NILEN VENCADASMY (NOU REPIBLIK) : « Il faut une fédération des énergies républicaines dans le pays »

L’avocat Nilen Vencadasmy est connu pour avoir été président de l’Ong PILS et l’un des avocats de Rezistans ek Alternativ dans la plainte contre le Best Loser System. Depuis quelque temps, il s’est engagé à la réalisation d’un projet politique avec le mouvement Nou Repiblik. Il s’exprime sur la démarche de ce groupe de réflexion et sur une éventuelle participation à la partielle de Quatre-Bornes. Il partage également son opinion sur le défilé d’avocats devant la commission d’enquête sur la drogue et souhaite que des actions soient prises à la lumière du rapport de cette commission. Il invite également à ne pas jeter le blâme sur l’ensemble de la profession car, « comme partout ailleurs, il y a des brebis galeuses parmi les avocats ».

Votre nom a été cité comme éventuel candidat à la partielle de Quatre-Bornes. Qu’en est-il exactement ?
Depuis quelque temps, nous sommes quelques personnes à nous regrouper de manière régulière et à discuter de l’avenir du pays. Car tous ceux qui sont engagés d’une manière ou d’une autre au sein de la société civile sont conscients de la direction que prend le pays. Nous sommes très inquiets de la manière dont les choses se font. Surtout depuis ces deux dernières années.
Effectivement, il y a la mouvance d’un groupe, quelques amis et moi-même réfléchissons et travaillons sur la construction d’un projet politique. À la différence que nous avons commencé la réflexion bien avant la démission de Roshi Bhadain. Nous sommes en pleine construction d’un mouvement de la société civile. Nous avions mis comme objectif les élections générales de 2019. Nous avions deux ans à construire un projet. Nous le faisons d’ailleurs et, entre-temps, il y a eu la démission de Roshi Bhadain. Nous nous posons la question de savoir s’il faut ou non participer à cette partielle. Il y a un intérêt du groupe à présenter un candidat mais il y a aussi certains qui nous disent de faire attention. Qu’il ne faut pas oublier notre objectif à long terme et qu’un objectif à court terme pourrait mettre en danger notre objectif final. Nous sommes donc en pleine réflexion. Il y a des chances effectivement que nous décidions que le moment est venu de nous lancer. Mais pour le moment, rien n’est fixé. De toute façon, pour nous, il n’y a pas le feu. Il n’y a aucune indication non plus que les “writs of election” seront émis bientôt, ni quand l’élection se fera. Nous n’estimons pas qu’il y a urgence. La décision de participer ou pas sera prise quand le moment sera venu et ce sera une décision collective.

Que pensez-vous de la démission de Roshi Bhadain ?
Pour moi, cette démission n'a aucun sens. Je pense que c’est même irresponsable de la part de Roshi Bhadain de démissionner. Selon moi, le pays a besoin d’autre chose en ce moment. Il y a des débats de fond qui sont complètement occultés depuis l’annonce de cette élection partielle, notamment le budget lui-même, qui passe au second plan. Je pense que le pays lui-même n’a pas besoin d’une distraction. Car la partielle n’est en fait qu’une distraction. Il y a d’autres enjeux plus fondamentaux sur lesquels il faut réfléchir en ce moment.

