Le budget 2021/22 du ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) accusera une baisse au 1er juillet. Comme déjà annoncé dans le Budget Estimates et comme confirmé récemment dans un courriel aux fédérations. Même si, pour l’heure, on ne sait pas encore si les Rs 724M chuteront à Rs 710M comme initialement programmé ou moins. Ce qui est certain, c’est qu’après deux années financières, ce ministère perdra Rs 40M ! Ce qui n’est quand même pas rien.

Parmi les mesures annoncées, des modifications à l’Athlete Assistance Scheme, formule améliorée du financial assistance scheme existant. Cela, avant même son application, alors que le Cabinet le disait pourtant effectif au 1er juillet 2020. A tel point que la bourse attribuée aux athlètes de haut niveau en souffrira. Hormis le fait de faire déjà des sacrifices à l’entraînement, ces athlètes devront désormais se préparer à se serrer la ceinture !

Et c’est justement-là le problème. D’un côté, on parle d’excellence et de l’autre, on suspend, comme si de rien était, une épée de Damoclès au dessus la tête de ces mêmes athlètes qui pourtant suent jour et nuit pour faire honneur au pays ! Ceux-là mêmes que certains utilisent très souvent pour en tirer un capital politique ! Covaxin, quand tu nous tiens !

Pauvres « ambassadeurs » serait-on tenté de dire, contrairement à celui qui, malgré ses sempiternels frasques, a bénéficié des largesses du gouvernement pendant une année. Le tout, récemment dévoilé à quelque Rs 12M pour un an, soit une moyenne de Rs 1M par mois ! Et ça, au gouvernement de Pravind Jugnauth, on ne trouve rien à dire !

Au même titre que les Rs 390M du deal commercial signé, l’année dernière, entre le mythique club anglais de Liverpool Football Club et la Mauritius Tourism Promotion Authority. Au point de voir ensuite le « Mauritius » estropié en « Mauritus » sur un panneau publicitaire lors d’un match face à Tottenham à Anfield ! On nous dira certes que les accords avaient déjà été conclus avant la pandémie de Covid-19. Sauf qu’on ne peut se demander si le coût de cette campagne en valait vraiment la peine en prenant en compte les détails du contrat.

On dira donc tout simplement que cet accord, qui se voulait être un coup de pub pour Maurice, s’est révélé catastrophique. Le secteur du tourisme étant sous respiration artificielle depuis un an ! Et malheureusement, comme toujours, c’est au contribuable d’en faire les frais ! Idem pour le gaspillage des fonds publics, mis au grand jour par le bureau du Directeur de l’Audit, année après année. Le gouvernement trouvera-t-il enfin une solution pour arrêter l’hémorragie ?

En revanche, il trouvera moyen, dans quelques mois encore, d’appliquer des mesures fortes, pour ne pas dire la guillotine, sur des athlètes, très souvent exemplaires, et dont le but ultime est de mettre leur pays en valeur sur la carte continentale et internationale ! Eux qui pensent avant tout en terme de performances, contrairement à d’autres.   

Est-ce donc normal, dans ces conditions, que l’athlète de haut niveau paie pour l’incompétence des autres ? Certainement pas. Est-ce aussi de cette façon qu’on espère encourager les jeunes à faire du sport ? Où veut-on uniquement se contenter d’une nation saine, cataloguée sur des activités fitness organisées par Active Mauritius et dont l’unique but est de faire l’apologie du gouvernement et son National sports and physical activity policy lancé en 2018 ?   

Ce qui est sûr, avec les mesures à venir, c’est que le gouvernement, à travers le ministère des Sports, s’est tiré une balle dans les pieds. Et elles feront tâche, surtout à un moment où le gouvernement continue à s’empêtrer dans toutes sortes de scandales et ces contrats contestés et négociés à coups de millions, notamment pendant le premier confinement.

Les athlètes sauront donc apprécier le traitement qui les attend et qui est loin de faire l’unanimité ! D’autant que, selon la logique, on est sanctionné lorsqu’on commet une faute et non l’inverse. Sauf qu’à Maurice, compétence, méritocratie et autres transparence se réduisent, jour après jour, comme une peau de chagrin. La réalité étant toute autre, ce sont désormais les passe-droits, le favoritisme et la persécution en tout genre et à outrance qui font la loi.

Ce n’est d’ailleurs pas le président du Mauritius Turf Club, Jean-Michel Giraud, qui nous dira le contraire. Lui qui a été pourtant démocratiquement élu en mars dernier, mais qui fait face depuis à une série de persécutions sur sa personne. Au point qu’il a décidé de saisir la justice, non seulement pour que ses droits soient rétablis, mais pour que la vérité triomphe enfin et que ceux qui nuisent à sa réputation et au sport soient démasqués et punis.

A chacun d’assumer ses responsabilités. A commencer par le gouvernement et ses décisions controversées. Un gouvernement pour qui, la voix du peuple, celle qui l’a pourtant élu, ne semble pas vraiment avoir de la valeur, contrairement à celle de ces faux prophètes régnant en maître dans cette fameuse « lakwizinn » ! Espérons que d’ici juillet prochain, la voix de la raison finira par primer et que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, agira enfin avec sagesse.