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Un souffle d’espoir ?

Nous ne cessons de le dire, semaine après semaine, mais notre société industrielle court à sa perte. Ce qui semble en l’état contradictoire, c’est que l’hypothèse de l’effondrement, ou pour être exact plutôt « des » effondrements, gagne chaque jour un peu plus en crédibilité, et ce, pour en constater les effets. Car ce que sous-tend l’effondrement global peut être mesuré, notamment au niveau de l’impact des deux crises ayant secoué le monde ces deux dernières années, à savoir la pandémie de Covid, dont nous ne sommes pas encore sortis, et bien entendu la guerre russo-ukrainienne. Chacune de ces deux crises ayant impacté et impactant toujours notre quotidien, prouvant ainsi la vulnérabilité de notre sacro-saint système.

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Cette prise de conscience de l’effondrement en cours se fait en effet de plus en plus présente. Ce qui paraît d’ailleurs étonnant au vu du peu de « contre-actions » que l’humanité entreprend pour se sortir du pétrin. Par ailleurs, il apparaît aussi tout aussi évident à un plus grand nombre que la question climatique « n’est pas le bon combat » ! Loin de nous l’idée de faire croire qu’il ne faut pas agir en ce sens; bien au contraire, et nous ne cessons de le répéter. Cependant, il faut bien nuancer la cause de ses effets, et en l’occurrence comprendre que le dérèglement du climat n’est en somme qu’un symptôme, et donc parmi d’autres, de la crise traversée par l’humanité, et par conséquent d’un dérèglement plus généralisé. Et que l’on peut appeler « effondrement ».

Certes, les médias, dont nous-mêmes, mettent le plus souvent en avant la cause climatique. Et pour cause, puisque c’est elle qui nous paraît la plus urgente. Pour autant, n’oublions pas qu’à la crise climatique s’ajoutent d’autres urgences tout aussi… urgentes. À l’instar de l’urgence sociale et de l’urgence écologique. Et qui, elles aussi, tirent leur origine de l’avènement (mais aussi et surtout de la poursuite et l’accélération) de la civilisation industrielle. Ainsi apparaît-il de plus en plus clairement que l’effondrement de notre civilisation, si rien n’est entrepris pour s’attaquer à ses principaux axes moteurs, ne sera pas un effondrement « de type Mayas », mais bien un « collapse » global menaçant directement la survie de notre espèce, et bien entendu de millions d’autres.

Ainsi assiste-t-on aujourd’hui aux prémices de notre déclin – zoonoses, creusement des inégalités sociales, accès restreint aux ressources essentielles, fréquence accrue de phénomènes climatiques extrêmes… –, le tout sous-tendu par des facteurs anthropologiques, psychologiques et sociologiques. Et qui, malheureusement, expliquent en grande partie notre immobilisme. Face à cela, notre système capitaliste et libéral brandit certes des armes, comme les énergies « propres », la transition écologique, la croissance verte, le développement durable, la neutralité carbone, l’économie bleue, etc. Mais celles-ci apparaissent au final n’être que de « mauvaises solutions ».

En vérité, les actions et les engagements politiques (et davantage le second que le premier) n’arriveront jamais à démêler ce nœud gordien tant que l’on restera attaché à ce qui a permis à l’humanité – du moins dans les pays industrialisés – d’atteindre le niveau de confort actuel, et que l’on peut résumer au terme « croissance ».

C’est un fait avéré : nous n’avons plus rien à attendre de nos dirigeants politiques, des responsables économiques et de tout acteur posté aux plus hauts niveaux décisionnaires. Et qui s’acharnent, pour des raisons purement égoïstes, à maintenir en place notre système. Et ce, coûte que coûte, qu’importe qu’il nous mène droit dans le mur.

Un casse-tête, donc, qui semble insoluble. Ce qui est faux, bien entendu, tout du moins tant que toutes les limites ne seront pas franchies. Aussi, pour y arriver, devrons-nous accepter comme un fait inéluctable que si l’on veut endiguer notre empreinte carbone, il nous faudra changer totalement notre orientation sociétale. Bref, rebâtir le système. Encore faudrait-il pour cela arrêter de nous voiler la face et admettre, une fois pour toutes, que l’on ne puisse dans le même temps conserver notre niveau de vie et de confort actuel. Infléchir notre trajectoire, qui promet sinon d’être dramatique, n’est donc plus juste une option, mais une simple question de survie !

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