Le beau-frère

–Tu as vu ça toi ?
— Qu’est-ce que je suis supposé avoir vu comme ça ?
–On a arrêté le beau-frère, toi!
–Le beau-frère de qui ?
–Mais le beau frère de l’ex-PM, enfin ! Il a passé une nuit au cachot toi.
–Ne me dis pas que ton coeur fait mal à cause ça ?!
–Non, mais c’est quand même le beau frère de l’ancien PM, toi.
— Tu crois que parce que le PM a épousé sa sœur, il devrait avoir droit à un traitement de faveur ?
— Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit ! J’ai pas dit traitement de faveur, mais tout de même, toi.
–Tout de même quoi !? Je ne me rappelle pas que ça t’avait offensé quand on avait mis Ramgoolam en prison. C’était quand même un ex-PM, non ?
–Oui mais dans le cas de Ramgoolam on avait trouvé des millions dans ses coffre-forts.
–Mais le beau-frère aussi c’est un coffre-fort qui l’a mené là où il est aujourd’hui.

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–Ca je ne savais pas. Expliques-moi un coup ce qui s’est passé.
–Tu sais au moins que la FCC avait arrêté le fameux Sattar, un des très proches de l’ancien Premier ministre ?
–Ca je sais. On avait fouillé dans son bureau où on…je vois maintenant ce que tu veux dire… où on avait découvert des documents et un coffre-fort !
–Voilà ! Et c’est là qu’on a découvert des dossiers comme quoi le beau frère de l’ex-PM avait eu des millions du MIC.
–C’est pour ça qu’on l’a arrêté ? Il y a eu des dizaines de personnes et de compagnies qui ont eu des millions de la MIC.
–Il paraît qu’il y avait quelque chose de louche dans la manière dont il a eu cet argent-la. Son hôtel Maradiva était couvert de dettes et malgré ça, il a eu un emprunt de plusieurs centaines de millions de roupies. C’est à cause de ça même qu’on l’a arrêté.
— Je vois. Mais franchement te dire il y a une affaire que je ne comprends pas dans tout ça.
— Quelle affaire encore ?
–Tu m’as bien dit qu’on a arrêté le beau-frère de l’ex-PM parce qu’on avait découvert ses dossiers dans le bureau du fameux Sattar ?
–Oui. D’après ce que je comprends, le beau-frère était depuis longtemps dans le viseur de la FCC. Mais c’est la perquisition chez le fameux Sattar qui a tout déclenché.
— Ca j’avais bien compris. Mais moi je me pose deux questions ?
— Quelle est la première ?
— Qu’est-ce que le dossier de l’emprunt du beau-frère faisait chez le fameux Sattar ?
— C’est une bonne question. Selon certaines sources, il avait chez lui les dossiers des prêts toxiques de certains emprunts de VVIP fait dans les banques.
— Il avait le droit d’avoir ces dossiers chez lui ?
— D’après l’ordre non. Mais tu sais aussi bien que moi qu’entre les principes et la pratique il y a beaucoup de casse-contours et de chemins coupés !
–On dirait que dans le cas du fameux Sattar il n’y a eu que ça !
— Il paraît qu’il y avait pas mal de spécialistes dans les casse-contours financiers dans l’ancien gouvernement et ses proches. Quelle est ta deuxième question ?
— Pourquoi est-ce que le fameux Sattar a gardé tous ces dossiers chez lui au lieu de les faire disparaitre, en les brûlant, par exemple ?
— On me dit qu’il a été tellement protégé par l’ex-PM qu’il a cru qu’il était devenu un intouchable à vie. Que jamais on n’oserait l’arrêter et venir faire une fouille chez lui.
— Il a dû avoir un choc quand on l’a arrêté !
— Et comment ! Il a eu un malaise et a dû être transporté d’urgence dans une clinique puis à l’hôpital.
— Dis-moi un coup : ces malaises médicaux la, c’est pas un truc pour éviter d’aller en prison ?
— Normal toi. Tu sais que depuis son arrestation le non moins fameux Mamy a passé plus de trente jours à l’hôpital ou en clinique ! Un magistrat a trouvé que les explications d’un des docteurs de Mamy était contradictoire avec les certificats qu’il a signé et a envoyé Mamy à la prison de Melrose.
— Bien fait ! Tu sais que le Pm est allé soutenir son beau-frère en cour ?
— On ne dit que maintenant au MSM ils ont formé un comité de soutien pour aller en cour tellement il y a des membres et des proches du parti orange qui sont convoqués à la FCC.
— Pravind a dit que l’arrestation de son beau-frère était une arrestation politique et que les officiers ont reçu l’ordre depuis là-haut de faire des arrestations, même s’il n’y a pas de preuve.
— Il sait de quoi il parle !
— Pourquoi tu dis ça ?
— N’oublies pas le nombre d’arrestations sous des charges provisoires qu’il y a eu quand il était Premier ministre. A l’époque aussi on disait que les policiers avaient reçu l’ordre des arrestations même s’il n’y avait pas de preuves. Si j’avais l’occasion de le voir tu sais ce que je lui dirais ?
— Ayo, toi avec ta langue fitée là…qu’est-ce que tu lui dirais ?
–Un proverbe pour commencer : batté rendé pa fer di mal ! Et puis qu’il prépare bien sa déclaration pour quand la présidente du conseil d’administration de l’hôtel Maradiva sera convoquée et peut être même arrêtée !
— C’est qui la présidente de Maradiva ?
— C’est la femme de l’ex-PM, toi. La non moins fameuse Kobita !
JCA

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