« Pourquoi ne pas avoir fermé depuis lundi? » Cette question, de nombreux parents – contactés par la rédaction – se la posent après l’annonce de la ministre de l’Education, intervenue à la télévision nationale dans la soirée d’hier, à l’effet que les écoles fermeraient à partir de ce mercredi 10 novembre.
« Hier, alors que la situation était déjà catastrophique, on annonce que l’ouverture est maintenue. Et quelques heures après, on annonce la fermeture. Mais en deux jours d’école, il y a eu certainement beaucoup de contaminations », craint Lucy de Roches-Brunes, mère d’un petit garçon.
Plusieurs parents avaient toutefois déjà pris les devants en gardant leurs enfants à la maison, en raison de la dégradation de la situation sanitaire dans l’île. En effet, un important taux d’absentéisme a été noté au sein des établissements scolaires depuis lundi.
Pour Lucy, cette rétraction du ministère et du gouvernement démontre « une mauvaise gestion de la situation ». Un point partagé par Steven de Richelieu. « Desizion an retar. Apre lamor latisann », déplore ce père de deux collégiens.
Selon Yannick de Bambous, père de trois enfants, et Bruce W de Pailles, père d’enfants en primaire, le ministère de l’Education a pris une « très bonne décision, mais il aurait fallu fermer bien avant » afin, disent-ils, d’éviter davantage de contaminations.
Sophie, de l’Escalier, est rassurée pour la sécurité de ses enfants, mais « inquiète par rapport aux examens à venir ». Elle souhaite ardemment que « les cours en ligne soient bien organisés ».
A ce sujet, Georginette, une grand-mère de Richelieu, estime que le suivi des enfants doit maintenant « venir des parents également », et non uniquement des enseignants. « Aster nou paran ki pou bizin fer travay-la, kontign avek swivi nou zanfan an lign, pou ki zot pa perdi. Apre nou get evolision sitiasion », déclare-t-elle.
Du côté du corps enseignant, cette nouvelle est « un soulagement », car le moral n’était pas au beau fixe. Entre taux élevé d’absentéisme et besoin de compléter le programme éducatif, les enseignants se rongeaient les ongles.
« C’était la meilleure chose à faire! », observe Madisson, enseignante dans un collège des Plaines-Wilhems. « C’est triste que la ministre de l’Éducation ait attendu la panique totale parmi les élèves et parents pour prendre cette décision, mais au moins c’est fait ».
« J’espère tout simplement que les élèves et parents ne seront pas dans les malls ou même à la plage », ajoute Madisson.
La Government Secondary Schools Teachers Union accueille cette décision « favorablement », mais la lenteur du ministère est pointé du doigt. « C’est une décision qui arrive tardivement, tenant compte de l’ampleur et de l’intensité de la propagation virale. Mais heureusement que le bon sens a finalement primé, et nos enfants sont maintenant plus protégés », soutient le syndicaliste, Yugeshwar Kisto.
« Cette décision à été bien accueillie par les élèves, éducateurs et parents. Et vu que nous avons déjà un système pré-établi de suivi pédagogique en ligne, notre travail peut enfin recommencer », a-t-il poursuivi.

