L’université de Maurice (UoM) et le Conseil des Religions invitent les personnes intéressées à entreprendre des études menant à un diplôme en Peace & Interfaith Studies à s’y inscrire. Ce cours est dispensé à temps partiel sur une durée de trois ans. La date limite pour les inscriptions en ligne est le 12 septembre.
Après trois promotions de Peace & Interfaith Studies sanctionnées par un certificat, l’Université de Maurice et le Conseil des Religions ont rehaussé le programme, ce qui fait que le cours est désormais dispensé au niveau de diplôme. C’est la première promotion qui parvient à présent au terme de sa troisième année et les étudiants recevront un diplôme à la fin de leurs examens qui se déroulent actuellement.
C’est désormais le prochain groupe d’étudiants que recrutent l’Université de Maurice et le Conseil des Religions. Azhagan Chenganna, Senior Lecturer en Media Studies sur le campus du Réduit et coordinateur du cours Peace & Interfaith Studies, le programme comprend des modules très intéressants, permettant de comprendre la place et le rôle que jouent les religions dans la société.
« Des modules tels que Scriptures, Peace and Violence permettent aux étudiants d’être au plus près des textes religieux et de comprendre dans quel contexte les interpréter », fait-il comprendre à ce chapitre.
Un autre module axé sur les Conflict Resolutions donne aux étudiants les outils pour être des médiateurs pour résoudre des conflits dans la société. Azhagan Chenganna affirme que « la paix ne s’installe pas d’elle-même, elle doit être enseignée. Il faut apprendre à appréhender les différences et comprendre aussi ce qui nous réunit. À l’issue du cours, les étudiants peuvent devenir des agents de paix dans la société. »
Pour le Senior Lecturer, titulaire d’un doctorat en Médias et Communication, il s’agit d’un programme unique à Maurice offert dans un espace neutre, à l’université. « Il ne s’agit pas que de questions en lien avec les religions, mais aussi tout ce qui touche à la justice sociale, la reconnaissance de l’autre et la dignité humaine. Beaucoup de problèmes dans notre société peuvent être abordés sous l’angle de l’approche humaine. Par exemple, comment trouver des terrains d’entente avec l’autre qui est différent », ajoute-t-il.
Azhagan Chenganna s’occupe des cours en communication et en résolution des conflits alors que Joseph Cardella le cours de philosophie ; Jonathan Ravat les modules sur les textes sacrés, entre autres ; Issa Asgarally le module Religious and Intercultural Studies et Eddy Cheong Se, le volet sur les projets.
« Les étudiants ont, dans le cadre de ce cours, la possibilité d’effectuer des visites guidées dans des lieux religieux. Il y a donc non seulement un intérêt théorique et philosophique, mais aussi pratique. Ce qui aide à combattre les préjugés et autres stéréotypes. Autant de perspectives donc pour aborder la question de l’interculturel, de la communication et de la paix à Maurice », s’appesantit-il.
Une quinzaine d’étudiants s’étaient fait inscrire lors de la première promotion. « Dans un contexte de Covid-19, nous avons principalement assuré l’enseignement en ligne tout en alternant avec des cours en présentiel. Nous pensons poursuivre sous cette forme hybride pour la prochaine promotion », indique Azhagan Chenganna.
Eddy Cheong See, coordinateur vis-à-vis du Conseil des Religions et titulaire d’un doctorat en dialogue interreligieux et cohésion sociale, se réjouit de la collaboration entre l’Université de Maurice et le Conseil des Religions, ce qui a donné lieu à « ce parcours formidable ». Il ajoute : « moi, j’ai assuré le cours sur les projets. Nous avons fait des projets sur le Sai Baba, le mouvement pentecôtiste et les Mourides. Nous avons étudié leur portée historique et leur pertinence par rapport à la société mauricienne. »
Le cours n’est pas conçu tout à fait pour permettre de décrocher un emploi même s’il arrive, avoue Eddy Cheong See, que certains ont obtenu des débouchés professionnels grâce à ce diplôme. L’intérêt principal du cours est d’être un outil de communication de compréhension de l’autre dans une île Maurice plurielle.
« C’est un atout pour un médecin, par exemple, d’avoir ces connaissances pour mieux communiquer avec ses patients venant de plusieurs cultures. Il en est de même pour les fonctionnaires qui sont en communication avec le public. En Angleterre, par exemple, un fonctionnaire est tenu de suivre un cours interculturel car il a affaire à une panoplie de personnes de cultures différentes. À La Réunion, les policiers, les notaires suivent un cours équivalent, un diplôme universitaire (DU) en République et Religions. »
Un tel cours a toute sa pertinence du fait de la coexistence de plusieurs groupes religieux. « La connaissance des religions du monde est primordiale pour que nous puissions dialoguer et promouvoir la paix. L’avenir de Maurice se construira après avoir suivi de tels cours. » Pour s’inscrire, visiter le site de l’Université de Maurice (www.UOM.ac.mu).

