DROGUE : La juge Mungly-Gulbul et l’axe Veeren/Colombie au menu

La juge Rehana Mungly-Gulbul, épouse de l’avocat, mentionnée : une carte sim enregistrée à son nom porte des « traces de communication avec la prison, Peroumal Veeren, ainsi qu’avec la Colombie »
Sada Curpen en compagnie de son homme de loi, Raouf Gulbul
  •  Lam Shang Leen : « Where there is a case of “devir lanket”, you are always around ! »

La quatrième audition devant la commission d'enquête sur la drogue, présidée par l'ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen, a été des plus éprouvantes pour le Chairman de la Gambling Regulatory Authority, et conseil légal du Premier ministre, Me Raouf Gulbul. lLe nom de son épouse, Rehana Mungly-Gulbul, qui siège en tant que juge à la Courtsuprême, a été cité et mêlé aux délibérations de l'enquête  par rapport à une Sim Card de téléphone cellulaire avec des appels en Colombie et à la prison à Maurice. Le moins que l'on puisse dire à ce stade est que les explications fournies par ce Senior Member at the Bar ont été loin de convaincre le président de la commission d'enquête et ses deux assesseurs, l'ancien ministre, Sam Lauthan, et le directeur de Services de Santé, le Dr Domun. Il a été encore question de financement de la campagne pour les législatives du 10 décembre 2014. Entre-temps, il dispose d'un délai de 15 jours pour soumettre à la commission des documents, dont des VAT Returns émis par la MRA.

L'une des pièces maîtresses du quatrième passage de Raouf Gulbul devant Paul Lam Shang Leen et ses deux assesseurs, hier, concernait son épouse, la juge Rehana Mungly-Gulbul, et surtout le msytère de cette Sin Card avec des appels en Colombie, pays réputés sur la carte du monde du trafuc de drogue. 

Lam Shang Leen : Nous avons essayé de retracer votre numéro de téléphone cellulaire s’agissant de contacts dans le milieu de la prison, mais nous n’avons pu le faire. Votre numéro de téléphone est bien le 57 XX XX XX ?

Gulbul : Oui.

Lam Shang Leen : Des recherches auprès des services pénitentiaires n’ont rien donné. Pourtant, vous vous rendez en prison. Et vous représentez vos clients lors des procès. Comment procédez-vous ? Vous dépêchez vos « juniors » pour faire une partie du travail ? Ce qui est une pratique aussi…

Gulbul : Je n’ai jamais utilisé mon téléphone portable pour communiquer avec des détenus. J’ai toujours demandé que les voies officielles, soit les téléphones à sous disponibles dans les prisons, soient utilisées pour me contacter. De même, je ne communique pas mon numéro de téléphone personnel à la maison. Et depuis les élections de 2014, je ne m’occupe plus des High Profile Cases comme avant.

Lam Shang Leen : Connaissez-vous un certain Beeka Mohamed Yusuf Ali ?

Gulbul : Ce nom ne me dit rien…

Lam Shang Leen : Qui habite Clairfonds, Phœnix…

Gulbul : Non…

Lam Shang Leen : Peut-être s’agit-il d’un client ou d’un proche d’un client…

Gulbul : Je ne sais pas…

Lam Shang Leen : S’agit-il d’un parent de votre épouse ?

Gulbul : Pas du tout !

Lam Shang Leen : Auriez-vous l’amabilité de nous communiquer le numéro de téléphone de votre épouse ?

Gulbul : Je vais l’écrire et vous le donner…

Lam Shang Leen : C’est son numéro de téléphone officiel ?

Gulbul : Le seul qu’elle utilise. Qui est connu de toute la profession… Tous les juges ont son numéro et c’est celui-là.

Lam Shang Leen : D’accord. Veuillez noter, s’il vous plaît, le numéro que je vais vous donner… 59 XX XX XX. Est-ce que ce numéro vous dit quelque chose ?

Raouf Gulbul : Oui… en effet. C’est aussi mon numéro.

Lam Shang Leen : Comment ça, votre numéro ? Vous nous avez dit que vous n’aviez qu’un seul numéro. D’où sort celui-là ?

