Situation sanitaire : Les syndicats plaident pour le retour des cours en ligne

Sooryadanand Meetooa : « N'attendons pas un drame pour réagir »

  • Des parents attirent l’attention sur les bus bondés

Avec la situation sanitaire en marge de la pandémie de Covid-19, qui se dégrade dans le pays, des questions se posent sur le maintien des cours en présentiel dans les institutions scolaires. Alors que la campagne de vaccination se poursuit pour les élèves, les différents Stakeholders souhaitent que le ministère de l’Éducation initie un dialogue à ce sujet. Deux décès enregistrés parmi les enseignants récemment font monter l’inquiétude au sein du corps enseignant. Du côté des parents, c’est l’angoisse également pour envoyer les enfants à l’école. D’ailleurs, un taux d’absentéisme élevé est enregistré dans les écoles.

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« Il faut réintroduire les cours en ligne. Les syndicats de l’éducation sont unanimes à ce sujet. La situation devient très préoccupante. Il faut penser à protéger nos enfants avant tout. Surtout qu’il y a eu des décès parmi de jeunes patients récemment » déclare Sooryadanand Meetooa, président de l’Education Officers Union. Il ne passe pas par quatre chemins pour réclamer la fermeture des écoles devant la flambée de cas de Covid-19 dans le pays et le nombre de morts enregistré chaque semaine. Il maintient que le ministère doit rappeler les différents Stakeholders dans les meilleurs délais pour discuter de la situation et prendre les décisions appropriées.

Il ajoute que les collèges font déjà face actuellement à un gros problème d’absentéisme, en raison de la situation sanitaire. « D’une part, il y a des élèves qui sont placés en isolement chaque semaine. Du coup, si une section ferme, les autres ne viennent pas non plus car les parents ont peur. Selon moi, une telle situation aurait pu être évitée si on shiftait aux cours en ligne », fait-il comprendre.

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De toute façon, relève-t-il, avec le Staggered Timetable, les cours ne sont pas assurés à 100% en présentiel. « À part l’anglais et les mathématiques, pour lesquels il y a cinq périodes par semaine, les autres matières se retrouvent avec quatre périodes. Il y a donc déjà une période déficitaire. Or, si on faisait les cours en ligne, les élèves auraient pu bénéficier de toutes leurs classes.»

Sooryadanand Meetooa est d’avis qu’on peut même inclure les classes de Grade 9 étant donné que les élèves doivent prendre part aux examens de National Certificate of Education en avril 2022. « Le tout est une question d’organisation. On dit qu’il faut s’adapter au New Normal, mais faut-il au moins savoir quel est le problème auquel nous avons à faire face. Peut-on ainsi mettre nos enfants à risque parce que c’est le New Normal ? » dit-il.

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Yugesh Panday de l’Union des recteurs abonde dans le même sens. Il souhaite que le ministère réunisse bientôt tous les partenaires pour discuter de la marche à suivre. « Je dois rassurer que ce n’est pas le chaos dans les collèges actuellement, mais nous avons tout de même une situation très difficile à gérer. Le ministère doit réunir tous les partenaires autour d’une table pour discuter et évaluer la situation. Différents cas de figure pourraient être proposés », propose-t-il.

Il est important, dit-il, d’ouvrir le dialogue et ne pas prendre des décisions unidirectionnelles et unilatérales. En ce qui concerne les cours en ligne, il estime que c’est au ministère de décider en ajoutant que « le plus important est d’instaurer cet esprit de dialogue et c’est ainsi qu’on pourra trouver la meilleure solution. » Concernant les absences dans les collèges actuellement, Yugesh Pandey avance que le problème est à différents degrés dans les différents établissements.

Il met l’accent sur la tenue des Mock Exams, prévus à la fin de ce trimestre. « Avec le changement du calendrier scolaire, les Mock Exams sont devenus d’autant plus importants, car ils permettent de faire le “forecast” et cela sert pour une admission provisoire à l’université. » Si certains collèges ont déjà programmé ces examens en décembre, d’autres préfèrent attendre janvier.

Sooryadanand Meetooa pense que les Mock Exams peuvent aussi être remplacés par le contrôle continu, si la situation l’exige. « Comme je l’ai déjà dit, la santé des élèves, mais aussi des enseignants, est prioritaire. N’attendons pas un drame pour réagir. Si la situation l’exige, on peut remplacer les Mock Exams” par des Assessments », avance-t-il.
Au niveau des parents, l’inquiétude est tout aussi grande. Guillaine Rateau, présidente de la Parents Teachers Association de l’école primaire de Tyack, ne cache pas son angoisse sur la situation sanitaire. « J’ai très peur quand mes enfants vont à l’école chaque jour. C’est comme si je les envoyais à l’abattoir. C’est un stress quotidien », lâche-t-elle. Elle est d’avis que es cours en ligne seraient l’option idéale. « Je sais que ce n’est pas pareil que lorsqu’on a la classe en présentiel et aussi qu’il y a des enfants qui n’ont pas les moyens. Je pense quand même qu’il faut protéger nos enfants », précise-t-elle.

Elle ajoute que la situation est d’autant plus préoccupante car on compte beaucoup de décès parmi les vaccinés. « On comptait sur le vaccin pour protéger nos enfants, mais maintenant on ne sait plus quoi penser lorsqu’on entend tous ces vaccinés décédés du Covid-19 », confie-t-elle.

Guillaine Rateau attire également l’attention des autorités sur les autobus scolaires bondés. Elle se demande comment on peut demander aux enfants de maintenir la distanciation physique alors qu’ils doivent voyager dans le transport en commun. « J’ai attiré l’attention de la NLTA à ce sujet à plusieurs reprises, mais rien n’a été fait. » Elle souhaite que les autorités ouvrent enfin les yeux sur ce problème car les élèves sont à risque.
Soulignons également que suite à deux décès enregistrés parmi les enseignants récemment – l’un au QEC et l’autre au MGI – la crainte s’est installée dans le secteur. Des enseignants qui avaient repris les leçons particulières en présentiel ont ainsi choisi de revenir aux cours en ligne. Ils souhaitent que le ministère de l’Éducation réagisse également, surtout avec le pic des contaminations annoncé pour ce mois de novembre.

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