EN CETTE ANNÉE 2022 QUI S’ACHÈVE : La guerre en Ukraine a établi un nouvel ordre mondial

En cette année qui s’achève, l’actualité qui a dominé la scène internationale et qui continue à polariser l’attention est incontestablement la guerre en Ukraine, qui a instauré un nouvel ordre mondial et dont le déclenchement le 24 février dernier avait pris le monde de court. D’un hiver à l’autre, plus de 10 mois se sont écoulés ; des dizaines de milliers de victimes sont tombées sur le champ de bataille et, à ce jour, aucune lueur de la fin de la belligérance n’est en vue. Personne, encore moins le Kremlin, ne s’attendait à une telle tournure des événements. Car, au départ, les autorités russes misaient sur une opération éclair pour la « dénazification et démilitarisation » de la république voisine et si cet objectif est, aujourd’hui, loin d’être atteint, c’est, selon toute vraisemblance, à cause d’une erreur monumentale commise par Moscou au tout début des hostilités.

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En effet, alors que l’armée russe était déjà entrée dans la capitale ukrainienne sans rencontrer de véritable résistance, ce avant même l’apport du soutien militaire des Occidentaux à Kiev, tous les efforts auraient dû être déployés à ce moment spécifique afin de mettre le pouvoir hors d’état de nuire –  et nul besoin de préciser que la Russie possède tous les moyens nécessaires à cet effet –, tout comme l’ancien  président ukrainien, Viktor Yanoukovitch, qui avait été renversé, chassé et remplacé en 2014 par le Maïdan, la révolution ukrainienne menée par une tendance idéologique d’extrême droite proche du régime actuel. Une telle stratégie aurait certainement permis d’épargner la population entière, les habitations et toutes les infrastructures civiles du pays et de boucler l’opération dans un court laps de temps, soit en quelques jours seulement. 

Mais quoi qu’il en soit, même si, au présent stade du conflit, l’armée ukrainienne avance et libère des territoires occupés, il devient de plus en plus évident que seule, même équipée d’armes sophistiquées de l’OTAN, elle n’arriverait pas à susciter la déroute totale des Russes et mettre un terme à cette guerre ; pour cela, la présence additionnelle sur le terrain des troupes occidentales est indispensable. Or, Washington et les autres capitales européennes ne veulent surtout pas en entendre parler, ce pour plusieurs raisons. D’abord, après la défaite des Américains et leurs alliés en Afghanistan où des centaines de leurs soldats ont laissé la vie, ils ne souhaitent absolument pas prendre de risque et subir un sort similaire en Ukraine d’autant que la Russie a, à de nombreuses reprises, brandi la menace nucléaire. Ensuite, pour ne pas internationaliser le conflit et provoquer une escalade majeure voire même une 3e Guerre mondiale avec toutes les conséquences que cela implique pour les huit milliards d’habitants de la planète. Finalement, dans le sillage de la Covid-19 et de la guerre, tous les pays occidentaux traversent actuellement des crises économiques profondes, les contraignant à avoir recours à des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Où trouver alors les moyens nécessaires pour financer la guerre ?

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Ainsi, ce n’est certainement pas un hasard qu’un missile avait explosé le 15 novembre dernier dans le village polonais, Przewodow, à environ une quinzaine de kilomètres de la frontière ukrainienne tuant sur place deux habitants. Or, selon l’article 5 de la charte de l’OTAN, à laquelle la Pologne est affiliée depuis 1999, l’attaque d’un pays membre implique automatiquement la mobilisation de toute l’Organisation pour assurer sa défense. Si, dans un premier temps, le président ukrainien avait tenté de faire porter le chapeau aux Russes, il avait fini par tourner casaque, admettant « ne pas savoir ce qui s’était réellement passé en Pologne » lorsque les services de renseignements occidentaux l’avaient pris à contrepied, avançant que le tir ne pourrait que provenir du territoire ukrainien. Même la Maison-Blanche avait, deux jours après l’incident, évoqué l’improbabilité d’un tir russe, offrant toutefois une porte de sortie à Kiev, accréditant la thèse d’un « missile du système de défense anti-aérien ukrainien ». D’ailleurs, tout en saluant la retenue de Washington sur ce dossier, Moscou avait, dès le départ, nié toute responsabilité dans cette affaire.

Après cet épisode polonais donc, un doute taraude ces jours-ci les esprits de la communauté internationale : Qu’en est-il des autres crimes de guerre commis à Boutcha, Irpin, Izioum, Zaporizhzhia, Kramatorsk, Marioupol, Kherson, etc, crimes attribués aux troupes Russes alors que dans l’Est de l’Ukraine où vit une grande majorité des Russes et Russophones, les nationalistes ukrainiens mènent depuis 2014 un combat acharné afin de les expulser de « leur » pays ? Ainsi, la question fondamentale que l’on se pose : saurons-nous un jour la vérité sur la guerre en Ukraine ? Question qui pourrait toutefois laisser tout le monde sur sa faim d’autant que même Washington avait, à deux reprises, eu recours à des subterfuges malhabiles, pour ne pas dire des mensonges purs et simples, pour tenter de justifier ses interventions militaires dans le Golfe, d’abord en 1991 lors de l’opération « Tempête du Désert » au Koweït et, ensuite, en 2003 pour chasser Saddam Hussein du pouvoir en Irak. Or, après l’invasion de ce pays par les troupes américaines, aucune arme de destruction massive (ADM) n’avait été décelée sur le territoire, contrairement à ce qu’avait préalablement affirmé avec insistance la Maison-Blanche, preuves préfabriquées à l’appui.

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Finalement, force est de constater que les sourires de façade affichés lors des rencontres bi- ou multilatérales trahissent singulièrement le profond clivage qui caractérise ces jours-ci la diplomatie mondiale et les relations internationales. Entre les pays proches de Washington et ceux de Moscou, les États intermédiaires se font méthodiquement choyés, courtisés pour être séduits par les deux capitales.

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