La voiture rouge utilisée pour transporter Soopramanien Kistnen sous l'effet d'une forte dose de pérhitine de La Louise

-La contradiction: Safe City Network de Rs 19 milliards n’étant d’aucune utilité pour retrouver les traces de la victime, Soopramanien Kistnen, à partir de 13h14  le vendredi 16 octobre
-La certitude: la fausse thèse de suicide colportée par le CID de Moka démolie complètement par la forte dose de péthidine injectée sur l’agent du MSM du No 8 et confirmée lors du post-mortem
-L’imprévu: la question de la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath, au sujet des papiers dans les points serrés de la victime sur les lieux du crime, mais introuvables subséquemment
-L’épreuve: le match sournois entre la police et l’équipe légale Avengers  en vue de reconstituer le puzzle avec pour pièce maîtresse la voiture rouge
-Le suspense: les Super VVIP de l’Hôtel du GM, dont les numéros de téléphone figurent sur la liste relevées par MT sur les Itemised Bills de Soopramanien Kistnen de juin à octobre 2020

Avec l’ajournement au 15 janvier de l’enquête judiciaire sur les circonstances du meurtre de Soopramanien Kistnen, l’agent du MSM de Quartier-Militaire/Moka (No 8), devant le tribunal de Moka, présidée par la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath, l’énigme de La Louise demeure encore entière. Le suspense s’est épaissi après les deux versions contradictoires fournies par la police au sujet de la mise en opération des caméras de Safe City Network, au coût de Rs 19 milliards à La Louise. Le fait demeure que le tribunal de Moka sera privé à jamais d’une Crucial Piece of Documentary Evidence de ce vendredi 16 octobre, susceptible d’élucider ce meurtre avec des Undertones de fraude et de corruption à divers niveaux. Toutefois, l’avancée la plus déterminante est que la thèse de suicide colportée par les enquêteurs du CID de Moka a été balayée, pour ne pas dire dissoute, d’un revers de la main par le médecin légiste, le Dr Ananda Sunassee, faisant état des conclusions de l’autopsie pratiquée sur le cadavre le lundi 19 octobre. Mais la reprise des auditions à la mi-janvier pourrait se dérouler sous haute tension. D’une part, le décryptage des relevés téléphoniques de Soopramanien Kistnen pour la période de juin à octobre de cette année, soumis par Mauritius Telecom, comporte des éléments de suspense, d’autant que les premiers noms révélés en Cour de Moka concernent des Top Guns de Lakwizinn du Prime Minister’s Office, sans compter les numéros de téléphone du leader de l’Alliance Morisien, Pravind Jugnauth, alors que ceux du couple Sawmynaden ne devraient pas tarder à émerger dans les Court Records. Ensuite, les hommes de loi, menés par Mes Rama Valayden et Roshi Bhadain, agissant pro bono, notamment l’équipe Avengers, pour faire éclater la vérité, sont engagés dans une course-poursuite en vue de reconstituer le puzzle de ce vendredi 16 octobre où une voiture de couleur rouge comme pièce maîtresse, ayant été utilisée pour transporter Soopramanien Kistnen sous l’effet d’une forte dose de péthirine de La Louise avant de l’abandonner dans un champ de cannes incendié à Telfair.