Les médias vous ont présenté comme un admirateur d’Emmanuel Macron. Pourquoi ?
Je ne sais pas si admirateur est le mot approprié. Avec des amis, nous avons suivi l’évolution d’Emmanuel Macron bien avant tout le tapage médiatique autour de sa personne, avant même qu’il soit candidat à la présidentielle française. Nous nous intéressons à la politique également sur le plan international. Nous suivons donc Macron depuis que les médias ont commencé à parler de l’arrivée d’un « ovni » dans l’entourage de François Hollande, il y a trois ans de cela. Plus tard comme ministre de l’Économie, quand il a démissionné, pendant sa campagne… C’est pour cela qu’avec un petit groupe, nous nous sommes rendus à La Réunion quand il est venu en campagne, dans le but de rencontrer son entourage et de comprendre comment un météore en est arrivé là. Donc, de l’admiration, je ne sais pas, mais en tout cas de l’intérêt pour ce qu’il est, ce qu’il a accompli en très peu de temps. C’est quelque chose qui nous interpelle légitimement. Nous avons pu, à travers son comité de soutien à La Réunion, avoir un petit entretien avec lui. Nous en sommes sortis enrichis. J’avais fait une analyse dans un papier que j’avais écrit entre les deux tours, disant qu’il y avait des circonstances en France ayant permis l’émergence d’Emmanuel Macron et de son groupe et qui sont identiques à Maurice. Il faut comprendre et voir comment une telle évolution pourrait être possible à Maurice.

Est-ce qu’à Maurice, aux élections de 2014, il n’y avait pas les mêmes circonstances qui nous ont conduits où nous sommes aujourd’hui ?
En 2014, l’Alliance Lepep a envoyé un message clair et net à l'effet que nous n’étions pas prêts à tolérer certains dérapages survenus sous l’ancien régime. C’était un message de rejet, pas nécessairement d’un parti politique, mais d’une personne, Navin Ramgoolam, et de tout ce qu’il représente, toutes ses pratiques de copinage, qui frôlent la corruption. C’était ce vote-là, en 2014. Malheureusement, à ces élections-là, il n’y avait pas d'alternative crédible. Le peuple a dû faire le choix de faire revenir sir Anerood Jugnauth. Sauf que les personnes qui se sont installées depuis 2014 semblent ne pas réaliser l’ampleur de ce message envoyé par l’électorat à la classe politique. Ce qui fait que nous nous retrouvons avec un régime qui fait la même chose que ceux qui étaient avant, sinon pire. Si en 2014 l’électorat n’a pas hésité à se débarrasser d’un pouvoir en place, il peut encore le faire. Le seul danger que je constate, c’est qu’il n’y a d’autres alternatives que de ramener Ramgoolam au pouvoir. C’est inconcevable et je ne suis pas le seul à le penser. Depuis 50 ans, on ne fait que remplacer un régime par un autre et c’est blanc bonnet, bonnet blanc. D’où l’objectif de notre groupe de citoyen de travailler à une alternative pour 2019.

Aux élections de 2014, il y avait de nouveaux regroupements qui, justement, voulaient apporter un renouveau, mais qui n’ont pas duré…
Je pense que ces mouvements dont on parle ont commencé sur de mauvaises bases, en termes relationnels, entre les personnes qui avaient lancé le projet, d’une part, et, d’autre part, il y avait un manque de préparation. Il y avait un discours, mais pas de projet de fond. C’est là où nous voulons nous démarquer. Il y a déjà un certain nombre de thématiques sur lesquelles nous avons commencé à travailler pour une prochaine élection. Nous venons avec un projet, avec des propositions concrètes, qui toucheront des sujets d’intérêt national et du quotidien. Cela prend du temps. C’est pour cela que je dis que la partielle est comme une distraction qui écarte notre attention de notre objectif. Mais le travail se poursuit. Nous sommes aussi à la recherche de personnes qui seraient tentées par l’idée de réfléchir et de travailler pour l’avenir du pays.