Gulbul : En fait, c’est un numéro d’Emtel que j’utilise pour communiquer avec mes clients et amis qui sont chez Emtel, l’autre étant un numéro d’Orange…

Lam Shang Leen : Vous avez combien de portables et de numéros en tout ?

Me Gulbul fait le compte et donne des numéros et explique que « bien qu’enregistré à mon nom, ce numéro est utilisé par ma belle-mère. Il y en a également un dont se sert mon fils, et un autre qu’a utilisé ma fille ».

Lam Shang Leen : Revenons-en au numéro que je vous ai donné et qui est enregistré chez Emtel…

Gulbul : Il est à mon nom…

Lam Shang Leen : Êtes-vous sûr qu’il est enregistré à votre nom ?

Gulbul : Je l’ai acheté il y a 10 ou 15 ans… Ça fait très longtemps.

Lam Shang Leen : En effet, selon l’opérateur il a été actif pour la première fois le 4 janvier 2006.

Gulbul : C’est correct.

Lam Shang Leen : Mais il n’est pas enregistré à votre nom…

Gulbul : Mais c’est pourtant moi qui l’utilise !

Lam Shang Leen : Selon Emtel, cette carte sim est enregistrée au nom de votre épouse…

Gulbul : Je crois que c’est ma fille qui l’a utilisé… C’est probable…

Lam Shang Leen : Et pourtant, vous avez été si « adamant » sur la question, et vous nous avez formellement répondu que cette carte sim est enregistrée à votre nom !

Gulbul : Je réponds de mémoire… Parce que c’est moi qui utilise ce numéro.

Lam Shang Leen : Vous insinuez qu’Emtel ment ? Vous êtes en train d’impliquer votre épouse dans cette affaire…

Gulbul : Je n’implique nullement mon épouse !

Lam Shang Leen : Entre avril 2015 et mars 2016, vous avez communiqué avec le numéro 57 XX XX XX ?

Gulbul : Il s’agit du numéro de notre ancien chauffeur, Aziz Karimbacus, qui habite à Phœnix et qui a été au service de notre famille depuis 2003. Il est toujours notre employé, bien qu’il ne soit plus chauffeur. On fait appel à lui pour certaines choses… Il peut en témoigner si vous l’appelez…

Lam Shang Leen : C’est étrange car ce numéro est enregistré au nom de ce M. Beeka Mohamed Yusuf Ali…

Gulbul : Je ne connais pas ce monsieur.

Lam Shang Leen : Vous vous souvenez, la dernière fois, je vous parlais de l’un de vos clients, Arekin ? Est-ce que vous lui avez donné votre numéro de téléphone ?

Gulbul : C’est possible… Nombre de mes clients ont mes numéros de téléphone, mais pas le numéro résidentiel.

Lam Shang Leen : Sur le 59 XX XX XX, nous avons retracé des communications avec… la Colombie. Vous avez des amis là-bas ? C’est un pays très réputé pour le trafic de drogue, à ce que je sache…

Gulbul : Non !

Lam Shang Leen : Pourtant, je vous dis que selon le relevé que nous avons, il y a des appels et des SMS échangés avec des numéros en Colombie !

Gulbul : Je ne vois pas du tout…

Lam Shang Leen : L’opérateur nous a confirmé ces informations. Autant que je sache, les ordinateurs ne mentent pas. Les humains, si !

Gulbul : Je vais devoir vérifier cela.

Lam Shang Leen : Ce numéro d’Emtel est avec vous ?

Gulbul : Non, à la maison.

Lam Shang Leen : Vous allez nous le remettre pour être étudié… C’est très étrange, voyez-vous. Nous avons des informations avec des données chiffrées, à moins que ce ne soient des codes… Le numéro 454D 544 54C revient dans celles-ci et montre des échanges de SMS…

Gulbul : Je n’en ai aucun souvenir. Peut-être qu’il s’agit des offres promotionnelles de l’opérateur…

Lam Shang Leen : Je ne crois pas, non.

Gulbul : Peut-être s’agit-il de certains amis.

