Bholanath Jeewooth, président de la Nurses’ Union : « I’m genuinely afraid of the situation »
Vingt mois qu’ils sont en première ligne de ce combat contre un ennemi invisible, le virus du Covid-19. Ces Frontliners, qui méritent amplement la reconnaissance de la république, indépendamment des lacunes, qui peuvent mettre mal à l’aise des fois, se retrouvent encore aujourd’hui projetés sous les feux de la rampe avec la nouvelle vague déferlant dans les hôpitaux et alimentée par le variant Delta. Face à cette la double menace en permanence de la pression accrue dans le travail et la prévalence du virus, un sentiment de frayeur s’est installé dans les couloirs des hôpitaux.
« I’m genuinely afraid of the situation ». C’est ainsi que le président de la Nurses’ Union (NU), Bholanath Jeewooth s’exprime face à la situation alarmante, qui s’est développée dans le pays. » En dépit de toute la bonne volonté du personnel qui ne lésine pas à travailler plus de 40 heures par semaine, cumulant les heures supplémentaires, il se retrouve débordé, et le personnel est à cran, dit-il.
Notamment en raison du nombre croissant de cas quotidiennement. « Quel que soit le département, il n’y a aucune sérénité », indique Bholanath Jeewooth. Certes, le personnel est équipé pour travailler, mais les vagues des patients se rendant dans les hôpitaux sont devenues une source de stress supplémentaire. Une situation qui préoccupe la Nurses’ Union avec la recrudescence des cas du variant Delta détectés dans la communauté.
« Nous devons faire attention au Covid, mais par-dessus, c’est le manque de temps pour gérer le nombre de cas qui est le plus gros souci », explique le président de la NU. Dans le sens où, en sous-effectif, le personnel – qui mise sur les Bank Sessions pour pallier le manque – se retrouve au four et au moulin, presque 24h/24.
« Nous faisons notre maximum pour donner de notre temps aux patients, mais avec le nombre grandissant, ce n’est pas évident. La pression de travail, en sus de la menace du Covid, s’est décuplée », dit-il. Si bien que nombre des membres du staff ont développé divers soucis de santé ces derniers jours, quand ce n’est pas le Covid que certains attrapent, note le syndicaliste.
« Nous ne pourrons pas rendre l’appel longtemps dans ces conditions », estime Bholanath Jeewooth disant cependant noter que depuis mardi, après les révélations de la situation, il y a un léger ralentissement du flux de patients convergeant vers les urgences. « C’est aussi une bonne chose que les autorités ont décidé de fermer les écoles, cela réduira la propagation du virus dans la société et parallèlement la pression sur les centres de santé publics », commente le président de la NU.
Cependant, d’autres décisions cruciales doivent être entérinées au plus vite pour contenir la prolifération du Covid-19 à Maurice, estime le syndicaliste. À titre d’exemple, il cite la réintroduction des restrictions quant aux rassemblements publics.
« Que ce soit pour les fêtes, les lieux de cultes ou les enterrements … Il faut éviter que les gens se rassemblent », plaide Bholanath Jeewooth. Et par-dessus tout, il faut surtout que les autorités réintroduisent les restrictions dans le transport en commun.
« Ce n’est pas logique que les autobus transportent autant de passagers. Le virus est aujourd’hui partout. Il faut prendre les précautions au maximum », maintient-il, suggérant également la réintroduction de l’ordre alphabétique pour les sorties en supermarché.
Dans le sillage, relevant dans nombre de cas l’inefficacité des vaccins, « sans doute dû au fait que la souche Delta n’avait pas encore été détectée lorsque ces vaccins ont été produits », le président de la NU demande aux autorités de réfléchir à un plan d’action.
D’ailleurs, le syndicat a écrit aux autorités pour évoquer ses craintes et faire des suggestions qui selon lui, éviteraient non seulement la propagation des cas Covid dans la communauté, mais aussi une saturation des services de santé publics. À titre d’exemple, la NU prône, au lieu d’une suppléance de cinq infirmiers de chaque hôpital régional vers l’hôpital ENT, une convergence du staff vers le centre de traitement du Covid, soit que les infirmiers bougent de l’hôpital de Flacq pour l’hôpital SSRN, de l’hôpital SSRN à l’hôpital Jeetoo, de l’hôpital Jeetoo à l’hôpital Victoria etc.
« Cela tenant compte que le personnel ne peut voyager du Sud au Nord tous les jours, matin et soir, dans un contexte où il y a un overload of work déjà », fait ressortir Bholanath Jeewooth. Il est d’avis que les autorités doivent au plus vite se réunir et mettre à exécution un plan d’action dans l’intérêt de toute la population face à ce virus.

