À l’heure où nous entamons à peine le troisième jour de la nouvelle année, beaucoup de questions demeurent. De quoi sera fait 2021 ? Devrait-on s’attendre au pire ou à une embellie, en prenant en considération les dégâts causés par la pandémie de COVID-19 en 2020 ? Pertes humaines à l’échelle mondiale comme à Maurice, mais aussi pertes de valeurs, alors que ce temps, très particulier autant que meurtrier, aurait dû nous ramener à l’essentiel, voire à la source même de ce que, nous humains, devons et aurions dû être.

Malheureusement, la nouvelle année démarre pratiquement comme la précédente. Avec ce fichu virus qui reste suspendu comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes en attendant d’autres solutions après sa mutation récente. Autant le temps est précieux, autant ceux qui n’ont pas pris la peine de se remettre en question, gagneraient à le faire au plus vite. Surtout ceux qui se sont aventurés à titiller l’interdit en 2020.

À quoi donc s’attendre sur la scène sportive locale après tant de pagailles engendrées ? Doit-on garder espoir que le sport local entrera enfin dans une nouvelle ère ? On y a intérêt et cela s’applique à tout le monde. Sans un changement de mentalité, on ne fera d’ailleurs pas trois pas sans trébucher ! Un vrai changement est plus que nécessaire en attendant mieux.

À commencer par le ministère des Sports et son ministre de tutelle, Stephan Toussaint qui n’a pas vraiment rassuré à ce poste qu’il occupe depuis quatre ans ! D’ailleurs, son nouveau Sports Bill, annoncé depuis un certain temps déjà, se fait toujours attendre. Ce qui n’est pas de bon augure quand on considère que chaque seconde vaut son pesant d’or en sport. L’heure est donc plus que jamais à l’action. Ainsi, Stephan Toussaint gagnerait à arrêter de souffler le chaud et le froid s’il entend donner au sport local une nouvelle dimension.

Déjà, le lancement du comité Horizon Paris 2024 est un bon signe pour booster une préparation aussi importante que les JO. C’est la raison pour laquelle nous suivrons, avec un certain intérêt, son évolution. Tout comme l’engagement des partenaires financiers, véritable pierre angulaire, de ce projet d’envergure qui vise à réunir d’importants fonds à travers la constitution d’un pool de sponsors. Gardons quand même espoir que, malgré une situation de crise économique engendrée par la COVID-19, les millions attendus seront bien au rendez-vous.

Mais avant d’arriver à 2024, il y aura les JO de Tokyo au Japon. Une des nombreuses « victimes collatérales » de la COVID-19 en 2020 et dont l’organisation a d’abord été reportée pour cette année. Désormais, c’est le spectre de cette deuxième vague encore plus violente que meurtrière, dit-on, qui menace la tenue même de ces Jeux. La situation est même considérée de catastrophique en Europe, particulièrement en Angleterre. C’est à se demander si, dans ces conditions, le Comité international olympique (CIO) et le comité organisateur japonais garderont le cap.

Faut-il aussi être réaliste dans la mesure où la situation est loin d’être proche d’un retour à la normale, à sept mois de l’événement. Sans oublier que les compétitions internationales d’envergure, véritable rampe de lancement, sont en suspens. Difficile donc pour les athlètes de parvenir au pic de leur forme dans ces conditions. Forcément, si les JO sont maintenus, on risque d’avoir des Jeux d’un niveau moyen. Bien évidemment si, d’ici-là, les organisateurs ne décident de faire une croix sur ces 32es olympiades.

Selon les récits de l’Histoire, trois JO ont été annulés en raison de la Première guère mondiale (1914-1918), puis de la deuxième (1939-1945). Pour cela, il faut remonter à 1916 pour les Jeux attribués à Berlin, capitale allemande, puis en 1944 à Londres, en Angleterre. Sans oublier ceux de 1940 à…Tokyo au Japon ! Un véritable coup dur donc pour les Japonais si ces Jeux venaient effectivement à être annulés ! Ce qui est important de noter c’est que contrairement aux armes de destructions massives qui avaient plombé les espoirs japonais, c’est cette fois un virus, de surcroît invisible, qui pourrait compromettre ses plans !

Cela dit, la préparation devra tout de même se poursuivre pour les athlètes tout en espérant que la situation ira en s’améliorant. À ce stade, un athlète seulement se trouve sur le ring en attendant le premier coup de gong. Il s’agit du boxeur Richarno Colin, le seul qualifié mauricien pour l’heure. Lui qui a à coeur de briller à ces JO après ses échecs en 2008 (Chine), puis 2012 (Angleterre). D’autres vont aussi tenter de l’imiter, à commencer par son collègue d’entraînement, Merven Clair. Ce dernier est toutefois suspendu à la décision de l’organisation du tournoi mondial qui devrait se tenir à Paris en France.

Le badminton a, pour sa part, perdu sa fer de lance, avec la suspension de deux ans de Kate Foo Kune, pour dopage. Dans ce contexte, il ne reste plus que Julien Paul pour tenter l’exploit. Le talentueux badiste, qui est champion d’Afrique senior en simple, devra continuer à cumuler des points et surtout conserver sa position de No.1 africain pour espérer disputer ses premiers JO. L’haltérophile Roilya Ranaivosoa, aussi bien que les judokas Priscilla Morand et Rémi Feuillet entre autres, aspirent aussi à une qualification. Au cas contraire, Maurice aura à compter avec les invitations pour espérer grossir sa délégation d’athlètes. Aux derniers Jeux de Rio, en 2016, au Brésil, ils étaient 12 athlètes participants, contre 13 dirigeants à faire ce déplacement, sans compter les entraîneurs !

Hormis les JO, les autres compétitions internationales seront aussi tributaires de l’évolution de la COVID-19 au cours des semaines, voire mois à venir. Il faudra donc s’y adapter étant donné que ce n’est pas demain que le sport de haut niveau retrouvera son rythme habituel. Aussi, cette année, on suivra ce qu’il adviendra du Comité olympique mauricien (COM) à l’issue des élections prévues en août ou septembre et ce, après les turbulences de ces derniers mois. Non pas à l’intérieur du comité, lui-même, mais de ces décisions contestées et qui feraient certainement retourner dans sa tombe, Pierre de Coubertin, père des Jeux olympique moderne et des valeurs qui l’accompagnent.

En attendant, la rédaction sportive de Week-End souhaite une bonne et heureuse année 2021 à ses fidèles lecteurs.