Parlez-nous de ces thématiques sur lesquelles vous réfléchissez.
Tout le monde sait que j’ai un intérêt pour tout ce qui est démocratie, système politique, système électoral… Depuis quelque temps, j’ai un blog où je préconise une réforme du système. On a tendance à Maurice à parler de la réforme électorale, mais moi je vais plus loin, je parle d’une réforme du système politique. Nous sommes dans un système politique qui, malheureusement, ne favorise pas l’émergence de nouvelles idées, de nouvelles têtes. Nous avons un système qui perpétue les mêmes personnes, une sorte d’oligarchie politique. Ce n’est pas de leur faute. C’est le système qui a permis de les maintenir au pouvoir depuis l’indépendance. Autour de ces personnes, il y a des cliques qui tournent. Et il s’agit souvent des mêmes personnes, que le régime change ou pas. Nous sommes dans une situation où, the government is governing for the few, not for the many.
Notre objectif, en présentant une réforme du système politique, est d’amener un gouvernement qui va “govern for the many, not for the few”. Je parle également dans mes propositions de limiter les mandats du Premier ministre à deux mandats, successifs ou pas, et aux parlementaires à trois mandats. Dans le programme d’Emmanuel Macron, justement, il parle de lutter contre la professionnalisation de la politique en France. Il y a le même phénomène à Maurice. Il y en a qui sont au parlement depuis 20 ou 25 ans. C’est un gros problème car, d’une part, cela nourrit l’ambition, de s’enrichir par exemple, et d’autre part, cela empêche l’émergence de nouvelles idées. Le seul moyen d’éviter cela, c’est de limiter les mandats des élus.
Bien évidemment, il y a aussi la question de la réforme électorale. Il faut corriger le problème de la disparité. Définitivement, il faut une dose de proportionnelle. Il faut chercher la bonne formule. Inévitablement, il y a la question du financement politique. Aujourd’hui, la politique est devenue un investissement pour beaucoup de personnes. Il faut investir des millions dans une campagne pour être candidat. Certains puisent de leurs poches mais d’autres cherchent des sponsors, qui chercheront certainement un retour sur investissement. C’est une mauvaise formule. Il faut réfléchir par exemple au financement public des partis. Bien évidemment, la réglementation du financement privé.
Nous ne nous retrouvons pas non plus dans le système communal. La décommunalisation du système est sur notre projet. La seule représentation que nous soutenons est celle basée sur le genre. La parité pour nous est une question importante.
Il y a d’autres dossiers sur lesquels travaillent d’autres camarades. Par exemple, comment développer une économie solidaire où l’humain est au centre des décisions et non pas les intérêts corporatistes. Un autre pilier de réflexion est de savoir comment faire de Maurice un “model of green excellence”. Que ce soit dans la gestion des déchets ou dans l’utilisation des énergies renouvelables et, un autre pilier :  comment faire de Maurice une île digitale. Dans quelque temps, nous viendrons avec des propositions concrètes à soumettre à consultation.

Comment allez-vous faire face à la considération communale et castéiste ?
Le communalisme, aujourd’hui, est enraciné dans notre système. Je ne crois pas que fondamentalement les Mauriciens soient sectaires. Nous avons des amis dans toutes les communautés, nous travaillons avec des collègues de toutes les communautés… mais tous les cinq ans, il y a des espèces de réflexes, exacerbés circonstanciellement par des politiciens dans le cadre d’une élection. C’est devenu un problème systémique. Il faut savoir comment nous allons enlever cela dans notre système. Notre Constitution elle-même vient nous “balkaniser” en quatre groupes. Il faut enlever toute référence communale de notre loi suprême. Cela passe par l’élimination du Best Loser System. Ce serait un pas majeur si nous arrivons à faire cela.
L’autre problématique réside dans le choix des candidats. Les circonscriptions sont découpées de façon à ce qu’on retrouve certaines communautés dans telle ou telle circonscription. Il faut repenser le découpage électoral. Est-ce que le système de trois candidats est approprié ou ne faut-il pas revenir à un système qui était là avant l’indépendance, avec 50 circonscriptions votant pour un candidat chacun. Est-ce que ce n’est pas plus “fair” démocratiquement d’avoir des circonscriptions avec le même nombre de votants et un seul élu ? Ce sont des questions que nous nous posons. Cela aurait éliminé le phénomène du “koupe transe” par rapport au profil ethnique des candidats. Après, bien évidemment, on dira qu’il y a la question de la mentalité. C'est vrai, mais il faut d’abord s’attaquer au système.

