Et d’un revers de main, comme ça, les mille et une questions autour de l’acquisition de terrains à Angus Road, Vacoas, par l’actuel Premier ministre, auraient pu être reléguées aux oubliettes ! La nouvelle, ce jeudi 12 novembre, au sujet des deux nouveaux cas de Mauriciens testés positifs à la COVID-19, a brutalement ramené à l’ordre du jour, en effet, des souvenirs du confinement, de la peur-psychose liée au virus, de l’irrésistible tentation de “panic buying” et à tous les tracas que l’ensemble de la population a vécus il y a six mois !
Et d’un coup, comme ça également, le Speaker de l’Assemblée nationale, Sooroojdev Phokeer, a pris l’initiative de modifier une Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, ce mardi 10, axée justement sur l’affaire Angus Road… Privant, du coup, le Dr Arvin Boolell de la possibilité d’avoir les clarifications qu’il recherchait afin d’éclairer le peuple sur la même affaire d’achat de terrains dans cette région de Vacoas, qui soulève, depuis plusieurs semaines déjà, une foule d’interrogations. D’autant que, dans ses déclarations, après s’être enfermé dans un long mutisme, il convient de le souligner, le principal concerné, en l’occurrence Pravind Jugnauth, a davantage rendu les choses… opaques que claires !
Avec le premier cas local de COVID-19 depuis le 26 avril dernier, l’attention est évidemment braquée sur ce terrible virus, qui continue à faire des ravages dans le monde entier. Mais s’il y a un facteur, une constance qui revient chez les Mauriciens, et qui avait su calmer nos appréhensions et nos doutes, rassurer et éclairer, comme il se doit, l’ensemble de la population, quand nous étions en confinement en mars dernier, c’est bien la présence, dans les premières semaines, du Dr Vasantrao Gujadhur à la télé chaque jour.
L’ancien directeur des services de la Santé demeure dans les mémoires de tout un chacun celui qui a su nous guider avec ses mots et ses formules certes forts, parfois même sévères et frôlant des passages à savons, disons-le carrément ! Vasantrao Gujadhur a, pour sa défense, l’expérience de son métier, la maîtrise des techniques et des rouages – comme par exemple l’importance du “contact tracing”, qui a prouvé son efficacité et a protégé l’ensemble de la population – serti d’un franc-parler qui a su, dans ces moments difficiles et psychologiquement durs, nous ramener à nos responsabilités et nous pousser à donner le meilleur de nous. Cette rigueur du Dr Gujadhur et son approche sont propres à lui.
En opposition, le Speaker de l’Assemblée nationale, Sooroojdev Phokeer, n’inspire pas les mêmes sentiments. Son “body language”, de pair avec le ton utilisé très fréquemment, semble connoter qu’il est toujours furieusement aux antipodes de l’opposition parlementaire. Et ses prises de position, pour le moins… bruyantes, font penser que l’homme est sorti avec un agenda bien précis de gronder les membres de l’opposition, tels des mauvais élèves en classe ! Et avec ce type d’exercices, se répétant hélas trop de fois, les travaux de l’Assemblée nationale perdent sérieusement leur cachet.
La rigueur, justement, est d’actualité pour chacun d’entre nous, parce que même avec un seul cas de COVID-19 local, cela a de grosses implications. Que la police déclare qu’elle sera intransigeante sur le port du masque, c’est tant mieux. Mais ce qui serait meilleur, c’est que chacun fasse preuve de responsabilité citoyenne face à la menace qui nous guette. Vigilance pour soi et pour tout un chacun. L’on a eu de cesse de rappeler, depuis juin dernier, que le relâchement pourrait se payer très cher. L’occasion nous est donnée là de montrer que l’on est un peuple mature et conscient. Le virus n’attend qu’une occasion propice pour s’immiscer dans nos vies et tout nous prendre.
Divali, fêtée aujourd’hui, qui symbolise le triomphe du bien sur le mal, et du partage, est le prétexte tout trouvé pour redoubler d’attentions et de prouver notre solidarité humaine…