L’UE publie un rapport sur le « Développement de l’industrie biopharmaceutique à Maurice »
Le rapport de l’Union européenne (UE), « Développement de l’industrie biopharmaceutique à Maurice », présentant les résultats d’une étude de faisabilité approfondie pour la création d’une industrie pharmaceutique et biotechnologique en tant que nouveau pilier économique, a été lancé hier lors d’un séminaire organisé par l’Union européenne (UE) et e Mauritius Institute of Biotechnology (MIB) Ltd. L’industrie biopharmaceutique peut être un des piliers du développement économique du pays.
Le président de la République, Pradeep Roopun, l’adjoint au directeur général de la direction générale des partenariats internationaux (DG-INTPA) de la Commission européenne, Martin Seychell ; l’ambassadeur de l’Union européenne auprès de la République de Maurice et de la République des Seychelles, Oskar Benedikt ; le secrétaire financier du ministère des Finances, de la Planification économique et du Développement, Dev Manraj; le directeur général de MIB Ltd, le Dr Rattan Kumar Gujadhur, entre autres personnalités, étaient présents à l’événement.
Le rapport relève qu’en 2020, le pays, fortement dépendant des importations, avait importé pour $ 207 millions de produits biopharmaceutiques. Cependant, le pays dispose d’un écosystème biopharmaceutique existant qui comprend 75 institutions. Entre autres, il comprend 25 entreprises du secteur des biotechnologies engagées dans diverses opérations telles que les essais cliniques, l’élevage de primates destinés à l’exportation, la fabrication d’huile de poisson et la production de biocarburants, ainsi que 5 organisations de recherche clinique (CRO) opérant à Maurice et employant plus de 1 000 personnes.
De plus, Maurice est le premier exportateur mondial de primates vivants avec trois entreprises locales, engagées dans l’ékevage des primates vivants. Les exportations ont atteint $ 48,7 millions en 2021.
Néanmoins, le rapport note que malgré l’existence d’institutions telles que le Conseil mauricien de recherche et d’innovation, le Centre for Biomedical, la recherche sur les biomatériaux et l’Institut de recherche et de vulgarisation alimentaire et agricole, les brevets, la création d’entreprises et de produits pour les marchés locaux et régionaux sont quasiment nuls.
Le rapport considère que l’écosystème dispose d’un potentiel de croissance au niveau régional une fois les goulots d’étranglement existants surmontés. En effet, les statistiques pour 2020 indiquent que les pays africains ont importé $ 31 milliards de produits biopharmaceutiques, ce qui représente une augmentation de 63 % entre 2010 et 2020. De même, la biofabrication mondiale devrait connaître un taux de croissance de 14,85 % au cours de la période de prévision 2021-2031 et devrait atteindre une valeur de $ 85,201 millions en 2031.
Le rapport recommande donc de réaliser des économies d’échelle pour la production locale de produits pharmaceutiques, notamment de vaccins, d’autres médicaments et d’une gamme de produits appropriée. Il prend en considération le marché régional pour la fourniture de produits pharmaceutiques en utilisant un accès préférentiel via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et d’autres blocs commerciaux dont Maurice est membre.
Le rapport souligne également que Maurice pourrait exporter dans le monde plusieurs produits ayant le potentiel de générer un revenu de plus de $ 50 millions. Ces produits comprennent entre autres les instruments utilisés en sciences médicales, les médicaments constitués de produits mélangés ou non mélangés ainsi que les instruments et appareils médicaux et chirurgicaux. D’après les experts, Maurice dispose d’excellentes opportunités pour exporter des produits biopharmaceutiques vers les États-Unis, Singapour, la Chine, le Vietnam et l’Inde. Les autres exportations eurocentriques susceptibles de générer $ 3,8 millions de revenus sont : réactifs ; réactifs de diagnostic ou de laboratoire et les instruments et appareils ophtalmiques.
Le président de la République a évoqué l’approche de la MIB Ltd. Il considère que le pays dispose de la bonne combinaison de compétences pour saisir les opportunités offertes par le développement d’une industrie biopharmaceutique. Et ce, avant de s’appesantir sur la nécessité d’être plus agressif en matière de recherche et de développement en vue de réussir. À cet égard, il a souligné l’importance d’encourager les jeunes à s’orienter vers les matières scientifiques, technologiques, d’ingénierie et de mathématiques (STEM). Il a appelé à une réflexion sur les moyens de transformer la fuite des cerveaux en gain de cerveaux et d’exploiter le potentiel de la diaspora grâce au partage des connaissances et de l’expertise.
L’aide européenne de mise
Pour sa part, le directeur général adjoint de la direction générale des partenariats internationaux (DG-INTPA) de la Commission européenne a affirmé qu’il attend avec impatience d’en savoir davantage sur la manière dont les autorités mauriciennes souhaiteraient procéder sur les recommandations claires du rapport. « Maurice pouvait compter sur l’UE pour la mise en œuvre d’un plan d’action à l’avenir. En travaillant ensemble, nous pouvons certainement garantir que Maurice, dans les années à venir, joue un rôle clé pour le bénéfice de ses citoyens mais aussi de la région dans son ensemble », a-t-il déclaré.
L’ambassadeur de l’UE, Oskar Benedikt, a souligné que le développement d’une industrie biopharmaceutique à Maurice était à la fois réalisable et durable et qu’elle avait une portée régionale et était complémentaire aux autres pôles de la région.