Sans broncher, le surintendant de police, responsable de la Safe City Command à Ebène, le SP Vijay Kumar Dawon, qui a été vu à Moka en longue conversation avec le Senior Adviser on Security Matters au PMO et ancien commissaire de Prisons, Vinod Appadoo, est venu contredire le constable Abheeram du même département. Il a dit à la cour que les caméras de Safe City à La Louise, avec les archives des enregistrements sous le contrôle du Government Online Centre du ministère des TIC, n’étaient pas opérationnelles le vendredi 16 octobre. Pourtant, auparavant, le constable Abheeram, dépêché pour témoigner dans cette enquête judiciaire, avait déclaré que “the cameras were functional. But no footage available” pour ce jour.
De ce fait, la cour de Moka sera privée des détails critiques menant à ceux qui auraient potentiellement participé à l’élimination d’un agent politique devenu gênant, qui menaçait de tout dévoiler en termes de scandales sur des Emergency Procedures ou encore autour de l’organisation des votes lors des dernières élections générales. A ce stade, la police maintient qu’elle ne détient aucun enregistrement vidéo, que ce soit du Safe City Network ou autres à ce point névralgique de La Louise ou encore dans la région de Telfair pour comprendre ce qui s’était passé ce vendredi 16 octobre à partir 13h14 quand Soopramanien Kistnen était monté à bord d’un autobus se rendant à Beaux-Songes à partir de la magistrature de Rose-Hill. Et, ce jusqu’à ce que le corps calciné de la victime fut découvert le dimanche 18 octobre.
Toutefois, l’analyse des informations des émetteurs du réseau de téléphone cellulaire confirme que “during the material time”, l’agent du MSM de Quartier-Militaire/Moka (No 8) avait été répertorié dans les parages entre Intermart de Quatre-Bornes et La Louise, soit dans un rayon d’un kilomètre. Et ce jusqu’à 17h50 ce même vendredi.
Que s’est-il passé dans cette tranche horaire? Les hommes de loi de l’équipe Avengers déploient des moyens à leurs dispositions pour percer ce mystère. Un détail qui n’aura pas échappé à la perspicacité des membres de ce Legal Panel, est que le même Soopramanien Kistnen avait été identifié dans cette même zone de La Louise entre 16h et 18h30 le mercredi 14 octobre toujours dans sa démarche de se faire verser le montant de Rs 14 millions en guise de compensation pour les contrats manqués.
“A foul play cannot be excluded”
Des recoupements effectués par Week-End auprès de différentes sources indiquent que des témoignages et des Exhibits, que ce soit pour la fin de journée du mercredi 14 octobre ou pour le début de l’après-midi du vendredi 16 octobre, ont été consignés par l’équipe du tandem Valayden/Bhadain en vue de confondre au moment voulu le clan des “infirmiers avec leurs injections de péthidine”.
Toutefois, la partie ne s’annonce nullement facile pour les hommes de loi, qui ne sont pas les seuls sur la piste des indices. Des témoins potentiels avancent qu’ils ont été approchés, pour ne pas dire harcelés, par la partie adverse pour abandonner toute idée de venir de l’avant avec des détails en vue de l’assemblage de ce puzzle à multiples dimensions. Mais d’ici le 15 janvier, pour la reprise des auditions, les données dans un sens comme dans l’autre devront se confirmer, dissipant du même coup les derniers doutes.
Par contre, au chapitre de la certitude, le médecin légiste de la police, déposant en Cour en fin de semaine, est venu remettre les pendules à l’heure, prenant à contre-pied les enquêteurs du CID de Moka, qui auront tout fait, mais en vain, pour classer cette enquête comme un suicide. Le Dr Sunassee a été catégorique dans les conclusions de son examen post-mortem à plus d’un titre: “A foul play cannot be excluded.”
Les détails sont encore plus accablants en ce qui concerne la forte dose de péthidine relevée sur Soopramanien Kistnen lors de l’autopsie et les conséquences comateuses d’une telle injection. De ce fait, il a été quasi-impossible pour lui de faire le trajet seul de Quatre-Bornes à Telfair en fin de journée. Etant donné le dernier signal de son téléphone cellulaire relevé dans les parages d’Intermart de La-Louise vers les 17h50 et l’heure de l’incendie de ce champ de cannes de Telfair, soit au moment du bulletin Prime Time de la chaîne de télévision nationale entre 19h30 et 20h, l’agent du MSM du No 8 était sous le contrôle de plus d’un individu et à bord d’un véhicule (voir détails plus loin).
Avant d’arriver à la voiture rouge, qui hante l’enquête, mais qui a été ignorée par les enquêteurs du CID de Moka depuis le début de cette sinistre affaire, la magistrate du tribunal de Moka a lancé un pavé dans la mare. A la fin de l’audition du Dr Sunnassee, elle s’intéressera aux papiers se trouvant dans les poings serrés de la victime quand le corps calciné avait été retrouvé dans ce champ de cannes. Ce détail est visible dans les photographies des Scene of Crime Officers et constituant le dossier.

