• Richard Payendee (commissaire de l’Agriculture) : « Vilain que quelqu’un du restaurant inn met enn komiser deor »

Le commissaire de l’Agriculture et de l’Environnement de l’Assemblée régionale de Rodrigues, Richard Payendee, se trouve au centre d’une controverse en marge des célébrations du 18e anniversaire de l’autonomie. Face aux allégations de l’ancien chef-commissaire de Rodrigues, Johnson Roissety, au sujet d’un incident, il est monté au créneau pour donner sa version des faits et surtout lancer « Aret denigre mwa ! ». À l’origine de l’affaire : un post de Johnson Roussety sur Facebook, où il expliquait ce qui se serait passé dans la soirée du 12 octobre dans un restaurant de Port-Mathurin, où dînait le Premier ministre, alors invité d’honneur des célébrations des 18 ans de l’autonomie.
Richard Payendee avance : « Johnson Roussety dir ki mo ti vinn dan enn restoran kot Premie minis ti la, ek ki mo finn lev lager ek mo finn met an danze sekirite Premie minis. Il ajoute que les gardes du corps de ce dernier ont dû intervenir pour me calmer. J’affirme publiquement que tout cela est complètement faux. Je ne crois pas avoir aperçu Johnson Roussety dans ce restaurant ce jour-là. On lui a rapporté ces faits, qui ne sont pas vrais. »
Mais alors, que s’est-il réellement passé ? « C’était après le cocktail à La Résidence, et j’avais eu envie d’aller dîner. Je suis allé dans ce restaurant. J’ai effectivement vu des policiers et j’ai demandé si le restaurant était ouvert ou non avant de monter, car j’ai des problèmes de tendons aux pieds, et on m’a confirmé que le restaurant était ouvert. Je suis donc monté à l’étage, et j’ai voulu m’installer à la terrasse, car il faisait chaud. »

Il poursuit : « C’est là que quelqu’un – je ne sais pas si c’était le propriétaire ou pas – m’a dit que je n’avais pas le droit d’y aller. Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu que c’était par rapport à la sécurité du Premier ministre. Je lui ai alors demandé si moi, le commissaire Payendee, j’étais en mesure de mettre en danger la sécurité du Premier ministre ? Car s’il y avait eu un problème, je l’aurais moi-même défendu, car je n’aurai jamais toléré qu’il ait un problème pendant sa visite chez nous. Premie dimounn ti pou mor, mo mem, parski mo pa ti pou dakor ki PM gagn problem », dit-il.

« Eski mo resanble teroris ? »

Il concède cependant avoir déclaré qu’en tant qu’élu du peuple, il était tous les jours en compagnie du Premier ministre. « D’ailleurs, le jour de son départ, c’est moi qui l’ai accueilli, car mes collègues n’étaient pas encore arrivés à l’aéroport. Je ne vois pas la raison pour laquelle la question de sécurité est devenue un problème. Ce que je ressens, c’est que la personne qui m’a parlé dans ce restaurant ce jour-là m’a dénigré. Eski mo resanble teroris ? Eski lor mo figir marke sa ? C’est pour cela que j’ai argumenté, car je ne voyais pas du tout pourquoi je ne pouvais pas accéder à la terrasse, car je n’étais pas un problème pour le Premier ministre. Je le connais et il me connaît, et même ses gardes du corps me connaissent », dit Richard Payendee.

Il ajoute avoir demandé à deux gardes du corps présents si sa présence posait un problème, et qu’on lui aurait répondu que non. Aussi estime-t-il avoir été victime d’une injustice par rapport à sa personne, d’autant plus qu’il n’y avait aucune pancarte indiquant que le restaurant était fermé ou réservé. « Johnson dir monn lager. Monn lager avek ki ? Mo pa inn lager ek personn mwa. Et à aucun moment les gardes de sécurité du PM n’ont eu à intervenir. Johnson Roussety pa ti la li. Kouman li kapav vinn koz manti lor mo non ? Vinn denigre mwa an tan ki enn komiser ? Mo trouv sa grav. C’est pour cela que j’ai porté plainte à la police. Qu’il vienne prouver que ce qu’il dit est vrai ! » déclare Richard Payendee, qui a évoqué une communication qu’il aurait eue avec ce dernier à la suite d’une conférence de presse tenue le 17 octobre par Johnson Roussety.

Disant regretter que des allégations infondées aient été portées à son encontre, et qui portent atteinte à son intégrité, il trouve « vilain » qu’un propriétaire de restaurant « met enn komiser deor dan restoran », rappelant que son « casier judiciaire est vierge ». Il reprend : « Je suis un politicien, et je ne peux pas accepter ce genre d’injustice. Si aujourd’hui c’est contre moi, demain, ce sera peut-être contre d’autres citoyens. Je tiens à défendre le peuple. J’ai simplement exprimé mon désaccord avec la manière dont j’ai été traité en tant que dignitaire du pays, car demain, d’autres peuvent aussi en faire les frais. »