Le doyen de la faculté des Sciences sociales et humaines de l’Université de Maurice, Arnaud Carpooran, plaide pour la création d’une institution mauricienne, qui se chargerait de définir la langue française mauricienne. C’était jeudi, à l’occasion de la célébration de la Journée du professeur de français, sur le campus d’Ébène de l’UoM, en présence de l’ambassadrice de France à Maurice, Florence Caussé-Tissier.

« Forme une, forme un, Form one ». Quelle est la bonne formulation pour parler de cette première année de secondaire qui existait jusqu’à tout récemment ? Arnaud Carpooran affirme ne pas avoir la réponse. La question, il l’a posée au recteur du collège, où il travaillait dans le temps et à d’autres spécialistes de l’éducation. Chacun a une explication qui tient la route mais il n’y a pas de réponse exacte à cette question. D’autant que « Forme » n’existe pas en français de France et est pourtant bien présent à Maurice. « Il existe environ 500 items lexicaux qui devraient être normalisés à Maurice », avance Arnaud Carpooran, arguant que « nous (les professeurs de français, ndlr) sommes payés pour donner des réponses aux élèves ».

Le professeur Carpooran indique qu’il s’agit d’une question politique. Maurice fait partie de la francophonie, où le français partage l’espace linguistique aux côtés d’autres langues. « Quelle légitimité à ces différents types de français ? », demande-t-il. Qu’en est-il des États souverains ? Sommes-nous tenus de suivre le français de France ? Il cite l’exemple du Québec, au Canada, qui a sa propre langue française. « Qui décide de l’espace décisionnel pour dire la bonne façon d’écrire ? » Il ajoute : « La question du français mauricien se pose de manière légitime. »