Des craintes d’une nouvelle vague de décès « akoz Covid » refont surface. C’est ce que laissent entendre des milieux des organisations engagées dans des funérailles, avec des appréhensions de la répétition du scénario implacable de novembre de l’année dernière.
Depuis dimanche, l’organisation bénévole Al Ihsaan Islamic and Funeral Centre, domiciliée à Plaine-Verte, a entrepris pas moins de huit funérailles des victimes du virus. L’on craint ainsi qu’en dépit du fait que le variant Omicron serait moins sévère que celui du Delta, les victimes du Coronavirus demeurent toujours d’actualité.
Depuis dimanche, les bénévoles du centre Al Ihsaan à la rue Magon témoignent d’une résurgence des cas de décès « akoz Covid ». « Ena zour li 2, ena jour 3 me zordi (hier) nou fin gagn 6 depi gramatin. Nou tande ki lezot plas si ena lamor Covid. Bizin suiv sa de pre. Atansion nou pou repas par enn nouvo vag dese », laissait entendre l’un des responsables du centre au Mauricien.
Parmi les victimes ces dernières 48 heures signalées chez Al Ihsaan figurent deux patients décédés au New ENT Hospital à Vacoas, deux autres en traitement à l’hôpital Jeetoo à Port-Louis dont l’un d’entre eux était âgé de 44 ans, deux décès rapportés sont survenus à domicile et deux cas émanant du Sir Seewoosagur Ramgoolam National Hospital et du Princess Margaret Orthopaedic Centre de Candos.
La tranche d’âge des victimes varie de la quarantaine allant à 96 ans. Cette tendance inquiète déjà les organisateurs des funérailles du côté d’Al Ihsaan. Le dernier convoi mortuaire à se pointer au centre d’Al Ihsaan hier est celui du policier Shariff Jaufeerally, âgé de 55 ans. Il est décédé après son admission à l’hôpital ENT. Cet habitant de Montagne-Blanche était affecté au poste de police de Quatre-Bornes.
Des autres sociétés funèbres rapportent des cas de décès « akoz Covid » sur une base quotidienne depuis la semaine dernière. « Nou pe gagn ka dese Covid depi semenn dernye. Pa pe dir ou li kouma avan. Me touzour li 2 ou 3 ena zour. Nou per pou reviv saki finn deroule oktob novam dernier », laissait entendre hier une responsable d’une compagnie de pompes funèbres.
Elle dit appréhender une détérioration de la situation. Un autre responsable d’une société engagée dans la prise en charge des morts dit avoir noté un autre phénomène qui est que des personnes, dont des âgées, qui ont contracté le virus récemment ne s’en remettent pas et rendent l’âme quelques semaines après. « Nou finn gagn bann ka kot dimoun kin gagn Covid 2-3 semen de cela, ena mem 1 mwa pe mor. Paret ki zot pa fin bien konpletman ek sa kre ban lezot insidans lor zot komorbidite », fait-il comprendre.
Parallèlement, les Flu Clinics continuent à être assiégées par de nombreuses personnes ces dernières semaines. « Depi boner mo pa santi mwa bien. Mo dir mo atann inpe dan tar mo vinn fer enn tes isi. Mo gagn pa krwar ek sa kantite dimounn ki la la. Sa zafer tir kart la mari tarde », laissait entendre un jeune homme qui s’est rendu à la Flu Clinic de Candos vers 20 heures hier.
Il déplorait les conditions dans lesquelles les personnes sont contraintes de faire la queue surtout avec les mauvaises conditions du temps. « Letan pa bon, pe fer fre. Vie dimoun pe bizin dibout lor lipie si pa komie ler tan », raconte le trentenaire, qui déplore que les autorités sont déjà passées en mode lav lame ek Covid et que la propagation du virus soit présentée comme une banalité.