Lam Shang Leen : Ce numéro a aussi été retracé comme étant en communication avec la prison. Cependant, nous n’avons pu savoir qui en est l’usager… Vous n’êtes pas au courant d’appels internationaux passés pour le compte de Peroumal Veeren ?

Gulbul : Je ne suis pas au courant.

Lam Shang Leen : Car c’est là le lien !

Gulbul : Mais c’est très sérieux ce que vous dites là ! Mon épouse n’utilise pas ce numéro…

Lam Shang Leen : Justement ! Et comment, que c’est important ! Pour ce qui est de votre carte sim achetée à La Réunion et que vous nous avez si généreusement donnée pour être analysée, je dois vous dire que c’est une bonne nouvelle pour vous, et une triste nouvelle pour nous…

Gulbul : Comment cela ?

Lam Shang Leen : Et bien l’unité informatique n’a rien trouvé sur cette carte… Qui est cette personne qui vous a envoyé des messages de la Colombie ?

Gulbul : Je n’ai jamais envoyé des messages à qui que ce soit en Colombie !

Lam Shang Leen : Est-ce cela que je vous ai demandé ? Ou est-ce que je vous ai demandé qui vous envoie des messages de la Colombie ? Soyons clairs ! Nous avons un téléphone que vous nous dites vous utilisez et qui est enregistré au nom de votre épouse ; Emtel, l’opérateur, nous a confirmé la présence de messages en provenance de Colombie, et, nous avons des informations selon lesquelles ce numéro qui est le vôtre a été en contact avec la prison…

Gulbul : Quand ?

Lam Shang Leen : En 2015 et 2016. Nous n’avons pu retracer la personne qui se trouve en prison et qui a été en communication avec vous. Mais ce numéro a aussi été en communication avec Peroumal Veeren ! Avez-vous des amis à Mayotte ?

Gulbul : Non.

Lam Shang Leen : Parce que l’opérateur nous a indiqué qu’il y a aussi des messages de Mayotte…

Gulbul : Pouvez-vous me dire quel est le contenu de ces messages ?

Lam Shang Leen : Malheureusement non, car l’opérateur ne garde pas indéfiniment ces informations dans son serveur. Mais peut-être qu’ils se trouvent toujours dans votre téléphone ! Vous pourriez nous donner votre téléphone pour être examiné à cet escient ?

Gulbul : Avec plaisir !

Lam Shang Leen : Vous ferez ça dès demain.

La déposition de Raouf Gulbul a aussi compris des volets sur ses liens avec Peroumal Veeren et Sada Curpen, tous deux ses clients. Paul Lam Shang Leen est également revenu sur ses liens via la GRA avec SMS Pariaz, PlayOnline, et les bookmakers Michel Lee Shim et Paul Foo Kune. Un autre volet axé à nouveau sur l’escapade nocturne à St-Pierre en pleine campagne 2014 ainsi que ses relations avec Tisha Shamloll ont aussi été abordés. Le nom de Parwiza Jeeva a aussi été une nouvelle fois mentionné, ainsi que le fait que l’avocat aurait « fait pression sur elle afin qu’elle n’implique pas Peroumal Veeren ». Ce qu’a nié totalement l’avocat. Revenant à la charge, vers la fin de l’audition d’environ 150 minutes, hier, Paul Lam Shang Leen devait décocher le commentaire très éloquent envers Me Raouf Gulbul : « Where there is a case of “devir lanket”, you are always around… » L’homme de loi a tenté de se défendre, sans pour autant convaincre le président de la Commission et ses assesseurs.

À sa sortie, Raouf Gulbul a été mitraillé de questions par les médias présents s’agissant de son épouse, la juge Rehana Mungly-Gulbul. Il arépété que « les travaux de la Commission sont en cours. Respectons l’institution. Quant à mon épouse, elle n’a rien à voir dans cette affaire ! »

 


 

Drogue et politique : « Veeren et Curpen mentent ! »

 

Peroumal Veeren et Sada Curpen ont pour dénominateur commun l’avocat Raouf Gulbul. Ils ont été des clients de l’homme de loi. Paul Lam Shang Leen est revenu à diverses reprises hier sur les dépositions de Peroumal Veeren devant la Commission, ainsi que celle de Me Tisha Shamloll, ancienne collaboratrice de l’avocat. Cela en relation des liens de cette jeune femme avec Sada Curpen. Le point de l’ancien juge Lam Shang Leen concernait le financement de la campagne électorale de 2014 et le fait que ces deux trafiquants ont fait des allégations selon lesquelles ils auraient financé cette campagne…

Lam Shang Leen : Peroumal Veeren, sous serment devant cette Commission, a déclaré qu’il a « donné entre Rs 25 M et Rs 30 M lors des dernières élections générales, à un seul parti »

Gulbul : Ce n’est pas vrai !

