Avec le passage de cyclones, le risque de dommages matériels dans les habitations grimpe en flèche. Certains propriétaires ont d’ailleurs vu leur domicile être affecté par les dégâts de Freddy. Le hic, c’est que la grosse majorité des maisons individuelles dans le pays n’ont pas de couverture d’assurance habitation contre les cyclones, pas plus que contre les inondations, les incendies et autres vols avec effraction.
L’achat ou la construction d’une maison est l’un des investissements les plus importants – sinon le plus important – dans la vie d’une personne. Cependant, une maison reste un endroit vulnérable, sujet aux catastrophes naturelles comme les cyclones et inondations, mais aussi aux cambriolages et actes de vandalisme, entre autres. Et les dégâts peuvent se compter en dizaine de milliers de roupies.
Pourtant, sur les quelque 500 000 maisons existant dans le pays, très peu sont assurées. Abdel Ruhomutally, Managing Director de GFA Insurance, reconnaît que « peut-être celles se trouvant dans des Gated-Communities ou celles dont les propriétaires ont été contraints de prendre une assurance lorsque la banque l’a exigé dans le cadre d’un emprunt. »
Malheureusement, un propriétaire ne peut être à assurer sa maison. Problème : sans cette couverture, beaucoup de gens s’exposent à des pertes financières importantes. « Lorsque les dégâts se produisent dans le cas d’un cyclone, d’une inondation ou d’un vol avec effraction, ce ne sont pas des dégâts mineurs, cela peut être des dégâts importants, et là vous devrez tirer de l’argent de votre poche pour effectuer les réparations si vous n’avez pas d’assurance habitation. Et cela peut coûter très cher », fait comprendre l’assureur.
L’assurance couvre les vols « avec effraction », car dans les cas où une porte est restée ouverte, cela est plus compliqué de se faire rembourser. Outre les vols par effraction, la police d’assurance habitation couvre les dégâts causés par les incendies, les cyclones et les inondations.
De nombreuses personnes rechignent à souscrire à une police d’assurance relative, craignant que cela ne leur coûte trop cher, mais les professionnels de l’assurance estiment que tel n’est pas le cas. À titre de comparaison, pour une voiture valant Rs 1 million, l’assurance coûte entre Rs 20 000 et Rs 35 000, dit-on, alors que pour une maison valant la même somme, la prime d’assurance est nettement inférieure, soit d’environ Rs 10 000 par an. « Généralement, la prime coûte environ Rs 1000 pour une maison valant Rs 1 million. La voiture coûte plus cher en termes d’assurance », indique-t-on. Plusieurs facteurs entrent en jeu pour la couverture d’une maison, car cela dépend notamment des matériaux utilisés dans la construction.
Toutefois, les assureurs ne peuvent que recommander une couverture pour les résidences privées, au vu notamment des phénomènes extrêmes liés au changement climatique. « Avec le changement climatique, les cyclones se font plus rares, comme on l’a vu depuis une quinzaine d’années, mais ils seront plus violents. De nos jours, même avec une maison en béton, on est à risque, on n’est pas 100% à l’abri des intempéries. Par exemple, on peut avoir des panneaux vitrés qui ne sont pas nécessairement protégés par des Shutters et qui sont très exposés aux vents forts et aux débris. Il peut aussi y avoir des dégâts des eaux dans la maison. Il est donc nettement mieux de savoir que pour quelques milliers de roupies votre maison est protégée contre les phénomènes climatiques, et vous avez l’esprit tranquille », explique le Managing Director de la GFA Insurance.
Abdel Ruhomutally constate que les Mauriciens ont tendance à négliger l’assurance habitation. « La maison est le plus gros investissement dans une vie. C’est notre patrimoine et il doit être protégé », dit-il encore.
Malgré tout, l’assureur reconnaît que concernant les maisons se trouvant dans des Flood-Prone Areas comme Canal Dayot, Flacq ou Pailles, par exemple, et où des propriétaires n’ont pas les moyens de souscrire à une police d’assurance habitation, alors qu’ils sont largement exposés à des risques d’inondation, notamment, il sera plus compliqué pour ces derniers de trouver une assurance. « Et s’ils en trouvent, la prime sera plus chère », concède-t-il.
Raison pour laquelle le Managing Director de la GFA suggère aux autorités la création d’un fonds pour les dégâts causés aux habitations situées dans les zones à risques. Ce fonds pourrait apporter une aide financière aux victimes d’inondations et de cyclones, entre autres.

