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Consultations critiques avec les syndicats cette semaine sur la formule de Leave Without Pay ou de travail partiel pour le personnel de la compagnie aérienne nationale

Les administrateurs nommés aux employés :  « We are running out of cash rapidly »

Alors qu’il y a à peine trois mois, les administrateurs nommés de la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, Sattar Hajee Abdoula et Arvindsingh Gokhool, avaient nourri une lueur d’espoir, cette fois c’est le couperet qui tombepour l’ensemble du personnel. Sauf pour au moins 25 d’entre ceux occupant des postes stratégiques au sein de la compagnie. Maintenant que la marche citoyenne du samedi 29 août est loin derrière, à partir du 1er octobre, c’est le régime sec avec au choix le leave without pay ou encore le travail à temps partiel dépendant de la nature des fonctions. Ces premiers éléments font partie d’un communiqué   adressé aux employés alors que les représentants des différents syndicats des employés devront être informés dans les jours à venir des détails de ce plan, dont l’objectif n’est nul autre que de réduire davantage le wage bill à partir de la fin d’octobre.

Pour les besoins de la mise à exécution de cette nouvelle étape, le tandem Abdoula-Gokhool a obtenu le feu vert du Supervising Officer du ministère du Travail et des Relations industrielles. Alors que techniquement le ministre du Travail et des Relations industrielles, Soodesh Callichurn, ne cesse de déclarer qu’il ne devrait pas y avoir de licenciements d’ici au 31 décembre. Des regulations ont été publiées à cet effet. Mais la réalité des finances de la compagnie aérienne nationale fait que les administrateurs nommés n’ont eu d’autre choix dans la conjoncture, même s’ils affirment d’entrée de jeu que « the purpose of this communique is to inform you of the measures we are taking to try to save jobs, where possible. »

Les recoupements d’informations effectués par Week-End auprès de sources concordantes indiquent que la formule de leave without pay sera irrémédiablement appliquée pour l’ensemble des pilotes, les membres du personnel navigant et ceux du management en général. D’ailleurs, le communiqué officiel stipule que même avec l’annonce de la réouverture des frontières à partir du 1er octobre, « there is currently no visibility as to when full commercial flights will resume. Travel restrictions remain in place. According to aviation experts, air travel is not expected, on an optimistic view, to return to pre-COVID levels before 2024. »

Les rares exceptions parmi les membres d’équipage, dont des pilotes et des crew members, susceptibles d’être épargnés du congé sans solde proposé, sont ceux qui sont concernés par l’exploitation de la desserte aérienne interîles entre Maurice et Rodrigues. Actuellement, la compagnie aérienne sous administration volontaire opère trois vols par jour sur ce secteur. Avec la campagne de promotion touristique agressive de l’Assemblée Régjonale de Rodrigues sur Maurice et l’approche de la fin de l’année, la possibilité de revoir les rotations quotidiennes à la hausse n’est pas à écarter, soit au moins quatre.

Ballon d’oxygène

D’autre part, le projet de Mauritius Air Cargo Company, caressé par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, et ses plus proches collaborateurs pourrait se présenter comme un ballon d’oxygène pour des pilotes et des membres du personnel navigant. En vue de se lancer dans des opérations de preighters (cargo/passagers), très probablement en partenariat avec la société internationale DHL Courrier Service, et sur des routes vers l’Europe, Air Mauritius prévoit des séances de formation spécifique pour ces employés vu que les opérations diffèrent de celles dont ils ont l’habitude.

D’autre part, les administrateurs nommés d’Air Mauritius ont également pris la décision de « release the exclusivity clause » dans le contrat des professionnels, qui seront mis sur le régime de leave without pay à partir du 1er octobre. De ce fait, ces membres du personnel seront en mesure de « seek other employment and engage in otherwise gainful activities » vu que la fin de septembre sera le dernier mois où ils pourront bénéficier de leurs salaires.

D’ailleurs, dans la conjoncture, Sattar Hajee Abdoula et Arvindsing Gokhool rappellent que « the company hardly has any activities or revenue. We are running out of cash, rapidly. Cost saving exercises are in place with respect to creditors of the company. These are not enough though. » Avec la série de consultations avec les représentants des syndicats et les membres du personnel, ils soutiennent que « employees will either be informed of the modalities individually, or as a group, accordingly. Managers are formally required to treat everyone equitably and fairly in implementing these measures » compte tenu de la situation délicate.

Tout en affirmant que « we are still working on the redundancy plan and trying to save jobs where reasonably possible », Sattar Hajee Abdoulka et Arvindsing Gokhool notent en conclusion que « we fully appreciate the stress caused by the ongoing situation and wish to reassure all employees that we are doing our utmost best to try to save jobs. »