Pourquoi ne pas travailler en collaboration avec les autres mouvements œuvrant pour un renouveau en politique ?
Je précise d’abord que nous sommes un mouvement de citoyens travaillant sur la construction d’un projet politique. Pour moi, il n’est pas suffisant de mettre 50 personnes autour d’une table pour s’autoproclamer parti politique. Un parti politique relève d’une mouvance quasi sociale. Aujourd’hui, nous n’avons pas ces critères dans le pays. Mais nous sommes concernés par l’avenir du pays et nous avons une réflexion à faire, en espérant que les gens cristalliseront autour de ces idées. Il faut aussi connaître la réalité du terrain. Nous serons bientôt sur le terrain. Il y a une série de consultations prévues dans le pays.
Pour ce qui est des autres mouvements, j’ai personnellement eu l’occasion de les côtoyer à un moment ou un autre. Je suis en faveur d’une fédération des énergies républicaines dans le pays si nous voulons nous ériger en obstacle des partis traditionnels. Nous travaillons déjà dessus. Nous sommes en contact avec ces autres plateformes. Il faudra une synergie dans l’action politique. Nous savons que ce n’est pas évident quelquefois, mais c’est une condition sine qua none si on veut être sérieux. C’est notre ambition et nous avons deux ans pour le faire.

Comment réagissez-vous au défilé d’avocats devant la commission d’enquête sur la drogue ?
Je constate qu’il y a une perception que tous les avocats sont trempés dans ce cercle vicieux de la drogue, du financement de l’argent sale, etc. Ce n’est pas le cas. Nous en sommes arrivés à une situation où il y a beaucoup d’avocats, et forcément cela devient compliqué de se faire une place. Effectivement, il peut y avoir des tentations. Mais il ne faut pas juger l’ensemble de la profession pour autant.
Ceci étant dit, il est extrêmement difficile pour un avocat de gérer les affaires criminelles. Personnellement, depuis quelques années, je me suis aiguillé dans la direction qui est d’accompagner les business. Par choix, je ne m’occupe pas des affaires criminelles. Mais il y a des gens qui sont obligés de le faire pour vivre. Quand quelqu’un vient vous voir, comment allez-vous savoir d’où vient l’argent qu’il utilise pour vous payer ? On ne peut s’attendre à ce que les avocats aient une KYC Procedure. C’est extrêmement difficile. Surtout quand on sait qu’il y en a beaucoup qui travaillent seuls.
S’il y a des confrères ou des consœurs qui ont rendu visite à des prisonniers sans justification ou qui ont perçu des honoraires dont ils ne peuvent expliquer la provenance, ils devront rendre des comptes. C’est tout à fait normal. Quelque part, c’est salutaire aussi que la commission d’enquête sur la drogue s’intéresse à ce volet. Ainsi, on pourra trier le bon grain de l’ivraie. Savoir qui sont les brebis galeuses de la profession. Il reste aussi à savoir ce qui se passera après. Souvent, à Maurice, il y a des commissions d’enquête et, par la suite, les rapports restent dans les tiroirs. Il faut que le gouvernement agisse en conséquence également après. C’est-à-dire venir avec des mesures pour mettre les recommandations du rapport en application.

Faut-il des garde-fous supplémentaires quand un avocat défend un baron de la drogue ?
Le code éthique de la profession donne déjà les garde-fous nécessaires. Mais comme dans toutes les professions, certainement une minorité, il y a des brebis galeuses. Les gens se laissent tenter par l’argent facile. Et ce n’est pas uniquement dans la profession d’avocat. Je n’ai aucun problème avec le fait qu’on applique des sanctions si on arrive à établir, par exemple, qu’il y a des visites aux trafiquants de drogue qui n’étaient pas “warranted” ou qu’il y a eu enrichissement inexpliqué. Mais attention à ne pas pointer du doigt l’ensemble de la profession car il y a des avocats qui font leur travail honnêtement.

