Les Jeux Paralympiques qui ont pris fin dimanche dernier au Japon ont été remplis d’émotions pour les quatre para-athlètes mauriciens Noemi Alphonse, Anaïs Angeline, Brandy Perrine et Eddy Capdor. Mais c’est la première nommée qui s’est distinguée en accédant à quatre finales et dans foulée à enregistrer quatre records d’Afrique aux 100, 400, 800 et 1500m T54.

Tout d’abord, c’est un travail de longue haleine qu’ont entrepris le Mauritius Paralympic Commitee (MPC) et les quatre athlètes. En effet, pour la première fois, le pays, habituellement représenté par un seul para-athlète, a aligné quatre sportifs. « Ces qualifications resteront dans l’histoire du handisport mauricien. Pour le futur, je ne peux qu’espérer mieux, et pourquoi pas une médaille aux Jeux de Paris 2024 », nous déclare le président du MPC, Jean-Marie Malépa.

Du côté des Mauriciens, celle qui a ébloui plus d’un est Noemi Alphonse. À 25 ans, la protégée de Jean-Marie Bhugeerathee s’est qualifiée pour les finales des quatre épreuves où elle devait s’aligner. Si cela n’a pas suffi à la Mauricienne, qui a mis la barre encore plus haut et s’est adjugé quatre records d’Afrique aux 100, 400, 800 et 1500m. Si sur l’épreuve reine c’est en finale qu’elle a amélioré la marque continentale, pour les trois autres courses, c’est en séries qu’elle a fait exploser le chronomètre.

« Je suis très contente et fière, car pour mes premiers Jeux, je me suis hissée à quatre reprises en finale et au total j’ai réalisé huit courses, ce qui n’était pas au programme, car je m’étais entraînée uniquement pour le 100m. Si j’ai réussi à réaliser ces performances, c’est grâce notamment à mon entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee, à ma préparatrice physique Audrey Grancourt, à tous mes camarades d’entraînement et à toute ma famille. C’est la première fois que lors d’une compétition je me sens aussi forte mentalement. C’était une aventure incroyable », fait ressortir Noemi Alphonse.

Quant aux autres Mauriciens engagés, ils ne déméritent pas. Ils n’avaient rien à prouver lors de ces Jeux, étant donné qu’ils avaient déjà fait un grand pas lorsqu’ils ont décroché leur qualification. Engagée dans trois épreuves (100, 200m et saut en longueur T37), Anaïs Angeline a tiré son épingle du jeu, et cela en enregistrant sa meilleure performance de la saison au 100m T37 avec un chrono de 15″35 . Par ailleurs, elle a pu atteindre la finale du saut en longueur et cela malgré le fait d’avoir pris la septième place. Brandy Perrine, a quant à elle, a joué de malchance. Après une chute au 800m T54, cela a été compliqué de se donner au maximum pour ses autres épreuves. Quant au Rodriguaise, Eddy Capdor, seul élément masculin de cette sélection mauricienne, il s’est adjugé la 9e place au classement final au saut en longueur T20, avec à la clé sa meilleure performance de la saison avec un saut de 6,32m.

« Désormais, les prochains objectifs sont les championnats du monde, les Jeux du Commonwealth et surtout les Jeux Paralympiques de Paris 2024. Ce que nous avons réalisé au Japon a prouvé au monde et aux Mauriciens ce qu’on pouvait faire. Nous sommes prêts pour les prochaines compétitions », conclut Jean-Marie Bhugeerathee.

 

Résultats des Mauriciens
Brandy Perrine
800m T54 : N’a pu terminer sa course après une chute
400m T54 : 5e en série (58″72)
100m T54 : 5e en série (17″33)
Noemi Alphonse
1500m T54 : 5e en série (3’29″66 — record d’Afrique) et 10e en finale (3’39″83)
800m T54 : 5e en série (1’52″27 — record d’Afrique) et 7e en finale (1’53″30)
400m T54 : 3e en série (55″99 — record d’Afrique) et 6e de la finale (56″15)
100m T54 : 3e en série (16″71) et 5e en finale (16″48 — record d’Afrique)
Anaïs Angeline
100m T37 : 6e en série (15″35 — meilleure performance de la saison)
200m T37 : Disqualifiée sous le règlement 18.5a
Saut en longueur T37 : 7e en finale (4,07m)
Eddy Capdor
Saut en longueur T20 : 9e au classement général (6,32m — meilleure performance de la saison)