Le Rajiv Gandhi Science Centre, à Bell-Village, a affiché salle comble à l’occasion de la conférence internationale sur l’écologie, avec la participation d’activistes de Madagascar, d’Afrique du Sud, du Mexique, du Danemark et des Etats-Unis. L’initiative revient au Center for Alternative and Research Studies (Cares), la All Employees Confederation, la General Workers Federation, le Joint Negociating Panel, la Rodrigues Government Employees Association et la Small Planters Association.
La conférence a débuté par une minute silence à la mémoire du défunt syndicaliste Rashid Imrith, qui a milité en faveur de la protection de l’environnement. Elle a été également marquée par la diffusion d’un film de plus d’une heure sur le naufrage du MV Wakashio et l’élan de solidarité qui avait gagné le pays pour la création artisanal de boom en vue d’empêcher les hydrocarbures de se répandre, et ce, avant que les autorités gouvernementales ne prennent les choses en mains. Cette conférence a aussi vu le lancement d’une semaine d’activités sur la politique écologique, qui prendra fin le 1er novembre.
S’adressant à l’assistance à cette occasion, Stéphane Gua, porte-parole de Cares, a rappelé que le Covid-19 a prouvé que le système qui nous gouverne a failli. « Aujourd’hui, nous avons la possibilité d’analyser à quel point cette pandémie nous a affectés. C’est pourquoi il faut prendre les choses en mains, comme cela a été le cas avec l’élan de solidarité qui avait suivi le naufrage du Wakashio », a-t-il fait ressortir.
Les grands pays industrialisés ne semblent pas s’inquiéter des effets du changement climatique sur les pays de la région, dit-il. C’est pourquoi l’urgence d’un “strong mouvement” « est plus que nécessaire, d’autant plus que l’émission de gaz à effet de serre a augmenté par plus de 40% ces 20 dernières années ».
La conférence a finalement pour but de créer un important mouvement pour forcer les autorités des « grands » pays à revoir leur agenda pour la protection de l’environnement, dit-il. « Le naufrage du Wakashio nous a montré comment il faut s’organiser », explique-t-il.
David Sauvage, écologiste d’Eco-Sud a estimé que la solidarité mauricienne qui s’est organisée après le naufrage du vraquier « prouve que le peuple en mouvement a le pouvoir ». Il poursuit : « Le mauricianisme est un peu la traduction créole de l’humanisme. C’est une façon de démontrer notre humanité multiple et indivisible. La question de la justice doit être au cœur de toute cette mise en mouvement, et cela va jusqu’à notion de réparation financière de la part des multinationales par rapport à la perte de la biodiversité. »
« Plus le système nous écrase, plus on a besoin d’utopie pour se mettre en mouvement d’une façon positive », a-t-il encore souligné. « Il faut faire preuve de courage pour politiser les enjeux. C’est de cette façon qu’on permettra l’émancipation des peuples de l’océan Indien. (…) Soyons solidaires des différentes luttes dans l’océan Indien. C’est notre solidarité qui permettra d’aller plus loin avec nos exigences et de faire face à la crise économique. »
Zo Randriamaro, écologiste de Madagascar, a estimé quant à lui qu’il faut « nommer clairement les multinationales qui sont responsables de pollution dans l’océan Indien ».