Lam Shang Leen : Donc, il ment ?

Gulbul : Il ne dit pas la vérité. Cette somme n’a été prise de Peroumal Veeren par le MSM…

Lam Shang Leen : Quelle somme a été prise, alors ?

Gulbul : Aucune ! La campagne a été financée par des sources légales.

Lam Shang Leen : Donc votre « bon client » ment…

Gulbul : Il était mon client en 2006…

Lam Shang Leen : Pourtant vous lui avez rendu visite en 2010… Vous avez été l’homme de loi de plusieurs trafiquants notoires : Siddick Islam, Peroumal Veeren… Comment avez-vous pu gérer tout cela ?

Gulbul : C’est purement professionnel. Je n’ai jamais franchi les limites de mes fonctions légales et mélangé les choses. Je n’ai agi que comme leur conseiller légal.

Lam Shang Leen : Peroumal Veeren nous a dit que Pravind Jugnauth, le Premier ministre, finance le trafic de drogue…

Gulbul : Its a gross lie ! Je connais le PM. Son combat contre la drogue est une priorité. Il en parle chaque jour et profite de chaque occasion pour réitérer son désir de combattre le trafic. Et je vous rappelle que dans notre manifeste électoral, c’est nous qui avons proposé la mise sur pied de cette présente Commission d’enquête… C’est donc absolument faux ce qu’a dit Peroumal Veeren !

Lam Shang Leen : Cette information n’a pas été vérifiée, mais il nous revient que c’est vous qui avez instigué Peroumal Veeren à venir dire que c’est Pravind Jugnauth qui finance le trafic…

Gulbul : I do not agree. J’irais même plus loin : je n’ai aucune communication avec Peroumal Veeren. Ni par téléphone ni ne suis-je allé le voir récemment. Cette information est erronée. Je vous le redis : je ne ferais jamais quoi que ce soit qui soit illégal et contraire à l’éthique.

Lam Shang Leen : La dernière fois que la mère de Peroumal Veeren vous a payé, d’où avait-elle eu l’argent ?

Gulbul : Je ne sais pas. Des parents, je crois.

Lam Shang Leen : Je vous rappelle que nous attendons toujours que vous produisiez votre VAT Invoice… Sada Curpen est également votre client, n’est-ce pas ?

Gulbul : Etait. Il ne l’est plus.

Lam Shang Leen : C’était dans un cas de blanchiment d’argent ?

Gulbul : En effet.

Lam Shang Leen : A un certain moment, lors de son audition ici, Me T. Shamloll devait nous faire part d’une conversation entre elle et Sada Curpen. Ils auraient échangé des SMS et il lui aurait fait part de sa déconvenue que « malgré l’argent que je lui ai donné, il a perdu… » Est-ce que Sada Curpen a contribué au financement de votre campagne ?

Gulbul : Jamais ! Et d’ailleurs, il me doit toujours une partie de mes honoraires !

Paul Lam Shang Leen : Un autre de vos clients qui ment, alors !

Raouf Gulbul : Je ne suis pas là pour juger mes clients.

Paul Lam Shang Leen : Ce n’était pas une plaisanterie, selon la teneur des messages échangés entre Me Shamloll et Sada Curpen…

Raouf Gulbul : Puis-je avoir une copie de ces messages ?

Paul Lam Shang Leen : Non. Ce ne serait pas convenable.

