Décidément, les gouvernements MSM se suivent et se ressemblent, qu’ils soient dirigés par le papa ou son piti. L’une de leurs caractéristiques est d’avoir des partisans proches de leurs responsables qui entretiennent des relations – très privilégiées – avec des individus loin d’être recommandables. Des individus liés à toutes sortes de trafics et qui semblent bénéficier d’un voile de protection leur permettant de s’enrichir rapidement. Dans la deuxième moitié des années quatre-vingt sdu siècle dernier, on avait appris que des trafiquants de drogue étaient invités aux garden parties du Réduit et qu’ils n’hésitaient pas à dire à haute voix
« gouvernement dans nou lamé. » Avec le nombre d’individus proches du pouvoir appréhendés dans des affaires de trafic de drogue, ces temps derniers, il semblerait que ce « business » s’est, avec le présent gouvernement, développé sur une très grande échelle. Certains parlent même d’échelle industrielle. Aujourd’hui, les trafiquants ne se contentent plus seulement des garden parties du Réduit pour se faire photographier, mais ils sont présents dans toutes les sphères où l’on peut facilement – si on sait comment faire et si l’on a les contacts nécessaires – gagner beaucoup et rapidement de l’argent. Avec les facilités nécessaires pour le blanchir. Il est manifeste qu’un de ces endroits est le Champ de Mars, et une des activités qui rapportent le plus sont les paris sur les courses hippiques. Il n’est pas question ici du joueur lambda qui tente sa chance avec quelques dizaines de roupies, mais de
« businessmen » qui investissent des millions dans une journée.
Pratiquement tous ceux qui ont été impliqués dans les saisies de drogue ces derniers temps se pavanent dans les loges du MTC, les jours de courses. Non seulement ils sont de gros joueurs mais également actionnaires dans certaines écuries. La MRA, qui cuscute les tax payers pour quelques centaines de roupies mal déclarées dans leurs formulaires d’income tax, semble trouver tout à fait normal que des propriétaires de bateaux de plaisance puissent avoir les moyens financiers de devenir actionnaires dans des écuries de courses. Depuis la découverte de 300 kilos de drogue dans le Nord – comment cette masse a pu entrer à Maurice où l’ADSU, affirme le Premier ministre, fait un travail formidable ! –, on comprend mieux pourquoi le secteur des courses est en train de devenir une chasse gardée des proches du pouvoir qui ont acquis plusieurs monopoles et se sont lancés dans une bataille pour contrôler l’ensemble du secteur avec, semble-t-il, les protections et bénédictions indispensables. Est-ce en laissant proliférer les liens entre trafiquants et certains organisateurs de paris, qui permettent aux premiers de blanchir leurs « gains », que Pravind Jugnauth compte « kass lérin bann marchands la drogue ? » Une autre question doit être posée : si la police a saisi les 300 kilos de drogue de Pointe aux Canonniers après que leurs « importateurs » ont réussi à passer à travers les filets de la police, des douaniers, de l’ADSU et des garde-côtes, combien d’autre cargaisons ont pu emprunter les mêmes chemins sans être découvertes et sont actuellement écoulées sur le marché local ?
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Décidément, le Parlement n’est plus un endroit respecté, mais un lieu où on peut tout entendre et tout voir. Au niveau visuel, nous avions eu droit, dans le passé, à la langue d’un député véhiculant un message sans équivoque, photographié et posté par téléphone. Apres les tonitruants « I am on my feet » et autres « I order you out » du speaker, les téléspectateurs ont eu droit en direct sur la chaîne parlementaire, relayée par la MBC, à une reprise d’un célèbre séga à double sens du siècle dernier : le Séga Gobelet de Coulouce. Vendredi, la ministre de l’Égalité des Genres a fait diffuser sur les réseaux sociaux un message pour affirmer que ce n’est pas sa voix qu’on a entendue au Parlement reprenant le refrain du Séga Gobelet. Ce qui étonne dans cette affaire c’est qu’avant même d’avoir été formellement accusée, la ministre de l’Égalité des Genres s’est sentie obligée de se défendre. Est-ce que, comme le dit le proverbe, qui se sent morveux se mouche ? En tout cas, il est étonnant que l’IBA et la Cyber Patrol de la police, si prompts à sanctionner la diffusion de critiques sur les ondes et les réseaux sociaux – surtout quand ils concernent les membres du gouvernement ou un quelconque CEO « annoyed » – n’aient procédé à aucune arrestation. Est-ce qu’ils attendent que le Speaker décide si les mots entendus seront inscrits dans le Hansard pour prendre action ? En tout cas, une chose est certaine, la voix qu’on a entendue l’autre soir au Parlement a respecté l’égalité des genres dans ses jurons : le premier était au féminin et l’autre au masculin.