Que pensez-vous de l’appel du DPP au Privy Council dans l’affaire MedPoint ?
Il faut situer cette décision de la Cour Suprême dans son contexte. Il y a des procédures à deux niveaux. On est obligé de demander un “leave” de la Cour suprême d’abord avant d’aller devant le Privy Council. Il y a des critères à prendre en considération. Dans le cas de Pravind Jugnauth, celui pris en considération est que cela relève de l’intérêt public. C’est le seul critère considéré à ce stade. Ce n’est donc pas une surprise pour moi que la Cour suprême ait accédé à cette requête. Il y a une interprétation d’une section de la loi qui est d’importance capitale dans la lutte contre la corruption qui est concernée. C’est intéressant que le Privy Council se prononce sur cette section de la loi pour l’intérêt public. De ce point de vue, c’est bien que cette affaire aille au Privy Council.

Pensez-vous que Pravind Jugnauth aurait dû démissionner de son poste en attendant ?
Personnellement, je pense que oui. Même s’il n’y a aucune loi qui l’y oblige. Car on ne peut être perçu comme étant directement concerné dans une affaire criminelle et, en même temps, être à la tête du pays. Quand on voit ce qui se passe à l’étranger, au moindre soupçon de scandale, les personnes concernées démissionnent de leur poste. On vient de voir cela avec François Bayrou en France. Comment voulez-vous qu’il pilote un projet sur la moralisation de la vie politique alors que, en même temps, il y a des soupçons que son parti ait fait des choses douteuses ? Sans entrer dans le débat, comment Pravind Jugnauth a accédé au poste de Premier ministre... Il aurait été bien qu’il prenne du recul, le temps de l’appel devant le Privy Council. Et si la cour trouve qu’il est innocent, il peut toujours revenir. Ceci étant, il est libre d’avoir sa propre interprétation de cette affaire.

Vous avez été président de PILS. Que pensez-vous des nouvelles règles de la Corporate Social Responsibility ?
Honnêtement, je n’ai pas eu l’occasion d’étudier cela en profondeur car les nouvelles règles coïncidaient avec ma fin de mandat de président. Selon les statuts de PILS, après trois années de mandat, il faut prendre une année sabbatique. Je suis donc dans mon année sabbatique, ce qui me laisse le temps de m’occuper du projet politique. Toujours est-il que j’ai compris que beaucoup d’Ong se sont retrouvées en difficultés depuis. Je crois que le gouvernement doit faire très attention, car il y a des Ong qui offrent des services dont elles sont les seules à avoir l’expertise. Il faudrait réunir toutes les Ong à Maurice et trouver une solution rapidement car on ne peut accepter qu’il y ait des Ong, qui sont là depuis de nombreuses années et qui offrent un service unique, qui soient obligées de mettre la clé sous le paillasson. Qui va offrir ce service après ? Ce ne sera certainement pas l’État.

Que pensez-vous de la réintroduction du traitement à la méthadone ?
C’était vraiment insensé d’arrêter ce traitement. Je ne comprends pas comment Anil Gayan a pu prendre une telle décision. La méthadone est reconnue par l’OMS comme étant un traitement médical. Toutes les recherches ont démontré son efficacité dans le traitement des usagers de drogues. Pour moi, ces personnes sont malades et nécessitent un traitement médicalisé. Je n’ai pas compris la logique derrière le raisonnement d’Anil Gayan en optant pour le Suboxone, qui n’a pas encore fait ses preuves. Heureusement que le nouveau ministre de la Santé a revu cette décision. C’est salutaire que nous ayons au moins un ministre de la Santé qui soit à l’écoute. Avec Anil Gayan, le dialogue était impossible. Il avait la sagesse infuse. Je salue la décision du nouveau ministre de la Santé et du gouvernement car je ne pense pas qu’il l’aurait fait sans la bénédiction du Premier ministre.