 


 

Lam Shang Leen : « Vous avez tenté d’influencer Goolamauly et Hurhangee »

 

L’escapade nocturne de novembre 2014 à St-Pierre, en pleine campagne électorale, pour le candidat battu du MSM dans la circonscription N° 3 (Port-Louis Maritime/PL Est) est revenue sur le tapis durant l’audition d’hier. Paul Lam Shang Leen a souhaité, ainsi qu’il l’a exprimé ce lundi 6 novembre, connaître l’identité du « fameux religieux » avec qui l’avocat avait rendez-vous, et a aussi pressé de questions son interlocuteur quant à une autre rencontre nocturne, celle-là plus récente.

 

Lam Shang Leen : Parlons à nouveau de votre sortie à St-Pierre. Qui est ce « notorious maulana » que vous avez rencontré ?

Gulbul : Ainsi que je vous l’ai expliqué, c’est Mamade Bocus qui a agi comme intermédiaire dans cette affaire… Depuis lundi, j’ai essayé de contacter M. Bocus au téléphone, mais il n’est pas revenu vers moi. Il n’y a que lui qui connaisse l’identité de cet imam…

Lam Shang Leen : Cette rencontre, vous l’aviez dit, aurait duré entre 30 et 45 minutes. De quoi vous avez parlé ?

Gulbul : De politique, essentiellement. De quelles stratégies nous allions utiliser. Comment en faire bénéficier la communauté musulmane…

Lam Shang Leen : Qui était présent ? Vous-même, Noor Hussenee et M. Bocus ?

Gulbul : En effet.

Lam Shang Leen : Et votre Campaign Manager, Samad Goolamauly ? Il n’était pas intéressé par ce qui se passait ?

Gulbul : Il était resté dans l’autre voiture.

Lam Shang Leen : Pourquoi ? Est-ce qu’il avait reçu des instructions pour ne pas venir à cette réunion ?

Gulbul : Non ! Durant cette campagne, il était présent à certaines fonctions, et absent lors d’autres…

Lam Shang Leen : Est-ce qu’il y a environ un mois, vous n’êtes pas allé rencontrer Samad Goolamauly et Ashley Hurhangee ? À Ébène ? Et Noor Hussenee était aussi parmi vous…

 Gulbul : Non.

Lam Shang Leen : Il n’y a jamais eu aucune rencontre ?

 Gulbul : Si, on se voit souvent…

Lam Shang Leen : Je vous parle d’une rencontre spécifique, il y a environ un mois, dans les environs de la MCB à Ébène.

Gulbul : Je ne m’en souviens pas…

Lam Shang Leen : Rencontre durant laquelle vous avez tenté de persuader MM. Goolamauly et Hurhangee d’adopter la même version que vous, en ce qu’il s’agit de l’épisode de St-Pierre.

Gulbul : Je ne ferais jamais une telle chose. Tenter d’influencer des personnes innocentes à dire des mensonges, jamais.

Lam Shang Leen : Même que vous avez abordé la question que le colis remis ce soir-là avait été placé dans le coffre de la voiture de Samad Goolamauly ?

Gulbul : Il n’y a jamais eu de colis placé ni dans la voiture de Samad Goolamauly ni la mienne.

Lam Shang Leen : C’est votre version… Si nous vous prouvons que ce n’est pas la vérité, you’ll be in serious trouble !

 


 

Lauthan : « Black phone, pas Blackberry »

 

L’ancien ministre de la Sécurité sociale qui a pratiqué la politique pendant plusieurs années, l’assesseur Sam Lauthan, a souhaité en découdre avec Me Raouf Gulbul durant le temps qui lui a été imparti. Le travailleur social est revenu sur divers aspects de la déposition de l’avocat, nommément l’épisode de St-Pierre. Il a voulu savoir si, en tant que candidat, Raouf Gulbul n’a pas « mené votre petite enquête sur la crédibilité de l’imam que vous alliez rencontrer… » Raouf Gulbul a répondu qu’« une cellule s’en occupe ». Sam Lauthan s’est aussi appesanti sur « un incident survenu lors d’un politburo de votre parti, durant lequel vous et Sanjeev Teeluckdharry avez déclaré qu’il faudrait “scrap” cette Commission ! » L’avocat a démenti cela, affirmant que « Sanjeev Teeluckdharry et moi-même avons fait une déposition à la police contre le journal qui a fait état de cela et c’est totalement faux ce qui a été rapporté ».

