À l’occasion de la Journée mondiale de la paix, célébrée le 1er janvier, l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône, a célébré lundi une messe sur le thème Construire la paix sur nos routes en la Cathédrale Saint-Louis. Il a plaidé pour une conduite responsable sur les routes et s’est prononcé en faveur d’un durcissement des lois contre ceux prenant le volant sous l’influence de l’alcool ou de produits illicites. La messe était concélébrée par le père Jean Maurice Labour, aumônier de la Commission Justice et Paix. Il a souligné l’importance de la vulgarisation des jeunes dès leur plus jeune âge ainsi que d’avoir un comportement responsable sur les routes.
La célébration a commencé par une procession, avec des enfants de chœur portant des pancartes sur lesquelles étaient inscrites les valeurs que doivent respecter les usagers de la route, aussi bien les conducteurs que les piétons, à savoir la discipline, la vigilance, la courtoisie, la politesse et le respect, entre autres. « La route est devenue un lieu d’indiscipline où tout ce que nous avons reçu comme valeurs ou comme bonnes manières au niveau familial s’évapore pour céder la place à la violence. Où est passée la politesse alors que nous avons une responsabilité sur la route ? » se demande l’évêque de Port-Louis, tout en déplorant « l’inconscience et l’insouciance » de nombreux usagers.
Mgr Durhône a par ailleurs mis l’accent sur l’importance de la responsabilité, « non seulement envers nous-mêmes, mais aussi envers les autres, qui sont proches de nous, et surtout comme citoyens du pays.» Pour lui, les victimes d’accidents de la route sont loin de constituer une routine ou de simples faits divers. « C’est à chaque fois un drame qui bouleverse des familles, des couples, des amis… Construire la paix sur la route, c’est changer la façon de conduire et de se comporter afin de ne pas perdre ses moyens et faire des choses irrespectueuses et dangereuses », dit-il avec force.
L’évêque de Port-Louis se demande également si les dispositions de la loi par rapport à la conduite en état d’ivresse ou sous l’influence de produits illicites ne devraient pas être plus sévères, du fait du « comportement violent de certains », qui entraîne quelquefois la mort d’adultes ou d’enfants. « On détruit des familles et des couples. Bien sûr, il y a la miséricorde, mais le pardon demande une vérité et, aussi, la justice. Les personnes concernées doivent répondre de leurs actes devant la justice. Pa kapav fer katakata, car cela touche profondément ce que nous sommes en tant qu’humains », poursuit-il, ajoutant que. « l’on ne peut accepter que la route de l’humanité devienne plus violente et non respectueuse des vies humaines .»
Alain Jeannot, membre du comité Justice et Paix du diocèse de Port-Louis, et président de l’association Prévention routière avant tout (PRAT), est intervenu au début de la messe. Il a ainsi estimé nécessaire « d’évaluer sérieusement la santé mentale de ceux qui prennent la charge d’un véhicule motorisé ». Ainsi, selon lui, 200 000 personnes souffriraient de troubles mentaux dans le pays.
Il est aussi important, selon lui, qu’il y ait « un juste équilibre d’accès aux véhicules » et que la prévention prime. « La pratique de la méditation et de la prière est une arme redoutable pour faire la guerre à la mauvaise humeur », affirme-t-il, disant que « la route est un champ de guerre et d’autodestruction ». Des mots forts, certes, mais qu’il justifie chiffres à l’appui : 138 morts en 2023, ainsi que 3 500 blessés, dont 500 graves. Mais aussi 35 000 collisions sans blessés graves, mais étant sources de stress, de dépenses et de gaspillages. Et plus des coûts de Rs 6 milliards associés aux accidents. Sans oublier la pollution atmosphérique causée par les véhicules motorisés, représentant une menace pour la santé et l’environnement, l’état des routes « et la glorification de la vitesse ».
Alain Jeannot estime également que « la paix s’apprend et se cultive ». Or, la route, « qui devrait un espace de paix, devient le miroir de la société, avec 30% d’étudiants ayant recours à la violence pour régler leurs différends ». Mais aussi avec la consommation d’alcool et de substances illicites, ou encore 40% de parents ne sachant pas ce que font leurs enfants, les privant ainsi de précieuses recommandations lorsqu’ils prennent la route, et l’utilisation de téléphones portables, « qui est une source de distraction meurtrière ».
« À l’image de la vie, la paix n’a pas de prix et se doit d’être constamment défendue, car elle est fragile », dit-il. Avant de demander : « Ensemble, en ce premier jour de l’année, prenons la résolution de cultiver la paix et de respecter la vie dans notre pays et sur nos routes ! »
À la fin de la messe, Jerry Joson a déclamé un slam intitulé Konsiantize, consacré aux accidents de la route et à la sécurité routière.
Mgr Durhône plaide pour une conduite plus responsable sur les routes
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