Depuis mercredi matin, 10 mars, le pays est en confi nement. Il le sera jusqu’au
25 mars, a annoncé le Premier ministre, Pravind Jugnauth. La faute à cette fichue
nouvelle vague de la Covid-19 et un nombre de patients contaminés qui ne cesse
de grimper. Pour la deuxième fois donc, depuis l’année dernière — à quelques jours
près (20 mars 2020) — tout le pays tournera au ralenti pour les deux semaines à
venir. Il n’y a qu’à espérer que ce présent lockdown ne durera pas deux mois et demi
comme c’était le cas la dernière fois.

Qui dit confinement dit aussi arrêt temporaire des activités sportives, voire de
compétitions et autres entraînements en plein air comme en salle. Le ministère de
l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs n’a d’ailleurs pas tardé
à réagir. Et ce, avant même l’annonce du PM. Toutes les compétitions sportives
sont gelées jusqu’à nouvel ordre. Au grand dam des sportifs et des athlètes de
haut niveau surtout. Eux qui, après la longue coupure de 2020, partageaient, dans
ces mêmes colonnes, l’année dernière, leur amertume et frustration, voire leur
déception. Non seulement le fait d’être confi nés, mais surtout par rapport à leurs
objectifs à court terme.

Malheureusement pour ces athlètes, il faudra compter et surtout continuer à
apprendre à vivre avec la Covid-19. Comme toute la population d’ailleurs. Plus
rien ne sera comme avant. Et ça, nous le savons tous déjà. Sauf que pour certains,
notamment ceux arrivant en fin de carrière, l’aventure est en passe de tourner court,
pour ne pas dire au cauchemar. Nous pensons surtout au boxeur Richarno Colin,
dont l’objectif est de participer, une dernière fois, aux Jeux olympiques et de remporter une médaille comme l’a fait Bruno Julie (bronze) en 2008 en Chine. Lui qui
est, à ce jour, le seul qualifié mauricien à ces Jeux ! Lui qui a surtout su trouver la
force et le mental pour surmonter des années compliquées et retrouver, à nouveau,
le haut niveau.

La situation est telle que plus rien n’est sûr. Même si les organisateurs japonais aussi bien que le Comité international olympique se veulent optimistes. La
handisportive Noemi Alphonse a, elle, compris les choses à sa façon en avouant
récemment, avec beaucoup de réalisme, que Tokyo s’éloignait. Et elle n’a pas tort de
penser ainsi en mesurant les risques grandissants de voir s’envoler tous les efforts
consentis pour remonter la pente 2020 et aspirer à une première participation aux
Jeux paralympiques d’août-septembre, à Tokyo toujours.

En somme, ce ne sera pas uniquement à l’humain de décider ou pas de la tenue
des JO de Tokyo en juillet-août prochain après la mise en circulation de vaccins.
Plus que jamais, nous sommes suspendus à ce virus et à ses désormais nouveaux
variants. Tout ce que l’on souhaite, c’est qu’une issue de secours soit vite trouvée
afin que tous les sportifs mauriciens parviennent à réaliser leurs objectifs.

Aussi, ce lockdown prend une tournure inattendue pour certains dirigeants. Non
seulement en raison de la préparation interrompue des athlètes locaux, mais aussi
par rapport à l’incertitude qui plane autour de la tenue des JO de Tokyo. Quand on
sait surtout à quel point ces JO comptent pour eux, voire plus que les athlètes, on
imagine toute la tension qui règne dans certaines sphères actuellement !

Malheureusement pour eux, les données changent encore avec ce confinement
qui n’était pas « on the cards ». Et pour cause, il restreint encore plus les chances
de qualifi cation des Mauriciens à ces JO. Cela, faute de pouvoir prendre part à des
compétitions qualifi catives. Avec un athlète qualifi é seulement et cinq autres invités
tout au plus, combien seront-ils à faire le voyage à Tokyo si les JO résistent à la
Covid-19 ? C’est la question qui reste posée, bien qu’étant conscient que ce genre
de délégation excède très souvent celle des athlètes !

Il n’y a pas que cela, malheureusement. Car un lockdown peut également prendre
d’autres formes, les unes plus surprenantes que les autres. Certainement pas au
profi t du sport et où il existe, de plus en plus, ce sentiment de « lockdown » dans les
manières de faire et les mentalités surtout. Tout est cadenassé, afin de favoriser ses
propres desseins, donc à consolider ses assises et forcément ensuite ses intérêts
à d’autres niveaux, et ce, à travers un système bien huilé et, dans une majorité de
cas, pas toujours très sportif.

Ce type de « lockdown », aussi peu conventionnel soit-il, entraîne malheureusement, dans une large mesure, une absence de transparence, de partialité, menant
forcément à toutes sortes d’excès. Cela, au vu et au su du ministère des Sports !
Ce même ministère qui garantit pourtant les vivres à ces fédérations, gérées par
ces mêmes dirigeants, mais incapable toutefois de mettre de l’ordre lorsque cela
s’impose ! Comprenne qui pourra…

Ainsi donc, le lockdown, au sens propre comme au figuré, n’a rien de surprenant,
pour nous comme pour de nombreux passionnés du sport. Sauf qu’après toutes
ces années, ce changement de mentalité ne sera pas possible tant qu’on ne se
débarrassera pas de ceux qui tirent les fi celles de ce système pourri.

Alors, que ceux qui aiment vraiment et toujours le sport se retroussent les manches
pour réclamer ce changement. D’abord, pour lui donner un nouveau sens, une nouvelle dynamique, tout en instaurant, à nouveau, les valeurs et principes de bonne
gouvernance qui lui sont propres. La seule clé capable de remettre les choses à leur place.