La Financial Intelligence Unit (FIU) a obtenu en cette fin de semaine un ordre Ex Parte du juge Nicolas Oh San-Bellepeau siégeant en référé pour le gel des comptes de 24 compagnies suspectées de canaliser des fonds libyens et aidant à financer le terrorisme à travers Maurice. Ces fonds appartiendraient à l’ancien dirigeant libyen Mouammar Khadafi, assassiné en octobre 2011, et des membres de sa famille. Des informations qui transpirent à ce stade indiquent que les banques mauriciennes ont un délai de 15 jours pour indiquer à l’Enforcement Authority les montants placés chez elles par ces différentes sociétés, dont la principale est All-Africa Investment Corporation. Celle-ci est incorporée à Maurice depuis 2005 et compte parmi ses directeurs un dénommé Ben Ali Fares Fathalla Mohammad.
Cette Holding a comme Registered Agent à Maurice la société Capital Horizons, sise à Floréal.
La FIU soupçonne que ces fonds, de montants substantiels, proviendraient de Libye. Parmi ces 24 compagnies sous le coup de ce Restriction Order figurent également OLA Holdings, enregistrée à Malte, et d’autres domiciliées à Maurice, comme OLA Energy Holdings Ltd, Libya Africa Investment Portfolio, Libya Oil Aviation, La Casa Nostra ou encore Network Africa Investment Corporation.
Ces entités sont soupçonnées par la FIU d’avoir permis de faciliter l’entrée à Maurice d’importants transferts. Avec le gel obtenu des comptes, l’enquête de la FIU se poursuivra à travers les officiers de l’Assets Recovery.
Ces fonds libyens ont pu se frayer un chemin à Maurice à travers des Mauriciens ayant aidé certains proches du réseau de Mouammar Khadafi et de ses proches, suppute-t-on encore. Dans les milieux du Global Business Sector, du moins parmi ceux qui sont avisés par les manœuvres en cours au sein de certaines Management Companies, on explique que l’on assisterait à une bataille entre deux firmes gestionnaires de ces fonds libyens. Des professionnels du Global Business indiquent, d’une part, qu’il y aurait une gestion conforme aux règles de bonne gouvernance et, de l’autre, qu’il y aurait aussi des personnes qui auraient commis des infractions aux règlements établis.
D’ailleurs, des questions sont posées sur ce soudain sursaut de la FIU, alors que la Financial Services Commission (FSC) est mandatée pour s’assurer que ces compagnies impliquées soient en conformité avec les paramètres définis de l’offshore mauricien.
Au niveau des contacts diplomatiques, ceux qui maîtrisent le dossier soutiennent que les difficultés sont aussi dues à la reconnaissance du gouvernement libyen dans la conjoncture, du fait notamment des crises politiques toujours en cours dans ce pays d’Afrique du Nord.
Les milieux informés soutiennent aussi que ces compagnies libyennes sont aussi dans le viseur de lobbyistes politiques à Maurice, ces derniers voulant rafler le gros lot.
Affaire à suivre…