Par ailleurs, s’agissant des éventuels liens avec la Colombie, pays où les cartels de drogue font des ravages irréversibles, Sam Lauthan a demandé à l’avocat s’il se servait de black phone pour communiquer… Ce à quoi Raouf Gulbul, peut-être prétextant ne pas comprendre la formule utilisée par Sam Lauthan, a répondu « non, je n’ai pas de black phone. J’ai entendu parler de Blackberry, mais black phone non… » L’ex-ministre a alors élaboré sur le concept et la définition des black phones, « qui sont des appareils qui ne peuvent être retracés dans le réseau officiel et dont font usage les trafiquants et leurs complices afin qu’ils soient intraçables ». Sam Lauthan a également longuement évoqué les relations trafic de drogue et judiciaire/profession légale, arguant que « les trafiquants ont des décennies d’avance sur tout le monde. Ils ont à leur disposition des armadas d’hommes de loi, comme vous, qu’ils paient pour justement étudier soigneusement et contourner les lois… »

 


 

 SAISIE RS 105 M D’HÉROÏNE : Un cinquième suspect arrêté aujourd’hui

 

En se basant sur certaines informations, l’Anti Drug and Smuggling unit (ADSU) a arrêté un cinquième suspect dans l’enquête sur la saisie de Rs 105 M d’héroïne sur un couple kazakh, le 20 octobre à l’aéroport international SSR.

Une habitante d’un faubourg de la capitale, une dénommée Prosper, a été appréhendée au cours d’une opération policière aujourd’hui et conduite aux Casernes centrales pour interrogatoire. Très peu d’informations ont transpiré quant à son rôle dans cette importation de 7 kg d’héroïne. Selon nos renseignements, elle serait proche d’un trafiquant de drogue qui purge une longue peine d’emprisonnement.

Le vendredi 20 octobre, les éléments de la MRA Customs Anti-Narcotics section (CANS), basés à l’aéroport international SSR, ont appréhendé un couple kazakh : Ravil Khakimoz, un taximan de 33 ans et Olga Istyufeyeva, une femme au foyer de 31 ans. Ces derniers ont débarqué à bord d’un vol en provenance du Kenya. Après vérifications, les autorités ont appris qu’ils devaient rester dans l’île que pour trois jours dans un hôtel cinq étoiles au Morne. C’en était assez pour que les éléments de la CANS les soumettent à un interrogatoire serré.

En soulevant leurs valises, les officiers ont noté qu’elles étaient anormalement lourdes. Celles-ci ont été passées au scanner et un double fond a été détecté dans chaque valise. En les ouvrant, un sachet contenant 3.49 kg d’héroïne a été découvert dans le bagage de Ravil Khakimoz, et 3.87 kg de la même drogue dans celui d’Olga Istyufeyeva. La valeur marchande de cette saisie de drogue est estimée à Rs 105 M. L’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) a ensuite pris le relais de cette affaire.

Les hommes du DCP Choolun Bhojoo et du surintendant Sharir Azima ont rapidement élaboré une opération de “controlled delivery” dans cet hôtel en substituant le paquet de drogue par un faux. Les limiers ont passé en revue la liste des clients dans l’établissement pour déterminer le contact des Kazakhs. Leurs soupçons sont tombés sur deux habitants de Batterie-Cassée, Roche-Bois, qui logeaient sur place. L’un d’eux est la demi-sœur de Jean Claude Nestor, arrêté en 2012 pour importation de 3,5 kg héroïne et 7,8 kg de gandia en provenance de Madagascar.

Deux jours plus tard, les Mauriciens ont pris contact avec les mules pour prendre possession de la drogue. Marie Linda Mannick, 45 ans, et Jean Patrice Begue, 20 ans, ont été arrêtés. En sus de la drogue, les limiers ont également saisi USD 8 000 (Rs 250 000) sur les étrangers, des cellulaires et d’autres pièces à conviction. La police soupçonne un réseau d’être à l’origine de cette importation de drogue, dont le cerveau se trouve en prison.