Révélé par un titre de champion de France de slam à l’âge de 17 ans avec ses amis collégiens du Palma SSS en 2011, Fabien Raffaut carbure désormais à la pyrogravure sur palette. Une activité qu’il pratique en parallèle avec son travail d’enseignant d’éducation physique et qui lui confère cette créativité et une paix intérieure nécessaires à son épanouissement. Nous sommes allés à sa rencontre à Cité La Ferme à Bambous où il transforme le bois de palettes en œuvres d’art.

Né à Cité La Ferme qu’il porte haut dans le cœur, Fabien Raffaut, 26 ans, est une âme créative qui a besoin de l’art pour s’épanouir. Après le slam et la poésie qui l’ont révélé au il y a presque 10 ans, il est passé à la pyrogravure sur palettes après avoir touché à la ravanne et d’autres disciplines. “La pyrogravure est une activité qui me permet de m’évader. M’y consacrer pendant une ou deux heures me fait énormément de bien. Ça me permet de réfléchir sur ma vie, cela m’aide à me concentrer.” Par contre, il souhaite avoir une certaine liberté. “J’essaye de gérer, de mener la course. Je ne veux pas être contrôlé, je ne veux pas que ma passion devienne un fardeau avec des échéances réguliers.”

Fer à souder modifié.

Sa chambre, qui est aussi son atelier, regorge d’outils et de morceaux de bois provenant de palettes qu’il récupère pour les transformer en œuvres d’art. Son outil de prédilection : un fer à souder dont la tige a été recourbée pour mieux se prêter à la pyrogravure. Une initiative de son mentor avec qui il a suivi des cours à la SMEDA il y a quelques années. “Au début ça ne marchait pas, je me disais qu’il fallait une machine professionnelle. Mais, petit à petit, j’apprenais comment travailler le bois. Je reproduisais des dessins pris d’internet sur les palettes.”

Au début, c’est à la sculpture qu’il s’adonnait au SMEDA. “Je n’ai pas trouvé que j’avais un réel talent pour ça, je prenais trop de temps. C’est alors que mon mentor m’a conseillé de travailler avec des palettes.”

Depuis lors, il grave des dessins, des citations et autres sur le bois avec e fer chaud. Il laisse parler la matière vivante qu’est le bois à l’aide de son fer. Le plaisir qu’il retire de cette activité est immense. Le sourire envahi son visage alors qu’il regarde une de ses œuvres. “J’adore faire cela. Ça n’a pas de forme dans un premier temps, ça ne veut rien dire. Ce n’est qu’après que ça prend forme. J’aime comment le bois est brûlé, c’est marron et noir. Je trouve ça très beau.”

Le dimanche, à l’initiative de son père qui lui est d’une grande aide, il casse et travaille le bois des palettes. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’a conseillé d’utiliser des visses pour créer ces tableaux au lieu des clous qui posaient quelques problèmes. Fabien tient d’ailleurs absolument à le remercier ainsi que sa mère, sa sœur et ses collègues de travail pour leur soutien. “Mes parents et ma sœur me soutiennent beaucoup tout comme mes collègues qui auront toujours un avis tranché. Quand c’est moche, elles ne me préserveront pas, elles me le diront et ça permet de m’améliorer.”

Joindre l’utile à l’agréable.

La chambre de Fabien fait également office de vitrine, révélant ses travaux. Quelques œuvres d’art sont déjà prêtes comme la gravure de Bob Marley qui fait également office de réveil. “Ce tableau est un bon exemple de ce que j’essaye de faire dans la mesure où elle est à la fois décorative et utile. C’est ce que les gens recherchent. C’est pour cela que je propose souvent aux clients des horloges. C’est ce que j’ai trouvé de mieux comme compromis entre un objet décoratif et utile.” D’autres sont en cour de confection.
Cette passion récemment née, semblait sommeiller en lui. Depuis tout jeune, Fabien Raffaut adorait manipuler le bois mais ne s’en était pas réellement rendu compte. “J’ai eu l’occasion de camper quand j’étais aux scouts. Nous devions faire des gadgets, des tables, des porte-serviettes, en somme manier le bois. C’est pour ça peut-être que j’aime travailler le bois.”

En parallèle à la pyrogravure, qui lui permet d’arrondir les fins de mois, Fabien Raffaut exerce comme enseignant d’éducation physique à l’École familiale de l’Ouest. Sportif pendant ses années de collège, il a souhaité faire de cette passion son métier. “J’ai fais du sport tout au long de ma scolarité. Je faisais de l’athlétisme, surtout les courses de 100 et 200 mètres et occasionnellement du saut en longueur. Je eu l’occasion de représenter le Palma SSS et le St Esprit de Rivière Noire.” Il confie également avoir la tâche d’accompagner des jeunes pour leur stages en entreprises.

Jongleur de mots.

S’il passe beaucoup de son temps à travailler le bois, Fabien Raffaut n’a pas pour autant abandonné le slam qui l’a révélé au grand public au niveau national et international puisque ses copains d’école et lui ont été champions de France de slam en 2011 après avoir été qualifiés en remportant un tournoi au niveau national. Avec ce titre en poche, dès son retour au pays, il se lançait dans différentes initiatives notamment à travers Art Synchronise avec son ami de toujours Bleck Lindor. “On y faisait du slam, de la musique, de la sculpture entre autres avec des jeunes de la cité. J’avais eu l’occasion de descendre sur la côte dans les écoles et centres pour partager cela. Ce n’était pas beaucoup, j’aimais le slam, je voulais transmettre cet amour aux autres.” Il confie toujours faire des ateliers avec ses élèves, mais aussi ailleurs. De temps à autre, il jongle avec les mots en compagnie de ses acolytes Bleck Lindor et Brandon. “Par moment, nous faisons des slams musicaux. Ils montent la musique, je les accompagne.”

Bien qu’il ne le pratique plus régulièrement, le slam demeure pour lui une expérience qui a changé son existence. “Ziad Peerbux, un enseignant au Palma SSS, m’avait remarqué. Peut-être parce que j’étais un peu turbulent. Il m’avait demandé d’écrire un texte. Il entrainait déjà une équipe. Je connaissais le slam, j’encourageais les autres qui participaient déjà. Il faut dire que j’écoutais beaucoup Grand Corps Malade et Kerry James entre autres. Je me suis dit, après tout, pourquoi pas ?”

Très vite, il y prend goût. Il y voit même une occasion de faire tourner les têtes. “À l’époque j’aimais bien impressionner les filles avec des mots”, sourit-il. Adoptant un ton plus sérieux, Fabien Raffaut confie que la découverte du slam a fait de lui quelqu’un de plus extraverti. “Le slam c’est avant tout la liberté d’expression, dire ce que l’on souhaite. Mais ça m’a aussi aidé à casser ma timidité. À l’époque, j’étais assez introverti. Je pouvais facilement parler avec mes amis que je vois quotidiennement mais j’avais peine à parler en public comme faire une présentation devant toute la classe ou aller vers quelqu’un que je ne connaissais pas. Le slam m’a aidé à être moins introverti, ça nous aide à avoir de l’imagination, de la créativité et du vocabulaire aussi.”

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