Si les professionnels des courses et les turfistes étaient dans le flou total par rapport au coup d’envoi de la saison 2021, initialement prévu le 20 mars et suspendu suite au bras de fer qui oppose le Mauritius Turf Club à la Gaming Regulatory Autority, qui lui refuse toujours d’accorder une licence, on a aujourd’hui plus de perspective sur ces échanges. En effet, suite au communiqué émis lundi dernier par le gouvernement autorisant la tenue des courses hippiques in camera à partir du 1er avril, et ce, jusqu’à nouvel ordre, la GRA se retrouve dos au mur, puisqu’elle sera contrainte de se soumettre à cette
décision politique en délivrant bientôt le précieux document au MTCSL.
Ceux qui pensaient acculer le président du Mauritius Turf Club Sports and Leisure (MTCSL) se retrouvent désormais face à un Jean-Michel Giraud plus motivé que jamais. Il a d’ailleurs déclaré haut et fort, lors de la conférence de presse de mercredi au siège du club : « Personne ne me fera taire. » Il était entouré des administrateurs Paul France Tennant, Denis Doger de Spéville, Anoop Madhow, Nicolas Carosin, du CEO Mike Rishworth, du Chief Stipe Stephane de Chalain, du Financial and Administrative Jérôme Tuckmansing et de son responsable de communication, Shan Ip, alors que Kamal Taposeea a encore brillé par son absence.
Il est un secret de Polichinelle que depuis l’élection de Jean-Michel Giraud et de son colistier Denis Doger de Spéville le 5 mars dernier, les relations entre la GRA et le MTC se sont rapidement détériorées, comme en témoignent les récents échanges de courriels entre les deux parties. Pourtant, dès que le nouveau board a été constitué, une rencontre avait été sollicitée par le MTCSL pour établir un calendrier de travail avec la GRA, mais sans succès. Cette dernière refusant ce contact.
Pour l’instance régulatrice des paris, l’accent est mis sur le devoir du MTCSL de se soumettre aux exigences des lois de la Companies Act qui le régissent désormais. Si Jean-Michel Giraud n’est pas contre le principe, malgré les complications administratives que cela comporte, il trouve injuste que le MTCSL soit contraint de fonctionner comme une compagnie publique, alors que les bookmakers sont autorisés à opérer comme compagnies privées.
« La raison qu’on nous a donnée, afin d’être en conformité avec la loi sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. S’il y a une compagnie à Maurice qui ne peut pas être accusée de tels actes, c’est bien le MTCSL. L’essentiel de nos revenus vient des opérateurs des paris et le quantum que nous percevons sur leur chiffre d’affaires, qui est déclaré à la MRA, est défini par la GRA. Les autorités gouvernementales ont le contrôle presque absolu sur nos sources de revenus. Par contre, les opérateurs de paris, et je parle là des bookmakers, peuvent fonctionner comme une compagnie privée. Ils ont beaucoup moins de contraintes au niveau administratif et sont soumis à moins de contrôle. Le MTC ne peut pas faire du money laundering. En revanche, les bookmakers ont la possibilité de le faire, car ils sont engagés directement dans le gambling», a déclaré le président du MTC.
La présence de l’ex-chief executive de la GRA, Chhayan Ringadoo, sur la liste des directeurs, a été décriée, car selon la GRA, il pourrait y avoir conflits d’intérêts ou/et violation de confidentialité par rapport à son ancien poste. L’aspect juridique de cette position est contestée par la principale concernée, alors qu’au MTCSL, on est « absolument certain que Mme Ringadoo a tous les droits et toutes les compétences pour être sur le board». Mme Ringadoo a également été qualifiée de Politicaly Exposed Person (PEP) sous le Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Regulations 2018, tout comme l’est classé Jean-Michel Giraud également, selon la GRA. Si cela est avéré, il ne pourra obtenir un Personal Management Licence (PML), un document indispensable afin que tout individu puisse siéger sur le conseil d’administration du MTCSL.
Selon le président du Mauritius Turf Club, il ne peut absolument pas être catégorisé comme tel. «Tout le monde sait que ne suis pas une PEP. Je pense que la GRA est mal informée à ce sujet. En revanche, je ne suis pas certain que tout le monde à la GRA ne soit pas des PEP. Ce n’est pas parce que j’ai rencontré beaucoup d’hommes politiques quand je dirigeai une grosse compagnie que cela fait de moi une PEP. J’ai ma propre opinion politique tout, comme vous avez la vôtre. Je comprends que mon élection ici ne fait pas plaisir à certaines personnes qui cherchent toutes sortes de moyens pour me faire taire, mais je peux vous dire que ce ne sera pas le cas», a-t-il déclaré.