Remise de billets d’avion par des sponsors : Ravina, Janvier et Tetree aux Special Olympics World Summer Games 2023 de Berlin

La Mauritius Mental Health Association (MMHA) est une Ong instituée après une loi promulguée au Parlement en 1958, pour la scolarisation des enfants handicapés mentaux et physiques, en partie subventionnée par le gouvernement. Trois des bénéficiaires de la MMHA, Joëlle Ravina, Anasthasia Janvier et Ashna Tetree, ont été sélectionnées pour le programme Special Olympics Mauritius World Summer Games 2023 de Berlin qui se tient du 12 au 27 juin 2023. Elles ont reçu leurs billets d’avion par des sponsors de la MMHA et participeront à une compétition de basket-ball à Berlin.

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La MMHA compte 100 bénéficiaires comprenant des enfants et des adultes âgés de 5 à 60 ans, présentant une déficience intellectuelle légère à sévère. Ils sont tous issus de milieux très pauvres, principalement des régions de Plaines-Wilhems, Baie-du-Tombeau, La-Gaulette et Case-Noyale. Pourtant à les voir à la Mauritius Mental Health Association, personne n’aurait pris le pari que ces ados et ces adultes de 60 ans ont des talents.

Répartis en deux catégories, les plus jeunes à la Colibri Sen School et les plus âgés au Day Care Centre, tous, épaulés par leurs enseignants, se sont réunis dans la salle de la Mauritius Mental Health Association, mercredi, pour célébrer le succès de Joëlle Ravina, Anasthasia Janvier et Ashna Tetree qui représenteront Maurice aux Special Olympics Mauritius of the World Summer Games 2023 de Berlin.

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Bilkis Mamode, Board Secretary, fait état de la « fierté au sein de l’école et de la dévotion du moniteur de Physical Education, Loïc Bhugheeratee, qui a su employer des techniques hors du commun pour les mener vers le succès. » Une récompense obtenue grâce à la persévérance et à la motivation des élèves, des entraîneurs, de leurs enseignants et des parents.

« Joëlle, Anasthasia et Ashna sont trois exemples à suivre pour les autres jeunes en situation de handicap », déclare-t-elle avec satisfaction. Elle dira que le handicap ne freine pas la volonté d’aller au-delà de ses limites. « Avec de la persévérance, un bon encadrement et une bonne stratégie, tout devient possible. »

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Pour sa part, Denis Grandcourt, président de la Mauritius Mental Health Association, exprime toute sa fierté et salué les efforts des trois sélectionnées qui, par leur persévérance, ont su se frayer un chemin. « Il faut arrêter les stigmatisations. Aujourd’hui, un enfant handicapé peut vivre dans la normalité et bénéficier des mêmes droits qu’un enfant normal. Ces trois filles ont prouvé qu’avec de la volonté, un encadrement adéquat et le soutien de leurs enseignants et de leurs parents qu’elles pouvaient accomplir de belles choses. Anasthasia, Joëlle et Ashna vont prendre l’avion et livrer leurs performances en basket-ball à Berlin. C’est une porte grande ouverte vers de nouvelles aventures à la conquête de l’international », se félicite-t-il.

Denis Grandcourt s’appesantit sur la nécessité de valoriser les jeunes qui sont en situation de handicap, ajoutant que Joëlle Ravina, Anasthasia Janvier et Ashna Tetree se sont inspirées du parcours de Noémie Alphonse, leur idole et qu’elles ont voulu marcher sur ses pas. « C’est dire que l’ambition est là et qu’il est du devoir de tout un chacun de les aider à réaliser leurs rêves », fait-il comprendre.

Quand les battantes se racontent

À 17 ans, Joëlle Ravina a encore la tête pleine de rêves. Après des compétitions de lancer du poids et de sprint sur 100 mètres, elle découvre une autre passion pour le basket-ball. Des médailles, elle en a eu, mais avoue s’être toujours sentie différente des autres à cause de son handicap.

« Noémie Alphonse li finn bien soutenir mwa, li mo model », rappelle-t-elle. Ses lunettes empêchent de voir clairement cette lueur de fierté qui brille dans son regard, mais Joëlle n’arrive cependant pas à cacher sa joie: « Je remercie M. Loïc et M. Jean-Marie, mes entraîneurs qui ont cru en moi. »

Liseby Levrai, enseignante de Joëlle Ravina, évoque une enfant timide qui a appris à s’épanouir au fil des années en prenant part à différentes disciplines sportives. « Un enfant handicapé a aussi des aptitudes, mais c’est à nous, enseignants, de le canaliser et de le diriger pour qu’il puisse donner le meilleur de lui-même. La valorisation est une étape importante dans l’évolution. Le sport aussi joue un rôle primordial, car une activité génère de la bonne santé. Partir pour Berlin est une belle reconnaissance pour Alison. Il n’y a pas que le progrès académique dans la vie, le sport aussi peut mener loin. Même si elle ne ramène pas de médaille, on a tous ce sentiment de réussite ancré dans nos cœurs car pour nous chaque personne ayant un handicap a le droit d’exister. »

Anasthasia Janvier, 17 ans, aime la course et parle avec fierté de son désir de devenir une grande athlète. Son problème, dit-elle, demeure ses fréquentes crises de nerfs. N’arrivant pas à canaliser ses émotions, Anasthasia se réfugie dans le sport qui est devenu son remède miracle.

Selon son professeur, Noorjahan Chutoo, Anasthasia est une enfant renfermée. « Il a fallu que je l’habitue à moi pour qu’elle se livre et exprime ses émotions. C’est une “slow learner” mais apte à faire de grands progrès, Anasthasia aime le jardinage, la peinture et le sport. J’ai pu convaincre ses parents de lui donner sa chance et c’est une grande fierté qui m’anime en voyant le progrès de mon élève et ce coup de maître d’être à Berlin. »

Ashna Tetree, 19 ans, épileptique, aime la course et se dit fière d’avoir été dans la sélection du basket-ball. « Je remercie M. Loïc qui a vu une forme de talent en moi pour cette discipline. Pou mwa, se enn rev, monn resi fer li. » Son enseignante, Waheeda Judoo, parle du manque de confiance d’Ashna qui est devenue depuis sa force motrice.

« C’est une grande chance pour elle. Avec tout le travail en amont, Ashna a pu dépasser ses craintes et devient aujourd’hui une étoile montante. C’est encore plus une fierté pour nous, enseignantes, de voir des handicapés prendre le dessus et se qualifier pour les jeux handisports. Tout cela pour dire qu’il n’y a aucune différence entre avoir un handicap physique ou mental et être un enfant normal. »

 

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