– Les enquêteurs s’intéressent aux déplacements de l’ex-Junior Minister dans la voiture d’État entre les 25 et 27 juillet
Pendant près de trois heures, l’ex-Junior Minister au Tourisme, Véronique Leu-Govind, s’est retrouvée face aux enquêteurs de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) de Rose-Hill, jeudi, en présence de son avocat, Me Shaffick Chuttur. Les policiers ont axé leurs questions sur deux volets sensibles de l’enquête : les quatre plants de cannabis et la fiole de méthadone découverts lors de la perquisition menée au domicile de son époux, Yogajee Gulshan Govind (42 ans), à Chamarel le vendredi 31 juillet, ainsi que le SUV GWM Tank 300 saisi dans le cadre des investigations. Quant au volet SUV, les indications sont que l’acquisition de ce véhicule a bénéficié des facilités Duty Free en vigueur de même qu’un financement assuré par la SICOM.
Confrontée à la présence de stupéfiants, la parlementaire de la majorité a assuré qu’elle n’en avait aucune connaissance. Pour appuyer ses explications, elle a évoqué sa vie privée, affirmant être séparée de Gulshan Govind depuis un certain temps, et soutenant que chacun mène une vie indépendante. Elle a avancé également n’avoir jamais constaté le moindre élément suspect lors de ses passages dans cette résidence.
Les enquêteurs se sont ensuite longuement attardés sur le GWM Tank 300. Véronique Leu-Govind a confirmé que le véhicule est immatriculé à son nom et qu’il avait été acquis en 2025. Elle a soutenu l’avoir déclaré conformément aux exigences de la Declaration of Assets Act. Toutefois, elle a dit utiliser principalement la voiture de fonction mise à sa disposition lorsqu’elle était Junior Minister des Arts et de la Culture.
L’ancienne Junior Minister a assuré qu’elle conduisait très rarement ce SUV, laissant généralement son époux en disposer. Malgré leur séparation, un « accord à l’amiable » existerait entre eux quant à son utilisation. Elle a dit ainsi n’être pas en mesure d’expliquer la présence d’une substance détectée à l’intérieur du véhicule par des techniciens du Scene of Crime Office, un élément qui retient particulièrement l’attention des enquêteurs. Ni même les différents déplacements du SUV le mois dernier.
À l’issue de cette première audition, qui s’est achevée en début d’après-midi, Véronique Leu-Govind a été autorisée à quitter les locaux de l’ADSU. Son audition est toutefois loin d’être terminée. De nouvelles convocations sont déjà envisagées au fil de l’enquête.
D’après les informations disponibles, les enquêteurs comptent désormais s’intéresser aux déplacements effectués avec la voiture de fonction entre le 25 et le 27 juillet, alors qu’elle occupait encore les fonctions du Junior Minister. Son ancien garde du corps, qui faisait également office de chauffeur, devrait être entendu afin de retracer avec précision les itinéraires empruntés et de déterminer si d’autres personnes auraient pris place à bord du véhicule de l’État durant cette période.
Dans le même temps, l’ADSU prévoit d’exploiter les images du réseau Safe City afin de reconstituer les déplacements de la parlementaire. Les enquêteurs gardent toutefois le silence sur les raisons précises qui motivent cette démarche.
L’exploitation du téléphone portable de Véronique Leu-Govind demeure également une possibilité. Aucune décision n’a encore été arrêtée, les enquêteurs privilégiant pour l’heure l’analyse des échanges entre Gulshan Govind et le skipper Ravindra Chimajee (38 ans), considéré comme un maillon important de cette enquête.
L’enquête ne s’arrêtera pas là. La parlementaire de la majorité devra encore s’expliquer sur les déplacements à l’île de La-Réunion, dont deux effectués avec son époux. Les enquêteurs comptent également l’interroger sur ses liens avec Ravindra Chimajee, dans le contexte de la saisie de 157,5 kg de drogue à La-Réunion, dans la nuit du 26 au 27 juillet.
Pour l’heure, les enquêteurs de l’ADSU concentrent leurs efforts sur les interrogatoires de Gulshan Govind et de Ravindra Chimajee, tandis que l’enquête ne cesse de prendre de l’ampleur.