Phone Listings, un complément de première importance

A la surprise de la magistrate, le médecin légiste avouera ignorer l’existence de ces Exhibits, vu qu’il n’y avait aucun papier sur le cadavre à la morgue et encore moins dans le Casualty Bag utilisé par la police pour le transfert à la morgue. Encore un Missing Link à ajouter à cette déjà longue et préoccupante liste de manquements attribués à la police.
Face à ces carences des enquêteurs depuis le 18 octobre dernier, la Trump Card en vue d’établir tout le Backdrop de ce drame se résume aux échanges et messages entrant et sortant du téléphone cellulaire de Soopramanien Kistnen. Exécutant un Judge’s Order, Mauritius Telecom de Sherry Singh a déjà soumis à la cour une liste de ces relevés pour la période allant de juin à octobre, soit jusqu’à 14h50, l’heure à laquelle la victime avait téléphoné à son amie, Neha Motee.
Malheureusement,  à ce moment précis, ce vendredi 16, Neha Motee, très proche Soopramanien Kistnen, était occupée et n’était pas en mesure de s’entretenir avec ce dernier. Huit minutes plus tard, quand elle devait retourner l’appel, le compte de l’agent du MSM du No 8 était presque réglé ,puisque désormais personne ne répond plus à ce numéro.
En tout cas, la liste des relevés remise par Kiran Gokhool, de Mauritius Telecom, à la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath, sera passée au crible par les différentes parties en vue d’établir un Pattern et de confirmer l’identité des interlocuteurs attitrés de Soopramanien Kistnen au cours de la période susmentionnée. Déjà, les premiers noms qui émergent sont ceux du Premier ministre et leader du MSM, du Senior Adviser et Blue-Eyed Boy au Prime Minister’s Office, Ken Arian, de Bassoodeao Seetaram, un autre lieutenant politique de Pravind Jugnauth, un numéro attribué au commissaire des Prisons et aussi très proche du ministre Yogida Sawmynaden.
Ces Phone Listings se révéleront un complément de première importance en vue de valider les révélations de Khoomada Sawmynaden au sujet des contacts de Soopramanien Kistnen, le ministre Sawmynaden en particulier le mercredi 14 octobre où le Deal de Rs 14 millions aurait été conclu en vue de régler le différend sur les contrats non obtenus et aussi le 1er octobre qui concerne le rendez-vous avorté au Prime Minister’s Office. D’autre part, ce même témoin avait cité en cour et dans sa déposoition à Major Crime Investigation Team (MCIT) les noms de Vinay Appanay d’AV-Techno World et du beau-frère du directeur général de la State Trading Corporation, Jonathan Ramasami, et celui de Deepak Bonomally de Bo-Digital, en première ligne de l’Emergency Procurement Investigation.
Compte tenu de la trêve de fin d’année devant le tribunal de Moka, le suspense sera aiguisé en vue de la reprise du 15 janvier…

Rama Valayden :« Une première victoire : nou’nn kapav démontre ki li enn case Murder »

«  Il s’agit d’une première victoire, car nou’nn kapav tir enn Case Suicide pou démontre ki li enn case Murder  », a déclaré Rama Valayden, entouré de Mes Roshi Bhadain, Sanjeev Teeluckdharry, Anoup Goodary, Rouben Mooroongapillay, Cliff Grenade et Shahzaad Mungroo. Ils ajoutent que l’enquête continue malgré les critiques et l’ajournement des travaux, afin de faire la lumière sur ce « crime sanguinaire » tout en rappelant «  les dangers qui existent autour de ceux qui nous aident et que la seule façon d’éviter les problèmes est de s’exposer au public.»
Me Valayden a déclaré qu’il est «  inacceptable que quelqu’un lié à un crime sanguinaire puisse rester au Parlement. » Il a précisé que même si d’un accord commun personne n’a participé au Candlelight organisé à Moka par l’opposition, hier soir, les avocats du panel n’hésiteront pas à faire une grève de la faim pour que justice soit faite. Il a fourni deux nouvelles pistes qui sont, selon lui, liées à l’affaire Kistnen. Il soutient, photo à l’appui, qu’une voiture rouge a été retrouvée et qu’elle est actuellement entre les mains de casseurs, et que malgré le fait que la police et les enquêteurs aient été alertés, rien n’a été fait jusqu’à présent. « Nous, nous sommes les acteurs, les enquêteurs, eux, ils sont les menteurs et les malfaiteurs. Pourquoi la police n’a pas encore agi ? », a-t-il lancé à ceux qui, selon lui, tentent d’étouffer l’affaire. « Ils ne veulent pas trouver les coupables », a-t-il lancé.
D’autre part, les avocats pourraient reconstituer, avec l’aide d’une personne, toute la journée du 14 octobre de Soopramanien Kistnen. Un élément essentiel pour ces derniers qui sont persuadés de se rapprocher de plus en plus de la vérité. L’équipe Avengers, soit le surnom donné au panel d’avocats, lance ainsi un appel à la population pour les aider et les soutenir.
«Revey zot  !» a lancé Roshi Bhadain. « On communique avec la presse pour informer le public pour que ce dernier sache quelle mafia est en train de rouler le pays », a-t-il a dit. Il a dénoncé « tout un système qui opère. » Ses conclusions pour l’heure se résument à quatre niveaux : «Le premier niveau concerne ces proches du pouvoir, le deuxième ceux qui ont des connexions avec ces proches, le troisième les agents et chefs agents qui veulent eux aussi avoir une partie du pactole et le quatrième niveau c’est toutes ces personnes qui tuent. Pour lui, ce cas symbolise la pourriture de la société mauricienne. C’est tout un système qu’il faut changer. Tou politiciens mafia, nou pou tir zot kalson.»
Me Teeluckdharry a vertement critiqué les détracteurs du panel d’avocats, rappelant qu’il n’a aucune affiliation politique. Il s’est dit navré de la tournure des choses de l’enquête de la police qu’il a qualifiée d « kwi-vide ». «Comment un officier de la MCIT peut-il demander à monsieur Arian de dire que Kistnen était avec lui le jour du drame ? » s’est-il insurgé. Il s’est aussi interrogé sur la mort « suspecte  » de ce Procurement Officer ou encore de la jeune employée au bureau du Premier ministre. « On a affaire à une mafia politico-financée qui liquide des gens sur le point de dénoncer certaines choses », a-t-il dit.
Me Mooroongapillay a tiré à boulets rouges sur le ministre Joe Lesjongard. Reprenant les dires de ce dernier, il a ainsi trouvé « inacceptable et regrettable qu’un proche agent du MSM ait ainsi été traité, ou encore que la police ait fait un tel travail. » Toujours sur le ton de l’ironie, il a tenu à répondre à ses détracteurs et a déclaré que l’équipe des Avengers est avant tout « des avocats pour la vérité.»
Me Goodary a rappelé les raisons pour lesquelles ce panel d’avocats a voulu s’engager dans cette affaire. « C’est notre devoir envers la société, mais aussi pour servir le pays.»
Par ailleurs, Cliff Grenade a avancé que l’équipe Avengers a le soutien de la diaspora mauricienne et que dans les jours à venir, des rencontres auront lieu via Zoom avec des avocats d’autres pays qui leur donneront un coup de main dans cette affaire.
Shahzaad Mungroo a remercié la magistrate qui «  fait un travail formidable de même que le DPP.» Il a ainsi affirmé que ce n’est pas que pour la famille que cette équipe travaille d’arrache-pied, mais aussi pour le pays. « Et tous les jours, il y a des révélations et l’on se rapproche de la vérité.»  Constituency Clerk Fees : L’ICAC coincée entre la cour de Moka et la MCIT

