Quelle chaleur ?

Une expression incontournable en cette période de canicule. Pour ne pas dire d’extrême canicule alors que la fin de l’été n’est pas pour demain. Les signes de cette chaleur se manifestent de différentes manières. L’une d’elles, indépendamment des conséquences individuelles, se lit au tableau de bord du Central Electricity Board.

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La demande d’énergie électrique, avec le recours aux climatiseurs, n’étant plus un élément de luxe dans le circuit domestique, ou encore aux ventilateurs, pour le confort personnel, exerce de fortes pressions sur la capacité de génération. Déjà vendredi, le CEB avait enregistré une pointe de 560 MW à 19 h 30, soit à quelques poussières comparativement au record de 569,7 MW à pareille époque l’année dernière. L’alerte jaune a été déclenchée.

Avec la mise en place de ce système d’alerte, le CEB se veut au mieux d’encourager un usage plus responsable de l’électricité et de garantir la stabilité du Grid national lors des Peak Periods. Ou au pire encore, de préparer ses abonnés à des mesures plus drastiques en matière de fourniture d’électricité.

Certes, il y a eu l’avertissement à la population. Ce qui devrait être plus intéressant encore serait de savoir comment ont réagi les ménages à l’alerte jaune de vendredi soir. Les simples gestes recommandés dans le système d’alerte ont-ils été suivis, avec des modulations dans la demande dans la soirée de vendredi et subséquemment.

D’autant plus que dans la conjoncture, les clignotants du CEB se compliquent avec des circonstances hors de tout contrôle, du fait que l’un des Independent Power Producers (IPPs), dont une capacité de 37 MW, est hors circuit depuis mercredi. Samem ki apel dan bez ki ena bez.

En tout cas, la conjugaison des effets du changement climatique, un phénomène qui colle à la peau, et des carences institutionnelles, a donné des sueurs froides non seulement à la population mais aussi aux Top Guns du CEB. Ils ont eu très chaud.

Néanmoins, la forte chaleur n’est pas l’apanage du secteur énergétique. Deor koltar pe fonn anba lipie. Pour diverses raisons, la route se transforme presque en fournaise. Le patron politique de ce secteur économique névralgique multiplie les initiatives, dont la réintroduction du permis à points, pour calmer les ardeurs des usagers de la route, invariablement que ce soit les aguerris au volant ou encore les plus jeunes des piétons.

Mais les proches des victimes d’accidents fatals demeurent inconsolables devant ces drames insensés rapportés presque au quotidien. Cette expression moralisatrice, One Death is too Many, semble être tombée depuis longtemps dans l’oreille d’un sourd. La démarche avec pour objectif de Spare the rod, spoil the child prendra son temps pour des résultats tangibles et probants sur la route.

En parallèle, la température ne fait que monter dans le réseau du transport en commun. Conscientes des lacunes et manquements dans le service, gratuit ou payant, offert au public-voyageur, les autorités ne cessent de s’époumoner avec la formule dite magique du GPS dans les bus, assurant un meilleur taux de satisfaction ou encore un meilleur contrôle.

En ce début d’année scolaire, la récente poussée de température parmi les élèves à la sortie des classes, las d’attendre ce bus, qui passera à l’arrêt déjà rempli comme une boîte de sardines, est révélatrice de l’extrême forte pression prévalant dans le système de transport en commun. Cette forte chaleur ne se ressent pas qu’aux heures de pointe à la fin de la journée scolaire. Mais aussi à la fin de la journée de travail, soit à l’heure de la fermeture des bureaux.

L’offre des places dans les autobus est en inadéquation totale avec l’attente des passagers aux heures de pointe du matin et de la fin de la journée. À la mi-journée, avec une demande potentiellement réduite, la flotte de bus exploitée laisse le public sur sa soif. Tout cela pour nullement justifier des dérapages en tous genres avec des employés, dépouillés d’un minimum de tact pour faire face à l’impatience exacerbée du public, puni par une longue attente à l’arrêt.

Maurice peut se vanter d’être un modèle dans le domaine du transport par bus pour les voisins des Seychelles. Mais pour celui qui doit subir le calvaire à l’arrêt matin, midi et soir, ce n’est pas si évident. Au QG de la National Land Transport Authority ou encore aux Casernes Centrales, il est temps de prendre conscience que se contenter des opérations Panadol n’est nullement efficace pour contrer cette forte chaleur lor koltar.

Par contre, une ambiance contraire à la forte chaleur sur le plan énergétique ou celui du social est-elle envisageable par rapport au développement dans le dossier de la restitution de la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos ? La question pertinente qui se pose dans cette affaire relevant de la Realpolitik de l’océan Indien, suite aux revirements de ces derniers mois, est de savoir si la partie américaine est aussi imprévisible que le temps, alternant sueurs de fortes chaleurs et grelottements politiques au plus fort de la Guerre froide.

Des relevés de températures devront être consignés au cours de la prochaine quinzaine, le temps que la démagogie éloquente, mais gratuite, des conservateurs anglais ne s’ajoute à la forte chaleur des prochains débats à la House of Lords sur The Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill à l’agenda de la Mother of Parliaments, sept mois déjà à la fin de cette semaine.

Vremem pe fer so !

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