Le monde est en train de suivre un spectacle que même Georges Orwell, pourtant visionnaire reconnu, n’aurait osé imaginer. Ce monde, qui se targue d’avoir fait en quelques années plus de progrès technologiques qu’en plusieurs siècles, est en train de régresser ou, carrément, de s’infantiliser. Avec le dirigeant du pays le plus puissant de la planète qui a adopté une posture d’enfant gâté qui se venge méchamment et avec application quand il n’arrive pas à obtenir ce qu’il veut. Ces dernières semaines ont montré une augmentation marquée de la capacité de Donald Trump de dire tout et son contraire avec son désir d’augmenter la superficie des États Unis par des annexions territoriales. Il l’avait déjà mentionné en parlant du canal du Panama, du Canada, du Mexique, de Cuba, mais il a dépassé le niveau des intentions en armant Israël pour chasser les habitants de Gaza, afin que ses amis promoteurs immobiliers puissent transformer la bande de terre qui logeait plus de deux millions d’habitants en une riviera pour riches américains. Au Vénézuela, par contre, il n’a pas cherché à annexer un nouveau territoire, mais le contenu de son sous-sol : le pétrole qu’il a confisqué sous prétexte qu’il était destiné à financer des terroristes ou des barons de la drogue. Et puis, il a repris son rêve d’agrandissement du territoire américain en ciblant le Groenland. Officiellement pour le défendre des Russes et des Chinois, mais de plus en plus clairement pour l’annexer pour en faire la 51ème étoile au drapeau américain.
Et le monde médusé assiste au cirque de Donald Trump qui multiplie les déclarations et les initiatives, tantôt lors de conférences internationales, plus souvent en les faisant depuis la Maison Blanche, le plus souvent entourés d’enfants dont on se demande ce qu’ils font là . C’est devant des enfants qu’il a accusé une élue démocrate d’origine somalienne d’avoir épousé son propre frère et a sommé tous les Somaliens de quitter les États Unis. Ce qui était une vengeance personnelle contre la ville de Minneapolis, où a été élue la députée d’origine somalienne, parce que selon le locataire de la Maison Blanche c’est dans cette ville qu’a été tué George Floyd par la police. Une mort qui donne naissance au mouvement Black Lives Matter qui aurait fait Trump perdre les élections de 2021. La vengeance, les mesures de rétorsion et les menaces font partie de la manière de vivre de Trump. Le Premier ministre britannique a le culot de ne pas le soutenir dans sa tentative d’annexer le Groenland ? Qu’à cela ne tienne, Donald Trump dénonce l’accord entre la Grande-Bretagne et Maurice sur les Chagos qu’il avait pourtant soutenu. Ainsi va le spectacle du monde dont l’acteur principal est un Président qui change d’avis comme une girouette. À moins que ce retournement de veste et ces changements d’opinion perpétuels ne soient, en fait, une stratégie pour décontenancer ses interlocuteurs…
Mais ce qui est plus sidérant dans ce spectacle, c’est l’attitude de ceux qui entourent Donald Trump qui le laissent dire, se dédire, s’engager et se désengager sur tous les sujets, des plus importants aux plus futiles. Comment ces conseillers formés, et souvent hautement qualifiés, peuvent le laisser se ridiculiser – en ridiculisant le pays qu’il préside – en se lançant dans des déclarations, qui sont souvent des attaques ou des insultes, contre ceux qui ne sont pas de son avis ou qui osent le contredire ? On s’est souvent moqué, dans le passé, des dictateurs africains, d’Amérique latine, bref, de ces pays du tiers monde que l’on disait sans manières, sans culture, et dont le comportement avait valu à leurs pays une réputation de républiques bananière. Ce qu’ils faisaient et disaient étaient des farces puériles comparées à ce que Donald Trump se permet de dire et de faire, entouré de ses conseillers obéissants, pour ne pas dire serviles ! Est-ce qu’ils ne se rendent pas compte qu’en laissant leur Président déblatérer, qu’en le laissant se comporter comme le gendarme qui joue au braconnier, au lieu de réaliser son slogan « make America great again », ils sont en train de couper les États-Unis du reste du monde ? La question qui doit se poser est la suivante : jusqu’à quand le monde tolérera la méthode Trump ?
Jean-Claude Antoine
PS : Au risque de faire hurler tous les militants – vrais ou faux – du MMM. Est-ce que l’attitude des membres de la direction mauve écoutant, avec un petit sourire, tout ce que dit leur leader, lors de ses conférences de presse, ne vous fait pas penser, toutes proportions gardées, aux conseillers entourant béatement Donald Trump, lors de ses déclarations dans le bureau ovale ?
Humeur : Jusqu’à quand ?
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