l Les Casernes centrales prévoient d’entendre le ministre Sawmynaden sur le cas de Simla Kistnen suite à un ordre de la magistrate du tribunal de Moka

L’affaire d’emploi fictif, impliquant le ministre du Commerce, Yogida Sawmynaden, pourrait “take centre stage” avec la pause conjoncturelle de l’enquête judiciaire du tribunal de Moka. Pourtant, depuis le 8 décembre, l’Independent Commission Against Corruption est en présence d’une dénonciation formelle signée de la principale concernée, Shakuntala Kistnen, aussi connue sous le nom de Simla. Mais jusqu’à la fin de la semaine dernière, très peu d’indications ont transpiré par rapport à cette affaire du QG de l’ICAC au Réduit Triangle. Mais la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath affirme “meaning business” en ordonnant à la Major Crime Investigation Team de constituer un dossier à ce sujet.
Des indications sont que suite à cet ordre de la cour, la MCIT n’a eu d’autre choix que de prendre des dispositions nécessaires pour entendre Yogida Sawmynaden dès le début de cette semaine. Mais les Police Headquarters se gardaient jusqu’au week-end de confirmer officiellement ce rendez-vous du ministre dans les locaux de la MCIT. Toutefois, des sources bien renseignées reconnaissent l’urgence de la situation dans le cadre du déroulement de l’enquête judiciaire.
Ces mêmes sources ajoutent qu’il ne faudra pas attendre de décision spectaculaire dans cette affaire d’emploi fictif sous les National Assembly Regulations, car cet éventuel délit relèverait davantage de la compétence de l’ICAC que toute autre Law Enforcement Agency (LEA). La MCIT s’apprête tout simplement à consigner les explications du ministre avant de les transmettre au tribunal de Moka.
Du côté de l’équipe Avengers, même en cette période de fin d’année, l’on compte suivre de près l’évolution de cette affaire que ce soit à la MCIT ou à l’ICAC. L’on assure que cette investigation est des plus “Straightforward”. L’épouse de Soopramanien Kistnen maintient qu’elle n’a jamais exercé en tant que Constituency Clerk pour le compte du ministre Sawmynaden à Quartier-Militaire/Moka (No 8)
Pourtant, les Records des contributions au National Pensions Fund pour le compte de Shakuntala Kistnen de 1991 à 2020 indiquent un montant global de Rs 14634.13, avec la mention de Honourable Sawmynaden Yogida Reg No 1090062 et des contributions de Rs 7 986. Mais dans les rangs de l’équipe Avengers, l’on s’interroge sur le délai accumulé pour initier une enquête aussi simple d’emploi fictif sur la base de documents officiels disponibles au National Pensions Fund, à la Mauritius Revenue Authority et au secrétariat de l’Assemblée nationale et le tout sous les dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act.