Ancien séminariste et cadre issu du monde corporate, Joël Samy est le nouveau directeur exécutif de l’ONG PILS (Prévention Information Lutte contre le Sida). Depuis sa prise de fonction en janvier de cette année, il a effectué sa première sortie médiatique mercredi dernier, pour alerter sur l’incertitude financière qui pèse sur l’organisation. Joël Samy s’impose déjà comme une figure appelée à devenir familière dans le paysage associatif, de la prévention et de la santé sexuelle à Maurice. Cependant, comme il le fait ressortir dans l’entretien qu’il nous a accordé pour mieux le découvrir, sa mission sera de renforcer la professionnalisation d’une ONG unique en son genre. Il se confie aussi sur sa transition de l’univers de la fintech à celui du monde associatif.
Nos lecteurs vous découvrent. Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 40 ans. J’étais destiné à devenir prêtre après le Higher School Certificate. Mais je suis rentré au pays après deux ans de séminaire à Nantes. À mon retour, j’ai été recruté par une entreprise spécialisée dans la fintech, qui développe des logiciels et des solutions pour des compagnies aériennes internationales de renom, basée à Ébène. J’y ai travaillé pendant 15 ans, dont les dix dernières années en tant qu’Operations Manager, après avoir débuté comme accounting officer. Le fait d’avoir occupé différentes fonctions au sein de cette entreprise m’a permis de développer de nombreuses compétences, notamment en leadership et en management.
Pourquoi avez-vous abandonné le séminaire ?
Le séminaire est un cheminement, un discernement. J’avais complété le premier cycle, axé sur la philosophie. Après cette première étape, j’ai pris conscience que cette voie ne m’était pas destinée, bien que l’envie de m’engager dans le social ou le secteur éducatif soit toujours présente. À mon retour en 2010, j’avais décidé de trouver une activité professionnelle correspondant à cette aspiration. Cela ne s’est pas fait. Je me suis finalement retrouvé dans cette entreprise, à laquelle j’avais exprimé ma fibre sociale lors de mon entretien. On m’avait alors demandé de rester au moins deux ans… et, au final, j’y suis resté quinze ans !

