Flic-en-Flac : Le football intéresse de moins en moins de jeunes

Deeplall Maneeram, aussi connu comme Neeraj, l’entraîneur de la Flic-en-Flac Football Academy, discute avec Julien âgé de sept ans, qui fait partie de ce club, existant depuis le 26 février 2019. Ces jeunes footballeurs, âgés entre 6 et 12 ans, rappelle Neeraj, avaient commencé à s’entraîner sur le stade de football à Flic-en-Flac les mardi et jeudi de 16h30 à 18h

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« Vous allez faire des conduites de balle sur le terrain avant qu’on commence sérieusement à entrer dans le vif du sujet », lance Neeraj à Julien en présence de Jean-Luc, entraîneur de foot, et sa femme Magalie, un couple d’origine française installé à Maurice depuis bientôt cinq ans. « Nous le faisons bénévolement et par passion », déclare Jean-Luc.

Neeraj, 67 ans, qui apporte son soutien également aux jeunes de Bambous, est visiblement fatigué, écrasé sous le poids de l’âge. Il est presque au bout du rouleau. « Nous arrivons difficilement à trouver des jeunes pour nous remplacer », déclare-t-il en ajoutant que « par moments, nous nous posons des questions sur l’avenir du club. Jusqu’où nous pourrons aller ? Il devient de plus en plus difficile de s’inscrire pour de grandes compétitions. Ce n’est pas seulement une question d’argent. Nous pouvons trouver une solution mais le problème se pose surtout en termes d’effectifs car pour participer, il faut définitivement des équipes dans plusieurs catégories. À partir de 13/14 ans, les joueurs abandonnent leurs parents et donnent priorité aux études. »

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Selon Neeraj, avec le mauvais temps et les fréquentes inondations ces derniers jours, les jeunes prennent du retard dans leur scolarité, surtout les élèves moins aisés. « Je comprends parfaitement les parents. Ils doivent gérer pour permettre à leurs enfants d’accéder aux études et au sport », concède-t-il.

En toute honnêteté, dit Jhurry, un parent d’élève, il est difficile de trouver l’équilibre parfait. Chaque personne a ses priorités et aura donc différentes façons d’équilibrer ces deux aspects dans la vie.

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Sheila, mère de deux enfants, est d’un autre avis. « Mes enfants ont connu de grands moments de bonheur, de joie et se sont fait de nouveaux amis depuis qu’ils ont commencé à s’entraîner dans l’équipe de foot », témoigne-t-elle.

Annick Raya, qui a accompagné Jimmy au stade de Flic-en-Flac, se dit reconnaissante envers les entraîneurs pour leur dévouement. « Je pense que cette école de foot va créer de l’espace pour les jeunes qui aiment donner libre cours à leur passion. Ils sont en pleine adolescence. Je crois que cette étape est bénéfique aux jeunes. C’est une très bonne chose de créer l’espace nécessaire pour qu’ils puissent s’épanouir », dira-t-elle.

Une autre riveraine, Pamela Cotia-Devmo, trouve intéressante l’idée que des entraîneurs mettent en place cette école de foot. « Au lieu de trimballer dans les rues, au risque d’être entraînés dans les fléaux, je pense qu’il vaut mieux pour ces jeunes qu’ils passent leur temps sur un terrain et pratiquent une discipline sportive. Cela les empêchera de se laisser tenter par la drogue et l’alcool. J’encourage les jeunes à s’y joindre. »

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