• Depuis janvier dernier, le DPP informé par voie de lettre que «the police has closed its inquiry into the killing of Michaela Harte because no fresh evidence has been detected» provoquant la colère en Irlande
  • L’actuel commissaire des prisons montera cette semaine les 23 marches menant au QG du CCID pour répondre de sa décision dans l’affaire du passeport au trafiquant Mike Brasse en 2016

En cette fin d’année, Karl Mario Nobin, qui assure actuellement les fonctions contractuelles de commissaire des prisons, est rattrapé par son passage aux Casernes centrales en tant que commissaire de police. Ainsi, cette semaine, il doit forcément répondre à une convocation formelle du Central CID pour un further statement, selon toute probabilité under warning, au sujet de sa décision d’émettre un nouveau passeport en urgence en septembre 2016 au trafiquant de drogue Mike Brasse, qui devait se faire appréhender à lÎle de La Réunion lors d’une des plus importantes saisies de drogue dans cette partie de l’océan Indien. D’autre part, une décision entérinée peu avant son départ des Police Headquarters aux Lines Barracks en ce début d’année a failli donner lieu à un grave incident avec l’Office du Directeur des poursuites publiques au sujet du High Profile Case du meurtre de l’enseignante irlandaise, Michaela Harte, âgée de 27 ans, commise dans l’enceinte de l’ex-Legends de Grand-Gaube il y aura dix ans au début de janvier prochain. Ainsi, au début de cette année, avant d’évacuer le CP’s Office des Line Barracks pour s’installer en tant que commissaire des prisons, Karl Mario Nobin avait fermé le dossier d’enquête sur ce meurtre et deux employés d’hôtel déjà acquittés lors d’un retentissant procès aux assises en 2012. De par les procédures, il avait écrit officiellement au DPP pour souligner que faute de nouvelles preuves jusque-là, la police a pris la décision de classer cette affaire et qu’il ne pouvait y avoir de réouverture du procès, vu qu’il n’y a pas de nouveaux suspects.

Sauf que, semble-t-il, les responsables du Central CID et surtout le nouveau commissaire de police, Khemraj Servansing, n’auront pas été «briefed on the ins and outs» de cette affaire. L’impression qui planait est que le meurtre de Micheala Harte, venue à Maurice pour sa lune de miel ,était «still on», probablement somme toute «in abeyance». Mais l’incident a surgi quand la presse irlandaise de la semaine écoulée a fait état d’une déclaration de Me Mehdi Manrakhan du DPP’s Office confirmant que le dossier était clos.
«We have been informed by the commissioner of police that the police has closed its inquiry into the killing of Michaela Harte because no fresh evidence has been detected by the new inquiry which could have warranted a reopening or retrial of the case before a jury», a déclaré Me Manrakhan à la presse, les Casernes centrales ne partageant pas officiellement cette conclusion.

Toutefois, lors des échanges entre les Police Headquarters et l’Office du DPP, la correspondance officielle signée de Karl Mario Nobin en tant que commissaire de police mettant fin à cette enquête devait mettre les deux parties d’accord au sujet de cette confusion. Par contre, du côté des Irlandais, la colère et la déception étaient à leur comble, vu que «hopes of a breakthrough in the case were raised during the summer (August) when it emerged that a new team of investigators was looking at the circumstances of the 27-year-old teacher’s death as part of renewed efforts to bring her killer or killers to justice».

Mais ce n’était que de la poudre aux yeux en dépit des interventions politiques à très haut niveau, dont entre celles du Deputy First Minister d’Irlande, Michelle O’Neil, et du chef de la diplomatie Simon Coveney «regarding an update into the investigation of the murder of Michaela, letters have been sent to the government of Mauritius». De son côté, John McAreavey, l’époux de Michaela Harte, ne compte nullement rester les bras croisés devant cette absence cruelle de justice pour son épouse assassinée dans sa chambre d’hôtel au lendemain de leur arrivée à Maurice.

«Monn dir li vinn laba (PIO). Fer li gagn so paspor»

D’autre part, Karl Mario Nobin se retrouvera dans l’inconfortable position d’avoir à grimper les 23 marches menant aux bureaux du Central CID pour son interrogatoire dans l’affaire du nouveau passeport octroyé de manière expresse à Mike Brase, un trafiquant de Grand-Baie. Vu qu’il a été convoqué suite à une décision du DPP pour une «further inquiry », après analyses des éléments versés dans le dossier à charge de cette enquête, il va devoir, selon toute probabilité, répondre à des questions under warning cette semaine. C’est ce qu’indiquent des sources autorisées aux Casernes centrales.

Ce scandale de passeport hante Karl Mario Nobin depuis ces cinq dernières années, même si l’ancien ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, était monté en première ligne pour défendre le commissaire de police à l’Assemblée nationale sur cette question. Des recoupements effectués auprès de sources concordantes font comprendre qu’il devra fournir des explications quant aux directives données au Passport and Immigration Office (PIO) avec notamment «monn dir li vinn laba (PIO). Fer li gagn so paspor». Cet ordre avait été adressé à l’assistant-surintendant de police Narendra Kumar Boodram responsable du PIO en septembre 2016. Cette injonction est en contradiction avec le CP’s Circular No 11/2012 du 23 avril 2012 imposant des limitations à la police en ce qui concerne les cas de «lost or stolen passport».

L’ASP Boodram devait faire état d’appels téléphoniques en provenance du bureau de commissaire de police sur son cellulaire au sujet de cette affaire. Lors de l’enquête, il a ajouté que l’ACP Domah, alors responsable de la Northern Division en 2016, avait préparé un «rapport positif» sur le skipper Brasse pour soutenir la démarche du CP d’alors.
Par voie d’une correspondance officielle, l’ACP Domah avait informé le CP que le dénommé Mike Brasse avait, en août 2016, rapporté à la police de Grand-Baie la perte de son passeport sur le trajet entre le Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport et son domicile à Camp L’Amour, Grand-Baie. «Complainant urgently needs to travel to Réunion Island on 16/09/16 to bring back his speed-boat PC 4713 – OL – 17 – Ilot Gabriel, which is actually under repair», avait-il indiqué.

Les Written Instructions du 13 septembre 2016 du CP auraient fait état «for necessary actions as per established protocol» et le lendemain, le 14 septembre, le dénommé Mike Brasse avait débarqué au PIO pour les démarches afin d’obtenir ce document. Dans ces circonstances, le PIO avait remis un «restricted passport» à Mike Brasse le 17 septembre 2017 et ce dernier est parti à l’île de La Réunion le même jour.

Mike Brasse avait été arrêté à La Réunion en novembre 2016 pour trafic de 42 kg d’héroïne. Il devait prendre possession de l’embarcation l’îlot Gabriel, en réparation à l’île soeur pour revenir à Maurice, alors que de la drogue avait été découverte à bord.
Par contre, l’ASP Boodram avait été muté à la Southern Division alors que l’enquête du CCID battait son plein l’année dernière. Le cellulaire sur lequel il avait reçu l’appel du bureau du CP, avait été repris, n’étant plus l’Officer-in-Charge du PIO. Il est retourné à son ancien poste peu après l’arrivée du nouveau CP Khemraj Servansingh.