En pleine deuxième vague de la COVID-19 chez nous, les choses vont de mal en pis ! D’abord, ces malheureux patients sous dialyse qui se sont retrouvés atteints du fâcheux virus et parmi, de nombreux qui n’ont pas survécu. Pour de multiples raisons, dont le fait qu’ils ont été brutalement coupés des leurs, enfermés, isolés et livrés à eux-mêmes, sans grand encadrement et sans un suivi médical et alimentaire adéquat : leur frêle condition physique ayant fini par céder sous autant de pressions. Ensuite, cette semaine, ces jeunes parents habitant le nord du pays ont vécu l’inimaginable lors de l’accouchement prématuré de la maman, qui s’est retrouvée à attendre l’arrivée d’un médecin spécialiste, durant presque une heure, avec une partie du corps, déchiqueté, de son enfant dans son ventre ! L’horreur à son apogée…

Via les médias et sur les réseaux sociaux, les Mauriciens, pour la majeure partie toujours très solidaires et généreux dans des situations les plus dures, ont tenu à exprimer leur sympathie, leur colère, leur incompréhension, et leur révolte, surtout. Mais quid des politiques ? On a surtout entendu le ministre de la Santé, le Dr Kailesh Jagutpal, psychiatre de formation, il convient de le souligner, dans ce cas de figure spécifique, marteler, lors d’une des Press Briefings du NCC, qu’il n’y aurait aucune enquête sur la mort des patients dialysés, parce que, de son point de vue, il n’y a eu aucune maldonne… Ses condoléances sèches n’ont trompé personne… C’est quand on est acculé qu’on réplique de cette manière, n’est-ce pas ? Quant au Premier ministre, n’en parlons pas ! Ce même Pravind Jugnauth qui se fendait, depuis l’an dernier à chaque occasion possible, localement et internationalement, d’avoir rendu le pays COVID-safe, semble être porté disparu depuis le début de cette deuxième vague. On ne le voit que lors des travaux de l’Assemblée nationale (encore heureux !), si ce n’est pour venir tenir un point de presse qui restera aussi mémorable que celui de l’an dernier, quand il est venu nous apprendre que l’archipel des Chagos figurait… sur la mappe monde !

Notre pays a recensé la mort de neuf patients sous dialyse en treize jours : autrement dit, c‘est une hécatombe ! Sept étaient positifs à la COVID-19 et les deux autres, négatifs. Nous savons pratiquement tous dans quelles conditions ces personnes ont été contaminées et surtout, comment elles ont été évacuées vers des centres où elles étaient censées être traitées et soignées convenablement, avec coeur et humanité. Mais une fois sur place, c’était la désillusion et la galère. Grâce aux technologies nouvelles, certains ont eu la force et présence d’esprit, malgré toutes les difficultés à s’occuper d’eux-mêmes, alors qu’ils étaient fragilisés, de faire remonter leurs conditions de (sur)vie !

Aucun Mauricien, à l’exception de quelques durs du coeur (si,si, hélas !, il y en a… comme ceux qui ont pensé envoyer des messages de sympathies à la Reine Elisabeth II, tout en occultant ses propres compatriotes !), n’a été insensible à la tragédie que vivent ces familles mauriciennes, doublement affligées. Et Jagutpal qui répétait que pour “ceux qui ne souhaitaient pas manger ce qu’on leur fournissait, on peut rien y faire…”

Mais pourquoi s’attendre à un tant soit peu d’humanité de la part d’un gouvernement qui n’a pas hésité à plumer le peuple pendant le premier confinement ? Hélas ! nous aurons à endurer un règne sans coeur et sans pitié pour encore plusieurs années. Il y a fort à parier que la mobilisation citoyenne ne sera que davantage accentuée et renforcée, dans le sillage de tous ces manquements. Et alors qu’on aborde la troisième semaine de la reprise partielle des activités économiques, malgré le fait que de plus en plus de commerces reprennent leurs activités, force est de constater que les dentistes du privé restent toujours… sur les dents ! Comme si eux ne sont pas des professionnels dignes de confiance, et qu’ils n’ont pas de factures à payer, de frais de scolarité à s’acquitter, de familles à faire vivre…

Avec le cas du couple Ram, l’expérience atroce qu’a vécue la maman à l’hôpital du Nord, et les allégations sévères de négligence médicale, notre système de santé prend un sale coup. Sans généraliser, l’ensemble du personnel médical dans nos hôpitaux nationaux n’est-il pas à bout ? Et, l’absence, entre les deux vagues de COVID, de stratégie et de planification pour “the way forward”, avec surtout, les nouvelles exigences, n’impacte-t-elle pas sur leur performance ?

L’opposition ne manquera pas de cartouches pour tirer à boulets rouges, cette semaine ! Souhaitons que Xavier Duval ait en stock une bonne quantité de Xanax, car il va sans dire que le (loud)Speaker pèsera de tout son poids (vocal) !