?
— Ayo, ne me fait pas rire avec ton opposition avec je ne sais combien de leaders-là. Une opposition qui n’est même pas capable d’organiser une manifestation.
— Qu’est-ce que tu es en train de radoter encore?
— Tu ne sais pas que pour organiser leur manifestation le mois prochain ils ont fait appel à Roshi Bhadain et Bruno Laurette et tous les syndicats?
— Ça, c’est leur problème. N’essaye pas de détourner la conversation et réponds-moi.
— Mais sur quoi tu veux que je te réponde, foutour va? De quoi, tu es en train de parler?
— De quoi je veux parler, mais de la compensation salariale!
— Qu’est-ce qui se passe avec la compensation salariale?
— Ne me dis pas que tu ne sais pas que les pensionnaires n’ont pas eu la compensation salariale?
— Hum… j’ai entendu les syndicalistes et l’opposition raconter toutes sortes d’histoires. De toutes les façons, ils ne font que ça: raconter des histoires!
— Tu vois comment tu es : je te parle de compensation salariale et toi tu répond opposition. Arrête de zouer bourré une fois pour toutes donc!
— Les pensionnaires ont bien eu leur 13e mois, non?
— Mais je te parle de la compensation salariale, pas du….
— …écoute, s’ils n’ont pas eu leur 375 roupies ce mois-ci parce que le gouvernement travaille sur une nouvelle formule de…
— …mais il avait promis que la pension allait arriver à Rs 13 000…
— …jusqu’à 2024. Mais on n’est qu’en 2021, toi.
— Tu veux dire qu’on va arrêter de payer la compensation salariale sur la pension des grands-pères et des grands-mères?
— Je n’ai pas dit ça. Ecoute, il faut bien comprendre une chose: il y a les promesses et la réalité économique. Comme tu sais, la situation économique mondiale est dramatique et il faut faire des économies…
— … avec les grands-pères, les grands-mères, les veuves, les orphelins et les handicapés ?
— Là, tu es en train de faire de la démagogie, de la pure démagogie.
— Et toi tu fais pareil comme le gouvernement: à chaque fois qu’on lui fait une critique, il répond que quand l’opposition était au gouvernement… pourquoi est-ce qu’on n’a pas fait savoir que la compensation salariale ne serait pas payée pour les pensions?
—  Ecoute, le gouvernement a été tellement pris avec la Covid-19 et la crise économique mondiale qu’il n’a pas eu le temps… aujourd’hui, la priorité c’est la lutte contre Covid-19.
—  Mais pendant la campagne électorale, il avait trouvé du temps pour couillonner les grands-pères, et les grands-mères pour obtenir leurs votes. Tu te rappelles les grandes réunions pour le troisième âge partout dans le pays?
— Je vais te dire une affaire: plus je t’écoute parler plus j’entends l’opposition… pardon les oppositions.
— Et toi plus ça va, on dirait que tu parles comme un porte-parole du gouvernement. Quand tu lui poses une question directe, il fait des contours et change de sujet. Mais seulement, laisse-moi te dire une affaire.
— Quelle affaire encore?
— Cent ans pour le voleur et un jour pour le maître.
— Ayo, arrête de citer les proverbes de grand-mère, don. C’est complètement rann.
— Tu verras aux prochaines élections municipales si c’est rann.
— Qu’est-ce que tu veux dire comme ça?
— N’oublie pas que les grands-pères, les grands-mères, les veuves, les orphelins et les handicapés votent. Aux élections municipales ils vont faire ton gouvernement payer pour la compensation salariale qu’ils n’ont pas eu. Et permets-moi de te citer un vieux proverbe de ma grand-mère.
—  Encore un proverbe!
— La vengeance, même électorale, est un plat qui se mange froid!