Depuis plus d’un mois maintenant, on parle de guerre déclarée à l’Iran par le président des États-Unis et le Premier ministre d’Israël en comptabilisant les frappes de leurs armées, le nombre de bombes lâchées, celui des bâtiments et infrastructures détruits, en affirmant qu’ils ont déjà gagné la guerre, tout en continuant à la faire. Ces comptes d’apothicaire ne sont établis que d’une seule source : celle des déclencheurs de guerre. Ce qu’ils ne disent pas, puisque cela ne semble pas les concerner — et c’est sans doute le cas —, c’est le nombre de civils iraniens victimes de ce déluge de bombes qui tombe sur leur pays. Mais il n’y a pas que Trump ou Netanyahu à ne pas se préoccuper du sort de ces centaines de civils iraniens qui payent de leurs vies et de celle de leurs enfants, l’objectif déclaré des responsables américains et israéliens d’anéantir leur pays. Anéantir. Un terme utilisé par le Premier ministre israélien à propos de Gaza et repris par le président américain à propos de l’Iran. Comme dit le proverbe, qui se ressemble s’assemble. Tous les dirigeants du monde, en particulier les Occidentaux qui se disent démocrates, ont leurs yeux braqués sur le détroit d’Ormuz, bloqué avec leurs pétroliers et gaziers chargés du gaz et du pétrole dont ils ont besoin. Et dont l’augmentation des prix de vente est en train de faire chuter leur popularité. Dans un éclair de lucidité, le président français avait déclaré fort justement, à propos du génocide de Gaza, « une vie vaut une vie ». Aujourd’hui, avec les autres dirigeants du monde prêts à monter une armée internationale pour « défendre » le détroit d’Ormuz et « libérer » leurs cargaisons de gaz et de pétrole, ils semblent penser qu’un baril de pétrole vaut plus que des vies iraniennes. Voilà où cette guerre a mené : un baril de pétrole vaut plus que des vies ! Et l’on s’étonnera que les habitants des pays du Sud s’éloignent de plus en plus de ceux du Nord, capables de laisser la coalition américano-israélienne « anéantir » l’Iran. Alors que cette guerre était supposée « libérer » le monde de la menace que représentait l’Iran, elle a eu pour conséquence de paralyser économiquement l’ensemble de la planète avec la fermeture du détroit d’Ormuz. Donald Trump « libérateur» autoproclamé du monde l’a en fait enfermé dans un piège économique dont les conséquences se feront longtemps sentir.
Malgré les bombardements intensifs, malgré les assassinats de ses dirigeants, malgré les déclarations triomphalistes selon lesquelles son armée aurait été détruite, décimée et ses chefs décapités, non seulement l’Iran résiste, mais il riposte, attaque et atteint des objectifs malgré les dômes de fer supposément impénétrables. Il parvient même à toucher des avions et des navires de l’armée la plus puissante du monde, comme ne cesse de le dire son dirigeant. Qui est toujours candidat au Prix Nobel de la Paix, alors qu’il ne cesse de déclarer des guerres qu’il ne parvient pas à gagner. Il avait donné l’assurance que la dernière ne durerait que quelques jours, alors qu’elle fait rage depuis plus d’un mois. Au vu des résultats négatifs de son action en Iran, on pensait qu’il avait fini par se rendre compte qu’il s’était engagé dans un bourbier et que la meilleure façon de s’en sortir était de proclamer un cessez-le-feu. C’est ce qu’on attendait de son intervention destinée aux Américains — et au reste du monde — annoncé et vendu comme devant un des grands discours de l’histoire américaine. Il fut, comme tous les précédents : grandiloquent, sans queue ni tête, avec une bonne partie consacrée à s’autocongratuler, à se proclamer le meilleur président de l’histoire des États-Unis. Bref, du Trump ordinaire. Sur la guerre qu’il a déclenchée et qu’il est sur le point de perdre, il a assuré qu’il l’avait déjà gagnée, mais qu’il allait quand même la poursuivre pendant deux semaines encore.
Combien de temps encore les Américains vont laisser leur président mettre leur pays au ban du reste du monde ?
Jean-Claude Antoine
PS : La suite du feuilleton du MMM, dans lequel les protagonistes passent leur temps à expliquer, avec force détails, pourquoi l’un est parti et les autres sont restés, commence à lasser. D’autant que, comme dans les divorces, les uns et les autres ressassent de façon répétitive ce qu’ils qualifient de manquements et de trahisons ayant mené à la séparation. En l’absence de nouveaux éléments pour faire rebondir l’intrigue, la meilleure chose est de zapper le feuilleton.
Humeur : Le prix d’un baril de pétrole
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