Le SG de la COI : « L’appétence pour notre Indianocéanie en partage est le fondement de notre mission »
Le 40e anniversaire de la Commission de l’océan Indien (COI) a été célébré, mercredi, lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel Intercontinental à l’invitation du secrétaire général de la commission, Vêlayoudom Marimoutou. Parmi les invités se trouvaient entre autres les pères fondateurs de la Commission, notamment Jean Claude de l’Estrac – qui avait signé en 1982 la Déclaration de Port-Louis, l’acte fondateur de l’organisation –, et Anil Gayan, qui avait procédé à la signature de l’accord de Victoria établissant la COI en 1984.
« Plus qu’un document légal, l’accord de Victoria, né de notre sentiment d’appartenance commune, renforcé par la réalité incontournable de notre voisinage, constitue un engagement à collaborer et à créer un avenir meilleur pour nos pays et nos peuples », a déclaré le ministre des Affaires étrangères et président du conseil des ministres de la COI, Maneesh Gobin.
Il considère que la COI a beaucoup évolué durant ces quatre décennies. Il a fait mention des succès relevant de la sécurité maritime, de la gestion des ressources naturelles et de la facilitation des échanges commerciaux, ce qui témoigne d’une capacité collective à relever les défis communs. De plus, outre les cinq États membres, d’autres pays de la région et organisations se sont joints à la COI en tant qu’observateurs.
Maneesh Gobin a aussi mentionné les nouveaux défis qui requièrent une attention renouvelée et des solutions innovantes. « L’océan Indien, source de vie et de prospérité, pour nos peuples, reste aussi le lieu d’où émergent de grands dangers – qu’il s’agisse de calamités naturelles, tels que les cyclones, ou de menaces humaines telles que la piraterie, et les trafics illégaux. Notre océan est lui-même menacé pour nos activités humaines, dont la pollution et la surpêche, ainsi que celles contribuant au réchauffement climatique. Le trafic maritime intense passant par l’océan Indien constitue aussi à la fois une opportunité économique et un défi environnemental », a-t-il affirmé.
Le ministre a ajouté que la commission doit travailler sans relâche pour le renforcement des mécanismes de surveillance, d’échanges d’information, de réponse conjointe, et de protection et de conservation. Il s’est appesanti sur la nécessité de protéger le patrimoine culture indocéanique, et de promouvoir les riches créations culturelles.
Le secrétaire général de la COI Vêlayoudom Marimoutou a, pour sa part, souligné que depuis 40 ans, la COI anime une coopération fructueuse, utile et diversifiée au nom de ses États membres et avec le soutien apprécié des partenaires, aux premiers rangs desquels l’Union européenne et l’Agence Française de Développement.
« Le chemin parcouru est somme toute remarquable : d’une structure légère de coopération technique pilotée par les administrations nationales de nos pays, la COI s’est progressivement transformée en une organisation régionale de proximité et de référence dont la mission s’est étoffée pour répondre aux besoins croissants des États membres. Depuis sa création, la COI a mis en œuvre plus de 70 projets de coopération qui touchent directement ou indirectement tous les Objectifs de développement durable », a-t-il avancé.
Vêlayoudom Marimoutou avance que la COI est plus qu’une « Commission technique de rang ministériel ». « Elle est une véritable Communauté de destin qui rassemble des femmes et des hommes animés par un désir de resserrer les liens et d’agir pour le bien commun. Nous avons le goût des autres. Cette appétence pour notre Indianocéanie en partage est le fondement de notre mission », dit-il.
À cette occasion, des trophées ont été remis à une dizaine des plus anciens membres de la COI. Entre autres personnalités présentes pour ces 40 ans de la COI figuraient l’ambassadeur de Madagascar, Camille Vital ; ceux de l’Union européenne, Oskar Benedikt et des États-Unis, Henry Jardine ; la nouvelle représentante de l’lOM à Maurice, Alia Hirji, le Secrétaire aux Affaires étrangères, Joyker Nayeck ainsi que la directrice de la Coopération aux Affaires étrangères Minakshi Dabee-Hauzaree.

